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Cytoponction ganglionnaire


Cytoponction ganglionnaire : geste simple, indolore à l’aiguille fine, permettant parfois d’éviter une biopsie ganglionnaire. L’interprétation doit être prudente et tenir compte de la taille du ganglion, de sa consistance, de sa localisation et du contexte clinique dans lequel est pratiquée la cytoponction.
Il existe un risque d’échantillonnage, avec erreurs d’interprétation. Un ganglion périphérique accessible à la ponction est un ganglion hypertrophié. Dans les pathologies tumorales (métastase ou lymphome), le ganglion est le siège d’une infiltration diffuse ou partielle aux dépens des structures normales.
Technique de ponction : le ganglion est immobilisé entre 2, puis ponction à l’aiguille fine et courte, avec plusieurs aller et retour / rotations dans le ganglion, sans aspiration, pour ne pas altérer la morphologie des cellules. Le contenu de l’aiguille est ensuite projeté sur une ou deux lames et étalé. Plusieurs ponctions sont possibles si ganglion volumineux.
La topographie des adénopathies permet souvent d’assurer que la tuméfaction est ganglionnaire et non glandulaire (salivaire, thyroïdienne) ou d’autre nature (lipome, kyste, hernie). La seule contre-indication à la ponction est celle de la nature vasculaire de la tuméfaction suspectée à la palpation ou alors celle d’une localisation juxtavasculaire du ganglion.
Analyse des frottis et valeur diagnostique :
Hyperplasie folliculaire (situation la plus fréquente), cellules lymphoïdes à toutes les étapes de leur transformation, quelques polynucléaires, cellules dendritiques et macrophages.
Sans spécificité, possibilité d’orientation diagnostique.
– Toxoplasmose : hyperplasie folliculaire avec parfois composante immunoblastique importante et des cellules épithélioïdes isolées ou en petits amas.
– MNI : population très polymorphe avec lymphocytes, lymphoblastes, immunoblastes, cellules lymphoplasmocytaires, voire des plasmocytes.
– Infection par le VIH : suite à une pathologie réactionnelle, infection opportuniste, pathologie tumorale (lymphome ou sarcome de Kaposi).
Adénites granulomateuses : hyperplasie de cellules épithélioïdes : grandes cellules histiocytaires à cytoplasme étendu, clair, bien limité, noyau allongé ou ovalaire, chromatine régulière, avec 1 / 2 petits nucléoles.
– Tuberculose ganglionnaire : diagnostic si nécrose caséeuse avec débris cellulaires, lymphocytes, cellules épithélioïdes en amas et parfois des cellules géantes.
– Sarcoïdose : cellules épithélioïdes en amas bien organisés sans cellules géantes, sans nécrose caséeuse avec composante lymphocytaire banale.
– Maladie des griffes du chat : lymphocytes et granulome épithélioïde et foyers infiltrés de PN (suite aux micro-abcès au sein du ganglion réactionnel).
Nécrose purulente : suspectée dès l’étalement (fond acellulaire avec PN altérés) on renouvelle la ponction en aspirant du pus à la seringue pour examen bactériologique.
Cytologie non spécifique :
Caractère réactionnel du ganglion évoqué sur une population lymphoïde assez polymorphe et quelques macrophages, sans que l’on puisse déterminer l’étiologie.
Ganglion présuppuratif suspecté sur un mélange de cellules lymphoïdes et de nombreux macrophages, mais sans image de nécrose.
Une cytologie lymphocytaire banale ne permet pas d’exclure une pathologie tumorale d’infiltration partielle.
Les pathologies plus rares comme l’histiocytose sinusale ou la lymphadénite nécrosante de Kikuchi et la maladie de Kimura, ne donnent pas, malgré quelques particularités, d’image cytologique spécifique.
Tuméfactions non ganglionnaires :
Kyste amygdaloïde développé à partie de vestiges des canaux branchiaux (tuméfaction latérocervicale isolée), la ponction retire une substance épaisse, parfois purulente. En cytologie : tapis de cellules épithéliales, régulières, à noyau dense et cytoplasme étendu clair ou de basophilie variable, parsemé de PN altérés, absence de lymphocytes sur les frottis.
Cette image, évocatrice chez un sujet jeune, ne permet pas d’exclure une métastase de carcinome épidermoïde chez un sujet plus âgé.
– Glande salivaire : tuméfaction cervicale haute dont la ponction ramène une substance visqueuse difficile à étaler. Au frottis : amas de cellules à noyau rond et régulier en situation polaire avec cytoplasme +/- étendu, souvent mal limité, absence de cellules lymphoïdes (sauf si inflammation), la régularité des cellules fait exclure une métastase.
Si glandes sudoripares : grandes cellules souvent regroupées, à noyau excentré et cytoplasme étendu, de coloration variable, avec grosses granulations violacées.
Sac herniaire : la ponction d’une tuméfaction inguinale peut rapporter une substance liquidienne qui, après centrifugation, montre un mélange de macrophages, de lymphocytes et de cellules mésothéliales comparable à celui d’un liquide d’épanchement réactionnel.
Métastases ganglionnaires :
– Adénocarcinome : amas cohésifs de grandes cellules avec variabilité de taille nucléaire (anisocaryose) et de forme. Cytoplasme abondant avec : granulations, vacuoles, inclusions mucosécrétantes +/- volumineuses voire des bagues à chaton.
– Carcinome épidermoïde : souvent en région cervicale car origine ORL ou digestive haute de la tumeur. Fond de nécrose, amas de cellules à noyaux de taille variable avec cellules isolées dyskératosiques (petit noyau hyperchromatique et cytoplasme étendu).
– Carcinome bronchique indifférencié à petites cellules : amas de cellules à noyau +/- irrégulier, au cytoplasme peu étendu, petites cellules à N/C élevé, chromatine fine, cellules en amas = fond nécrotique.
– Mélanome : grandes cellules, peu cohésives, à noyau arrondi ou ovale, chromatine assez fine, nucléole net et cytoplasme étendu +/- granulations de taille variable verdâtres masquant parfois le noyau. En l’absence de pigments, évoque une métastase de carcinome indifférencié à grandes cellules mais l’absence de regroupements cellulaires très cohésifs ne permet pas d’exclure un lymphome à grandes cellules.
Lymphomes : adénopathie isolée ou polyadénopathie. Après cytologie, biopsie indispensable pour diagnostic définitif, flux, caryotype.
Aspects cytologiques évocateurs :
Hodgkin : cellules de Sternberg (grande cellule, à noyau volumineux et irrégulier à chromatine lâche et un / plusieurs nucléoles proéminents, basophiles) dans un environnement de petits lymphocytes, plasmocytes, cellules histiocytaires et épithélioïdes, PNE. Les autres grandes cellules ont un noyau arrondi, un cytoplasme basophile, un nucléole moins net et peuvent se voir dans des lymphomes à grandes cellules / anaplasiques, ganglions réactionnels avec hyperplasie folliculaire importante.
Lymphome de Burkitt : infiltration assez monomorphe de cellules lymphoïdes de taille moyenne avec un cytoplasme très basophile souvent vacuolisé, le noyau est arrondi, la chromatine bien dessinée mais pas trop dense, présence de nucléoles variable, nombreuses mitoses et macrophages réactionnels à corps tingibles (mais peu spécifique). Parfois nombreuses grandes cellules à noyaux irréguliers, forte basophilie du cytoplasme, constante.
Lymphome B à grandes cellules : variabilité cytologique, de taille des cellules, basophilie du cytoplasme, forme nucléaire (arrondie ou très irrégulière), parfois différenciation plasmocytaire sur une partie des cellules.
Lymphome folliculaire : prédominance de petites cellules lymphoïdes (centrocytes), à cytoplasme clair peu étendu, noyau encoché ou déformé par de petites indentations, chromatine assez dense, quantité variable, de grandes cellules lymphoïdes (centroblastes) à chromatine plus fine.
Lymphome du manteau : prolifération assez monomorphe de cellules lymphoïdes de taille moyenne, à cytoplasme peu étendu et clair, noyau à contours irréguliers, chromatine de densité variable, parfois nucléole visible.
LLC : outre les petits lymphocytes, excès de cellules lymphoïdes nucléolées (prolymphocytes) et d’immunoblastes.
Lymphome T associé au virus HTLV1 : (sud-est du Japon, Caraïbes, Afrique). Infiltration polymorphe avec majorité de grandes cellules basophiles, à noyau souvent irrégulier.
 
Dans d’autres cas, le diagnostic de lymphome est fait mais le type du lymphome ne peut pas être précisé :
Lymphome T périphérique : cellules lymphoïdes de taille moyenne à grande, à noyau parfois irrégulier. La nature T des cellules est confirmée par l’immunohistochimie.
Lymphome anaplasique à grandes cellules CD30 + : prolifération pléomorphe avec de nombreuses cellules de grande taille à noyau irrégulier parfois nucléolé (diagnostic différentiel avec une métastase ou un Hodgkin).
Lymphome B lymphoplasmocytaire : prolifération de petites cellules et de cellules à différenciation lymphoplasmocytaire ;
Lymphome T de type LAID : prolifération de lymphocytes, lymphoblastes et immunoblastes.
Histiocytose langerhansienne : au sein des cellules lymphoïdes, infiltrat de cellules non cohésives de grande taille à cytoplasme abondant et clair, noyau excentré, arrondi, avec des replis / incisures profondes, chromatine fine.
Le diagnostic de certitude est porté sur l’immunomarquage des cellules par l’anticorps CD1a qui signe la nature langerhansienne de la prolifération


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