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Biopsie synoviale


Biopsie synoviale et ténosynoviale (14) : Elle ne permet pas de distinguer de façon fiable les arthropathies inflammatoires des non inflammatoires, ou de distinguer les différents types d’arthropathie inflammatoire. Rappel : La synoviale tapisse les cavités articulaires, les bourses séreuses, les gaines tendineuses. Elle assure la trophicite du cartilage articulaire par la sécrétion du liquide synovial et constitue une barrière de filtration et de défense. Elle est constituée de 2 couches : intima ou couche superficielle de 1 à 3 assises de synoviocytes, qui sont des cellules endothéliformes, reposant directement, sans membrane basale, sur la couche profonde.
- sous-intima, tissu conjonctif lâche dont la profondeur fusionne avec la capsule. 3 types histologiques selon la structure de la couche sous-intimale :
- aréolaire (forme la plus spécialisée),
- adipeuse : cellules synoviales et réseau superficiel de capillairescsur un tissu adipeux abondant
- fibreuse (petites articulations des doigts) : couche discontinue de synoviocytes sur tissu fibreux. La réponse de la synoviale est souvent semblable après lésion - architecture villeuse suite à œdème / inflammation - hyperplasie synoviocytaire - inflammation chronique, diffuse ou nodulaire, superficielle ou profonde, +/- PN, plasmocytes, granulome épithélioïde et/ou gigantocellulaire, souvent non spécifique de la nature inflammatoire de la lésion, macrophages si résorption de débris (synoviale poubelle, ou après prothèse articulaire) ou contexte d’hyperlipidémie - vascularisation engorgée (inflammation aiguë, synovite séreuse) ou néovascularisation lors d’arthropathies chroniques inflammatoires - dépôts cristallins, ceux d’urate disparaissent durant l’inclusion, il ne reste plus que la réaction tissulaire, parfois cristaux de pyrophopshate de calcium (se voient surtout dans les ménisques et nucleosus pulposus), hémosidérine, corps étrangers endo- ou exogènes, dépôts amyloïdes. - débris ostéocartilagineux témoignant d’une destruction articulaire ou débris provenant d’une prothèse - hémorragie avec hémosidérose à distinguer des pigments d’une synovite nodulaire pigmentée - nécrose, assez rare, se voit surtout dans la graisse de Hoffa, lors de prothèses métal-métal, vascularite et inflammation granulomateuse nécrosante - tissu de granulation, rare, dans certaines arthropathies - fibrine, surtout si arthropathie inflammatoire, parfois non inflammatoire et hémorragie intra-articulaire On distingue : lea arthrites septiques : (érosion, inflammation), à pyogènes, tuberculose, mycobacteries, brucellose, la maladie de Lyme, syphilis, arthrite virale, parasitaire, fungique. Les arthropathies mécaniques ou dégénératives : (hyperplasie), l’arthrose, traumatisme, synoviale détritique Les arthropathies microcristallines : goutte, chondrocalcinose, dépöts d’hydroxyapatite. Les arthrites rhumatismales : (hyperplasie, inflammation) avec la polyarthrite rhumatoide, les spondylarthropathies séronégatives, la sarcoidose, lupus, maladie de Crohn, Pathologie tumorale Arthrites septiques Clinique : les formes purulentes sont rarement biopsiées, on préconise la biopsie synoviale si contexte de mono ou oligo-arthrite chronique : arthrites décapitées par ATB, formes torpides Histologie : ulcération parfois focale du revêtement synovial remplacé par un exsudat fibrino-leucocytaire, aspect de bourgeon charnu des franges avec hypervascularisation, infiltrat inflammatoire diffus polymorphe avec PNn, petits séquestres, fragments osseux ou cartilagineux nécrosés, entourés de PNN et de cellules géantes. Arthrite tuberculeuse : granulomes épithélioïdes et gigantocellulaires peu nombreux, d’âges différents +/- plages de nécrose caséeuse, Ziehl souvent négatif, infiltrat inflammatoire polymorphe diffus avec PNN, rarement aspect de grains riziformes : fibrine concrètée non spécifique (BK, PR ou arthrites à pyogènes) Autres synovites granulomateuses rares : mycobactéries atypiques, maladie de Crohn, sarcoïdose, lèpre. Brucellose : enfant, adulte jeune, avec consommation de produits laitiers non pasteurisés, contact avec animaux atteints, franges synoviales volumineuses à revêtement synoviocytaire hyperplasique de cellules épithélioïdes pallissadiques et en profondeur, de petits amas de cellules épithélioïdes sans cellules géantes, parfois nécrotique, infiltrat inflammatoire polymorphe à PNN Diagnostic différentiel : arthrite rhumatismale Arthrite à piquants : Pénétration de corps étrangers : débris végétaux, piquants d’oursin, lésion nodulaire suppurée avec réaction granulomateuse résorptive autour du corps étranger Arthrose :: lésions indirectes de la synoviale liées a la résorption des débris ostéocartilagineux avec en surface des débris osseux et/ou cartilagineux de taille variable, une hyperplasie des franges synoviales avec discrète hyperplasie du revêetement synoviocytaire (3 assises)
- résorption dans les franges des débris osseux et/ou cartilagineux entourés de macrophages et de cellules géantes = synoviale poubelle, parfois des follicules lymphoïdes avec centre germinatif, situés en profondeur (différent de la synovite rhumatismale), infiltrat inflammatoire périvasculaire discret. Lésions du cartilage : perte de l’aspect brillant, nacré, aspect dépoli, craquelé, "velvétique" et aspect grisatre de l’os sous-chondral Histologie : effilochage de la surface cartilagineuse, puis fissures perpendiculaires superficielles et profondes, démasquage fibrillaire, les fibres collagèenes arciformes deviennent visibles, surtout en lumière polarisée. Multiplication des chondrocytes en îlots, amincissement puis ulcération du cartilage surtout en zone d’appui, puis fragments cartilagineux détachés dans la cavité articulaire et résorbés par synoviale Lésions osseuses : ostéocondensation de l’os sous-chondral, les contraintes mecaniques augmentent l’activité ostéoblastique, de façon moindre l’activité ostéoclastique, présence de géodes sous-chondrales par hyperpression ou nécrose focale du tissu osseux, ostéophytes marginaux recouverts de cartilage Coxarthrose destructive rapide : femme > 65 ans, parfois bilatérale, d’évolution rapide, entre six mois et deux ans en radiologie : aspect de coxite sévère (infection, tuberculose). Définition : destruction rapide de la coxo-fémorale, avec chondrolyse suivie d’ostéolyse de la partie supérieure de la tête et du toit, ascension de la tête de 5 mm par an, sans contexte infectieux, inflammatoire ou diabétique, et sans lésion histologique d’inflammation synoviale majeure ou de nécrose osseuse. Histologie : Disparition totale du revêtement cartilagineux, os sous-chondral éburné, bourgeons conjonctifs fibro-cartilagineux débutant dans les lacunes médullaires et faisant saillie en surface, ostéophytose + discrète, éliminer une arthrite rhumatismale ou arthrite infectieuse d’evolution torpide sur synoviale Traumatisme : hydarthrose ou hémarthrose, revêtement synovial hyperplasique, axe des franges oédemateux, absence d’infiltrat inflammatoire +/- résorption de petits fragments osseux, cartilagineux ou fibreux parfois entourés de macrophages - +/- sidérophages. Lésions liées aux prothèses : synoviale détritique, néo-capsule fibreuse sans revêtement, infiltrat inflammatoire macrophagique +/- dense, débris prothétiques, métallose Infection sur prothèse descelléee : débris fibrino-leucocytaires en surface ou présence de rares PNN altérés Arthrite rhumatismale : presence d’au moins 3 des 5 éléments suivants : hyperplasie villeuse de la synoviale, hyperplasie du revêtement, infiltrat lymphoplasmocytaire nodulaire et diffus, superficiel, follicules avec centre germinatif, dépôts de fibrine en surface, foyers de nécrose fibrinoïde. Arthrites réactionnelles dont syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter Lésions synoviales : synovite rhumatismale exsudative, infiltrat inflammatoire polymorphe avec PNN, périvasculaire et dissociant les vaisseaux, conservation du revêtement synoviocytaire ce qui différencie de la synovite infectieuse Aspect comparable dans maladie de Behcet et maladie de Lyme. Diagnostics différentiels : absence de classement nosologique des rhumatismes inflammatoires par la biopsie synoviale.
- Synovite d’allure rhumatismale au contact d’une lésion osseuse : ostéome ostéoïde juxta articulaire, ostéochondrite disséquante, algoneurodystrophie
- Infection bactérienne torpide ou décapitée par les antibiotiques : valeur de l’ulcération synoviale
- Synovite infectieuse : distinction parfois impossible si synovite rhumatismale intense en poussée ou débutante avec infiltrat à PNN
- Synovite rhumatismale traitée et non évolutive : synoviale normale

(1) Klein MJ, Bonar SF, Freemont T, Vinh T, Lopez-Ben, Siegel H et al. Non-neoplastic diseases of bones and joints. American registry of pathology, Armed forces institute of pathology, 2011.



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