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Génétique et oeil


Affections héréditaires du segment antérieur :
Les kératopathies héréditaires sont un groupe hétérogène de dystrophies de la cornée avec opacification progressive de la cornée, 4 kératopathies héréditaires ont été localisées en 5q31 : la dystrophie granulaire de Groenouw type 1, la dystrophie de Reis- Bücklers, la dystrophie « lattice » type 1 et la dystrophie cornéenne d’Avellino. Le gène responsable de ces 4 affections code pour la R124 kératoépithéline.
Glaucomes héréditaires : groupe de maladies hétérogènes dont le début des manifestations cliniques peut survenir de la naissance à un âge avancé de la vie.
Le caractère héréditaire est établi pour les dysgénésies du segment antérieur telles que le syndrome de Rieger clairement autosomique dominant (2 gènes, impliqués dans le développement de l’œil, ont été identifiés : pitx2 et fkhl (Forkhead 7).). Présence de familles de glaucomes congénitaux (environ 30 % des glaucomes congénitaux seraient autosomiques récessifs).
Le glaucome primitif à angle ouvert (GPAO) à composante héréditaire est une maladie multifactorielle avec des gènes de susceptibilité (gène codant pour la myocilline), mais également d’autres facteurs non génétiques.
Anomalies iriennes : L’aniridie se caractérise par une hypoplasie irienne +/- accentuée, soit sporadique, soit sur le mode autosomique dominant. Une vision médiocre accompagnée souvent d’un nystagmus et une hypoplasie fovéale, un glaucome, une cataracte sont souvent associés. Dans 25% des cas d’aniridie sporadique, del 11 dans le cadre d’un syndrome WAGR (surveillance rénale pour dépister un Wilms). Les familles avec aniridie (isolée) autosomique dominante peuvent présenter des mutations du gène pax6 (identifiées lors de : hypoplasies fovéales familiales isolées d’une part et certains cas de dysgénésies du segment antérieur, notamment parfois pour l’anomalie de Peter).
Les cataractes héréditaires sont un groupe de maladies hétérogènes sur un plan clinique et génétique, avec divers modes de transmission (surtout autosomique dominant). Elles représentent 30 % des cataractes congénitales.
On distingue 7 formes cliniques : polaire antérieure, polaire postérieure, corticale, céruléenne (à ponctuations bleues), lamellaire (zonulaire), coralliforme et pulvérulente.
Les gènes identifiés correspondent pour trois d’entre eux à des protéines du cristallin solubles (famille des cristallines) et pour l’une d’entre elles à une protéine non soluble (la connexine 50). NB : pour une même forme clinique comme la cataracte de type céruléenne, il existe au moins 2 localisations chromosomiques, dans certains cas une même localisation chromosomique correspond à 2 formes de cataractes différentes.
Affections héréditaires du segment postérieur :
Rétinopathies pigmentaires : nombreux gènes impliqués dans les rétinopathies pigmentaires, donc grande hétérogénéité clinique (variabilité pour l’âge de début, anomalies du fond d’oeil...) et génétique (plusieurs modes de transmission : autosomique dominant et récessif, rarement, dominant lié à l’X). Hétérogénéité génétique avec un même phénotype qui peut résulter de mutations de gènes différents.
Les gènes responsables de dystrophies héréditaires de la rétine codent pour des protéines impliquées dans la cascade de la transduction visuelle (rhodopsine, sous-unité bêta de la phosphodiestérase, guanylate cyclase) ou des protéines de structure du photorécepteur (périphérine, ROM-1).
Maculopathies héréditaires : Maladie de Stargardt avec gène en 1p codant pour la protéine ABCR (ATP binding cassette transporter retinal), également facteur de susceptibilité putatif dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (mutation à l’état hétérozygote), , parfois rétinopathie pigmentaire récessive autosomique sévère si mutations de ABCR à l’état homozygote. Ainsi ABCR selon les mutations différentes, homozygote ou hétérozygote, présente 3 phénotypes très différents (maladie de Stargardt, rétinopathie pigmentaire ou susceptibilité pour la DMLA).
Un gène responsable de la maladie de Best, code pour la protéine TU15B.
Le gène codant pour la protéine 1A activatrice de la guanylate cyclase est impliqué dans une forme de dystrophie des cônes et un gène du développement, le gène crx, récemment identifié pour une forme de cone-rod dystrophie.
Maladies héréditaires du nerf optique :
Alors que le tableau clinique des atrophies optiques autosomiques dominantes est hétérogène avec des atteintes +/- sévères, un gène a été localisé en 3q. Un gène d’atrophie optique lié à l’X a été également localisé. L’atrophie optique de Leber fait partie des cytopathies mitochondriales.


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