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Cysticercose


La Cysticercose : Due au développement chez l’homme de la forme larvaire du Taenia solium, Cysticercus cellulosae, la cysticercose est une cestodose larvaire.
La localisation des larves au niveau du SNC en fait une maladie redoutable. A noter la fréquence de la maladie dans les pays en développement, le rôle épidémiologique des porteurs de tænia dans la dissémination, apport, dans le diagnostic de la cysticercose cérébrale, de l’imagerie médicale (tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique), apport du diagnostic immunologique (pas d’imagerie médicale dans les PED
Les ténias sont cosmopolites. Avec pour réservoir le bœuf, T. saginata est fréquent en France et se retrouve chez 0,5 % de la population principalement chez les sujets consommant de la viande bovine peu cuite. T. solium ne se rencontre en France qu'en cas de parasitose d'importation (sauf Réunion) , plus fréquent dans les pays tropicaux (Madagascar (endémicité record de 10%), Afrique, Amérique latine / centrale, extrême orient), quelques pays d’Europe (Italie, Espagne, pays de l’est). Les contrôles vétérinaires et la tradition de bien cuire la viande de porc ont limité la diffusion de la maladie. Les pays où la religion interdit la consommation de viande de porc sont peu touchés. La cysticercose atteint les deux sexes. Elle est observée à tout âge y compris chez les nourrissons.
Ces cestodes hermaphrodites sont constitués d'un corps formé d'une chaîne d'environ 1000 anneaux et d'une tête mesurant 1 mm et comprenant 4 ventouses, le scolex. La tête de T. solium comporte en plus deux couronnes de crochets. Seuls les anneaux terminaux sont murs et mesurent 2 cm de long sur 8 mm de large. T. saginata (ver solitaire)est en moyenne plus long (7 m, de 4 à 10m) que T. solium (3 m).
Les ténias adultes sont retrouvés spécifiquement chez l'homme. Un seul ver parasite le tube digestif d'un hôte. Les anneaux terminaux sont mûrs et se détachent du corps pour être excrétés avec les selles. Fragiles, ils libèrent dans l'environnement des oeufs embryonnés dont l'enveloppe externe fragile disparaît. Il subsiste un embryophore résistant. Ingérés par un hôte intermédiaire spécifique d'espèce (bovins ou porcins), les embryons libérés dans le tube digestif traversent sa paroi et sont disséminés dans l'organisme au niveau des muscles, du tissu sous-cutanée et parfois du système nerveux central. Ils s'enkystent alors sous forme de cysticerques, vésicules de 5 à 10 mm de diamètre contenant le futur scolex (protoscolex).
L'homme ingère ces cysticerques lors de la consommation de viande insuffisamment cuite, le scolex est alors libéré, se fixe à la paroi intestinale et commence à bourgeonner. Les premiers anneaux mûrs sont libérés à partir du troisième mois après l'infestation et le ver peut persister dans l'intestin plusieurs années. Lors de l'ingestion accidentelle d'embryophore de T. solium par l'homme, la forme larvaire peut atteindre les muscles et le système nerveux central.
Modes de contamination :
Il y a 3 modes de contamination :
- ingestion d'aliments / eaux contaminés (péril fécal) par des oeufs de T. solium disséminés par un porteur du ver adulte (90% des cas),
- au contact d’un porteur (péril fécal, mains sales)
- auto-infection à partir des œufs embryonnés produits par le T.solium du sujet lui-même.
Le cysticerque se présente dans les tissus comme un kyste, à paroi mince, translucide, le scolex invaginé apparaît comme un nodule opaque excentré.
Selon la tolérance immunitaire de l'hôte, le cysticerque évolue +/- lentement vers la mort (calcification). On distingue quatre étapes de développement et de régression du cysticerque :
- stade vésiculaire (cysticerque viable), peu de réponse inflammatoire,
- stade vésiculaire colloïdal (nécrose du parasite) avec processus inflammatoire,
- stade nodulaire granulaire : le kyste se rétracte, son contenu se minéralise et tend à apparaître granulaire,
- stade nodulaire calcifié : le matériel granulaire du stade précédent devient complètement minéralisé. Le cysticerque nodulaire calcifié est petit, environ le tiers ou le quart du cysticerque vésiculaire.
Localisations : SNC (voir SNC)
Muscles / tissu cellulaire sous-cutané : Souvent méconnues, si elles sont isolées, elles sont souvent dépistées sur radiographie, surtout du bassin (calcifications des parties molles). Le dépistage des cysticerques sous-cutanés est facile (nodules) permettant la biopsie et avec vésicule entourée d’une réaction granulomateuse. Scolex unique invaginé porteur d’une double couronne de crochets caractéristiques. Cette vésicule, de la taille d’un grain de riz, est contenue dans une enveloppe kystique de structure fibreuse pouvant mesurer de 0,5 à 2 cm de long.
Clinique : souvent asymptomatique parfois, douleurs abdominales, nausées, vomissements et troubles de l’appétit (anorexie ou boulimie), douleurs abdominales, trouble du transit- diarrhées/constipation. L’expulsion des anneaux de ténias est parfois rapportée par le patient ou les parents retrouvant dans le lit de leur enfant des anneaux (+/- prurit anal lors de la sortie d’un anneau). Complications rares (appendicite, occlusion, pancréatite) Il s’agit alors de T. saginata. Dans de rares cas, la migration des larves de T. solium dans l’organisme peut provoquer des troubles neurologiques (épilepsie) ou oculaires. Il s’agit de la cysticercose humaine.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence des anneaux de ténias ou encore des oeufs de ténias (embryophores). Les anneaux sont retrouvés dans les selles et le linge pour T. saginata et les selles uniquement pour T. solium. Cette distinction vient du fait que les anneaux de T. saginata sont mobiles et peuvent s’expulser par l’anus en dehors de toute défécation. L’examen par transparence des anneaux murs permet de faire la distinction entre les deux espèces de ténias. Les oeufs (embryophores) sont retrouvés dans les selles pour les deux espèces ou sur la marge anale ("scotch test") uniquement pour T. saginata lorsque les anneaux remplis d’œufs sont rompus au moment du passage actif de l’anus. Hyperéosinophilie souvent modérée, voire absente (sauf 3 1er mois)
Traitement curatif :
Tremedine® (niclosamide) 2 comprimés a jeun le matin à mâcher avec un peu d’eau puis deux autres comprimés 2 heures plus tard puis rester a jeun pendant 3 heures. Contre-indications : alcool, boissons alcalines, éviter chez la femme enceinte et enfant de < 2 ans Effets secondaires et toxicité : nausées, douleurs abdominales, vomissements ou Biltricide® (praziquantel) en dose unique à 10mg/kg (effets secondaires rares). Albendazole (Zentel®), présenté en comprimés dosés à 200 mg ou en suspension buvable dosée à 100 mg par cuillère à café (flacon de 20 ml contenant 400 mg d’albendazole). La posologie est de 15 mg/kg/j en cures de 15 jours
Prophylaxie : Eviter de consommer la chair de bovins ou de porcins crue ou peu cuite. Contrôle vétérinaire des abattoirs (recherche des cysticerques dans la viande de boucherie)


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