» OREILLE MOYENNE/INTERNE Otalgie

Otalgie


Otalgie : caractéristiques : uni- ou bilatérale, permanente ou paroxystique de type névralgique, déclenchée ou majorée par : traction du pavillon (otite externe), pression sur le tragus, mastication, déglutition. Signes d'accompagnement : locaux (otorrhée, hypoacousie, vertige, prurit), dysphagie, dysphonie, troubles bucco-dentaires, fièvre, amaigrissement. Antécédents ORL et généraux médico-chirurgicaux, l'âge et le terrain (intoxication alcoolo-tabagique).
Étiologies :
Otite aiguë barotraumatique : dysfonctionnement de la trompe d'Eustache ; le contexte de survenue est évocateur : plongée sous-marine ou vol en avion, lors de la descente. L'otodynie est le signe majeur, de la simple gêne à la douleur syncopale + surdité et sensation d'oreille bouchée, les acouphènes sont fréquents, l'autophonie, la sensation de liquide dans l'oreille et l'hypoacousie variant selon les positions de la tête évoquent la présence d'un épanchement dans la caisse. Une otorragie signe la rupture du tympan (rare). L'existence de vertiges traduit l'atteinte de l'oreille interne.
Otoscopie : 5 stades, allant de la simple hyperhémie le long du manche du marteau jusqu'à la rupture tympanique, en passant par la myringite associée à un épanchement séreux ou sérohématique de la caisse.
L'impédancemétrie confirme le dysfonctionnement tubaire.
L'audiogramme retrouve une surdité de transmission de 20 à 30 dB prédominant sur les graves, rarement une surdité mixte.
Traitement : arrêt momentané des vols / plongée, anti-inflammatoire par voie générale, + antibiotique si épanchement (s’il persiste alors paracentèse), si récidive de l'épanchement, pose d'un aérateur transtympanique.
Cancer de l'oreille moyenne : Rare, de pronostic redoutable, il survient volontiers sur une otite chronique. L'apparition d'une otalgie, souvent intense, la modification de l'otorrhée qui devient sanglante sont hautement suspectes. L'otoscopie révèle, au fond du conduit, la présence de bourgeons, de polypes ou de granulations, saignant au contact. L'examen histologique affirme le diagnostic. Il s'agit, le plus souvent, d'un épithélioma malpighien. Le traitement est radiochirurgical.
Otalgies réflexes : L'otoscopie est normale, souvent derrière un coton placé au méat par le patient. L'examen ORL recherche une cause extra-auriculaire qui peut siéger à plusieurs niveaux.
Cavité buccale : carie profonde, péricoronarite, de la dent de sagesse notamment / dent de sagesse incluse peuvent s'accompagner d'une otalgie homolatérale.
Le cancer de la langue est souvent responsable d'une otalgie intense, parfois révélatrice, l'inspection et la palpation recherchent une ulcération à fond induré ; la localisation marginale est la plus fréquente.
Les parotidites aiguës (ourliennes ou non) s'accompagnent d'otalgie, l'inspection et la palpation de la région parotidienne et de l'orifice du canal de Sténon retrouvent la cause de l'otalgie.
Oropharynx : toute la pathologie amygdalienne peut donner une otalgie (IX) : amygdalite, angine, pharyngite aiguë, suites immédiates de l'amygdalectomie donnent souvent une otalgie bilatérale et une odynophagie, majorées par la déglutition, les phlegmons périamygdaliens, le cancer de l'amygdale ou du sillon amygdalo-glosse. L'otalgie est un signe précoce. L'examen doit être méticuleux, en déplissant bien le sillon amygdalo-glosse et en refoulant le pilier antérieur. Il ne faut pas omettre la palpation au doigt et à l'aide d'un porte-coton .
Les cancers du voile du palais.
NB : les stylalgies (syndrome de la styloïde longue) : douleur amygdalienne, irradiant vers l'oreille que l’on peut reproduire lors de la rotation-extension forcée de la tête du côté opposé à la douleur, la palpation endobuccale de la styloïde longue, derrière l'amygdale, est douloureuse, un cliché centré sur l'apophyse styloïde confirme ce diagnostic rare.
Larynx et hypopharynx : La laryngoscopie indirecte doit être systématique dans le bilan étiologique de toute otalgie réflexe recherchant un cancer du sinus piriforme ou du larynx.
Cancer du sinus piriforme : on examine le fond, l'angle antérieur et la face externe des sinus. La lésion bourgeonnante, ulcérée ou infiltrante n'est pas toujours évidente à l'examen. Il faut accorder une grande importance à : l'asymétrie d'un des deux sinus, la stase salivaire dans un sinus, la présence d'un bourrelet d'œdème, la diminution de mobilité d'un hémilarynx.
La pharyngo-laryngoscopie directe en suspension, sous AG, apprécie mieux l'étendue de la lésion et permet des prélèvements dirigés.
Cancer du larynx : l'otalgie est tardive.
L'otalgie peut révéler un cancer du cavum au même titre qu'une otite séreuse unilatérale chez l'adulte : la rhinoscopie postérieure (ou la fibroscopie naso-pharyngée) doit être systématique et ce d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet à risque (Maghreb, Chine du Sud).
L'otalgie réflexe est fréquente dans les suites immédiates de l'adénoïdectomie, surtout chez l'adulte. Dans les suites d'une adénoïdectomie isolée, se méfier de la possibilité d'une otite véritable.
Articulation temporo-mandibulaire : les troubles de l'articulé dentaire peuvent être responsables de douleurs irradiant vers l'oreille. La douleur siège en avant de l'oreille et augmente à la mastication +/- craquements, voire trismus. On palpe les articulations temporo-mandibulaires (ATM), étudie l'articulé dentaire + clichés comparatifs des ATM (arthroscopie de l'ATM à but diagnostique et thérapeutique), le syndrome de Costen associe otalgie, vertiges, acouphènes, céphalées, hypoacousie et qui serait lié à un dysfonctionnement de l'ATM.
L’apophyse styloïde : certaines apophyses styloïdes longues donnent une douleur péri-auriculaire, diagnostic confirmé par toucher endobuccal, le palper déclenchant une douleur exquise, et par l’examen radiographique.
Certaines lésions rachidiennes (post-traumatique, l’uncodiscarthrose, syndrome d’insuffisance vertébro-basilaire, ostéo-arthrite infectieuse ou inflammatoire, métastases) peuvent être à l’origine d’otalgies.
Névralgies essentielles  : douleurs violentes paroxystiques de brève durée, de topographie en général précise avec l’existence de période réfractaire entre les crises, absence de signe neurologique déficitaire et parfois le caractère provoqué par la douleur (zone gâchette).
- Névralgie isolée du glosso-pharyngien où la douleur siège au niveau de la région amygdalienne et de la base de langue irradiant vers l’oreille.
- Névralgie du trijumeau où la douleur irradie vers l’oreille parce que la névralgie intéresse la branche mandibulaire du trijumeau.
- Névralgie du pneumogastrique.
Algies neurovasculaires de la face : l’otalgie s’intègre dans une douleur violente, pulsatile d’une partie plus ou moins importante de la face durant plusieurs minutes ou plus longtemps.
La douleur s’accompagne volontiers de phénomènes vasomoteurs (douleurs de la face, larmoiement, rhinorrhée).
Algies auriculaires typiques :
Horton avec température, arthralgie, algie temporale avec paresthésies, picotements et brûlures, induration battante de l’artère temporale, VS ++.
Syndrome de l’artère temporale superficielle de Chavany avec douleurs sur le trajet de l’artère temporale, qui diminue si compression de la carotide ou si le sujet se couche ;
Syndrome du nerf auriculo-temporal de Frey avec bouffées vasomotrices, hypersudation de la région pré-auriculaire parotidienne après parotidectomie ou lors des repas ;
Otalgies par contraction prolongée des muscles du cou ;


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