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Amibiase cutanée


Amibiases cutanées : localisation rare de l’amibiase-maladie due à Entamœba histolytica.
D’autres amibes libres du genre Acanthamœba peuvent être responsables d’atteintes cutanées chez l’immunodéprimé (acanthamœbose).
L’atteinte cutanée répond à plusieurs mécanismes. Souvent par inoculation de proximité à partir de l’anus (localisation préférentielle péri-anale / génitale périnéo-vulvaire). Des lésions plus à distance (face, membres) ont été décrites, suite à des lésions de grattage inoculant les trophozoïtes provenant de l’anus. La contamination peut être sexuelle, faisant suite à de rapports vaginaux ou anaux (fréquence accrue chez les homosexuels). Les amibes peuvent coloniser la peau après intervention chirurgicale sur un foyer amibien, reconnu ou non (orifice de colostomie, cicatrice d’appendicectomie, drainage d’abcès hépatique…). La fistulisation à la peau peut être spontanée à partir d’un foyer sous-jacent. L’atteinte à distance par voie hématogène ou lymphatique est exceptionnelle.
Clinique : ulcération à centre granulomateux recouvert d’un exsudat purulent, entouré d’une zone nécrotique avec bordure irrégulière, inflammatoire, érythémateuse et infiltrée. La lésion est douloureuse et saigne facilement. Elle est rapidement extensive. D’autres formes d’aspect végétant ou verruqueux sont décrites. Au niveau du pénis, le caractère phagédénique est marqué. Chez la femme, les lésions intéressent aussi bien la vulve que la muqueuse vaginale et le col de l’utérus. Elle simule de nombreuse affections : tuberculose cutanée, pyoderma gangrenosum, diverses MST (syphilis, chancre mou, ulcération herpétique, maladie de Nicolas-Favre, donovanose), leishmanioses, mycoses profondes, maladie de Crohn. Le principal diagnostic différentiel est un carcinome, justifiant toujours une demande d’examen anatomopathologique, d’autant plus que l’association carcinome et amibiase cutanée est possible.
On y pense si amibiase colique aiguë concomitante, mais celle-ci peut précéder la localisation cutanée ou être asymptomatique. Le diagnostic de certitude est fait par la mise en évidence de trophozoïtes d’E. histolytica à l’examen direct parasitologique de l’exsudat purulent et/ou à l’examen anatomo-pathologique d’une biopsie des berges de l’ulcère.
Le traitement repose sur les amœbicides tissulaires / de contact. Le chef de file des amœbicides tissulaires est le métronidazole (Flagyl®). D’autres dérivés 5-nitro-imidazolés, comme le secnidazole (Flagentyl®) et le tinidazole (Fasigyne 500®), peuvent être utilisés.
Le seul amœbicide de contact disponible est le tiliquinol, tilbroquinol (Intétrix®).
Acanthamœbose cutanée : pathologie opportuniste récemment décrite. Les amibes du genre Acanthamœba sont dites libres car vivent en milieux naturels. L’homme est un hôte accidentel, contaminé par inhalation d’eau souillée. Elles sont impliquées dans des kératites après traumatismes ou pose de lentilles. Elles sont rarement à l’origine de méningo-encéphalites granulomateuses au pronostic redoutable. Des lésions cutanées ont été rapportées chez l’immunodéprimé, essentiellement lors du SIDA avec baisse marquée des CD4. Celles-ci sont nodulaires ou ulcérées, multiples, siégeant essentiellement aux membres. Une atteinte neurologique concomitante est observée dans un peu moins de la moitié des cas chez les patients atteints de SIDA alors qu’elle est quasi constante chez les patients dont l’immunosuppression n’est pas liée à l’infection par le VIH. Le diagnostic de certitude repose sur l’examen histologique, la biologie moléculaire et la culture des prélèvements biopsiques.


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