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Corynébactériose


Corynébactérioses : bacilles à Gram positif, filamenteux, corynéformes, saprophytes des plis mais peuvent, dans certaines conditions (humidité, diabète, obésité), proliférer et devenir pathogènes (érythrasma (Corynebacterium minutissimum), kératolyse ponctuée (C. keratoliticum) et trichobactériose ou trichomycose (C. tenuis). Le diagnostic de ces affections repose essentiellement sur l’aspect clinique en lumière normale et en lumière 3de Wood (fluorescence rouge corail des érythrasmas, verte des trichobactérioses). L’examen bactériologique n’a que peu d’intérêt.
L’Erythrasma est une pathologie fréquente des grands plis, zone de croissance lente de peau rose ou brune, sèche, avec parfois un renforcement vésiculeux périphérique, due à Corynebacterium minutissimum, parfois avec un dermatophyte ou Candida albicans, dans un contexte de climat chaud ou de diabète. A ne pas confondre avec un intertrigo (éruption des plis), une candidose (lésions satellites), tinéa versicolor (petites macules ou Tinéa cruris rouge, les 2 sans fluorescence aux UV). Les UV donnent une fluorescence rose (porphyrines d’origine bactérienne). Les atteintes péri-anales et interdigito-plantaires sont souvent méconnues.
Histologie  : discret infiltrat lymphocytaire superficiel périvasculaire, discrète orthokératose contenant les organismes Image : #1, #2, #3, #4
Traitement  : antiseptique ou antibiotiques topiques (acide Fusidique, Clindamycine topique, 3 X / J, poursuivi 14 jours après la fin du traitement antibiotique oral, si marqué antibiotiques oraux (erythromycine 250 mg, 4 X / J pendant 14 jours (près de 100% d’efficacité)ou tétracycline). Le nettoyage quotidien au savon antiseptique (Septivon, Cyteal), + séchage minutieux, pendant tout le traitement, si facteurs de risque de récidive (climat chaud, hyperhidrose, incurie, terrain débilité y compris diabète, âge avancé), le nettoyage antiseptique est poursuivi de manière préventive au long cours. Le contrôle des facteurs de risque est également un élément essentiel pour éviter les récidives : port de vêtements larges, équilibration du diabète, réduction pondérale…
Alternatives thérapeutiques à l’érythromycine, si CI ou échec due traitement, sont : clindamycine orale (1 gramme en dose unique), tétracycline (250 mg x 4/j pendant 5 à 14 jours), pommade de Whitfield (6% d’acide benzoïque et 3% d’acide salicylique). Les traitements topiques antifongiques (imidazolés) ne sont plus recommandés dans le traitement de l’érythrasma.
La guérison est évaluée cliniquement, au mieux avec un contrôle en lumière de Wood. En cas d’échec du traitement, un prélèvement local bactériologique et mycologique doit être réalisé.
La kératolyse ponctuée est une infection superficielle des plantes de pieds (parfois expression palmaire en milieu tropical) avec peau macérée, blanchâtre, percée de petits trous/cratères, malodorante, qui touche surtout les adolescents (parfois due à Corynebacterium ou Streptomyces, souvent consécutive à une hyperhidrose). Les soins d’hygiène sont essentiels (pieds bien séchés après la toilette, maintenus le plus longtemps possible à l’air, port de chaussettes en coton et de chaussures ouvertes, port de chaussures adaptées pour éviter le frottement responsable d’une hyperkératose plantaire, lavage des chaussettes à 60°C, nettoyage biquotidien des pieds avec un savon antiseptique, séchage minutieux des pieds après lavage, éviter le partage des chaussettes, chaussures et serviettes de toilette). Certaines crèmes antibiotiques améliorent les lésions mais c'est surtout le traitement de l'hyperhidrose (produits à base de sels d'aluminium, ionophorèse) qui évite les récidives. Des cas d’injection de toxine botulique au niveau plantaire ont permis de réduire l’hyperhidrose et de guérir la kératolyse ponctuée. Des observations isolées font état de l’efficacité des applications de d’érythromycine (Eryfluid®), de clindamycine (Dalacine T®), d’acide fusidique (Fucidine crème®), de miconazole (Daktarin®) et, plus récemment, de mupirocine (Mupiderm®).
 
Trichobactériose (trichomycose) : engainement de couleur blanche des poils axillaires, plus rarement pubiens. A la lumière de Wood fluorescence jaune pâle des poils infectés. Absence de manifestation fonctionnelle. Les malades peuvent se plaindre de la mauvaise odeur de leurs aisselles. Le traitement associe l’application locale, soit d’un antibiotique (érythromycine ou clindamycine, 2 fois par jour pour une durée d’environ 15 jours), soit d’un imidazolé (miconazole), soit de peroxyde de benzoyle et des mesures d’hygiène avec rasage des poils, nettoyage antiseptique et application d’un anti-transpirant à base de chlorure d’aluminium.
La lutte contre la transpiration excessive avec l’utilisation régulière d’un anti-transpirant permet d’éviter les récidives.


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