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Bilharziose cutanée


Bilharzioses cutanées Les bilharzioses peuvent présenter des signes cutanés lors des 3 phases de la maladie. Ces signes parfois discrets, régressant spontanément, sont souvent méconnus lors des 2 premières phases. Ceux de la phase d’état sont rares mais leur fréquence est certainement sous-estimée. Leur diagnostic est une surprise histologique dans la majorité des cas.

À la phase infectante, la pénétration transcutanée des furcocercaires lors du bain infectant peut s’accompagner d’une réaction allergique avec éruption maculo-papuleuse, prurigineuse, des sites de pénétration des larves = dermatite cercarienne, qui disparaît en quelques J (symptomatologie discrète avec S. haematobium). En zone d’endémie, ces signes ne s’observent plus lors des ré-infestations.
La période d’invasion est symptomatique chez les sujets non immuns, elle survient 4 à 6 semaines après le bain infectant. Le signe le plus constant est une fièvre accompagnée de prostration, de céphalées, de myalgies et de sueurs nocturnes. Les signes cutanés sont inconstants : rash, urticaire, œdème de la face. L’examen retrouve parfois une hépato-splénomégalie. Les signes cliniques sont plus marqués lorsque S. mansoni et S. japonicum sont en cause. La NFS peut montrer une hyperleucocytose avec hyperéosinophilie, évoquant alors une helminthiase en phase d’invasion. Le diagnostic de certitude est difficile puisqu’il peut ne pas y avoir encore d’élimination d’œufs et que la sérologie est très inconstamment positive à ce stade. La durée de cette phase est variable, l’évolution se fait vers l’amendement des signes cliniques, même en l’absence de traitement, et le passage à la phase d’état qui débute environ trois mois après la contamination.
Les lésions cutanées de la phase d’état des bilharzioses correspondent à des amas de granulomes bilharziens localisés dans le derme. Elles révèlent le plus souvent la parasitose qui évoluait avec une symptomatologie minime ou sans aucune manifestation clinique. Dans quelques cas, les lésions sont apparues en quelques mois après une infestation massive compliquée de myélite bilharzienne.
Les formes cutanées extragénitales sont monomorphes : petites papules, fermes, parfois hyperpigmentées, prurigineuses ou non, isolées ou confluantes en bouquet = prurigo en éclaboussure. Elles siègent au tronc avec disposition parfois zoniforme, en péri-ombilical, fosses iliaques et lombes. Les localisations génitales et péri anales s’observent plus chez la femme (lésions pseudo-tumorales des grandes lèvres ou végétantes, papillomateuses périnéales). Elles évoquent : condylomes, syphilis secondaire, donovanose, épithélioma. Chez l’homme, lésions du scrotum / pénis.


La biopsie cutanée montre des granulomes centrés par des œufs. Il n’est pas toujours facile de faire un diagnostic d’espèce d’après leur aspect sur coupe histologique.

https://www.cdc.gov/dpdx/schistosomiasis/index.html



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