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Démodécicose


La démodécidose (ou démodicidose, démodécie) est une ectoparasitose cutanée opportuniste, commune à l'homme et à de nombreux mammifères, causée par la prolifération de Demodex dans l'appareil pilo-sébacé.

Le genre Demodex appartient à l'embranchement des arthropodes, classe des arachnidés, ordre des acariens et famille des démodécides.

Chez l'homme, 2 espèces sont décrites : Demodex folliculorum, exclusivement de l'infundibulum folliculaire de la face, et Demodex brevis, plus petit, vivant dans les glandes sébacées, surtout thoraciques. Il se nourrit de cellules épithéliales et de sébum. Ce parasite est présent chez tous les individus de façon asymptomatique à n'importe quel âge, sauf chez le nouveau-né. Le nombre de porteurs sains augmente avec l'âge.

Au stade adulte, D. folliculorum est allongé, vermiforme, en cigare de 0,3 à 0,4 μ. La partie antérieure porte un rostre court avec quatre paires de pattes rudimentaires, la partie postérieure est striée et représente l'abdomen.

Clinique : Ce saprophyte obligatoire de la peau, des ostia pilosébacés des zones séborrhéiques, peut devenir pathogène si : hyperséborrhée, abus de cosmétiques, terrain débilité ou modification de l'état immunitaire. Lésions de folliculite, petites plaques érythémateuses parfois croûteuses, +/- papulo-pustules, du visage (joues, sillons naso-géniens, front et menton). Le prurit est constant.

Parfois : éruption papulo-pustuleuse, rosacée simple et surtout rosacée granulomateuse avec papules jaunes infiltrées chez la femme entre 20 et 50 ans.

Biologie : 3 méthodes permettent le diagnostic en mettant en évidence des Demodex en grand nombre :

— l'examen parasitologique direct du pus, des squames (par grattage) ou des cils (par épilation à la pince). Le prélèvement est placé entre lame et lamelle et observé au microscope optique après adjonction de KOH à 10 % ;

— la biopsie de surface au cyano-acrylate, méthode non invasive et indolore. Elle permet de récolter la zone la plus superficielle de la couche cornée et d'étudier la densité de Demodex (plus de 5 éléments/cm2) et d'évaluer l'efficacité des traitements. Cette méthode est en cours de standardisation ;

— la biopsie cutanée classique, plus rarement pratiquée. Elle trouve son intérêt dans la rosacée granulomateuse et permet parfois de retrouver des parasites dans l'infundibulum folliculaire et des débris extrafolliculaires d'acariens dans les infiltrats inflammatoires tuberculoïdes dans le derme superficiel. Elle permet de faire le diagnostic différentiel avec la sarcoïdose cutanée et le lupus érythémateux.
LesDemodexsont retrouvés fréquemment surbiopsies de peau, ce petit parasite vit de squames et de sébum est asymptomatique Image,#1. Lesacarienspeuvent déclencher unedermatiteatopique (eczéma)Démodécose. Images histologiques
Traitement : Local : Le crotamiton crème à 10 % (Eurax®) est le plus utilisé. Lindane à 1 % en préparation à appliquer le soir, il peut provoquer une irritation cutanée. Le benzoate de benzyle à 10 % en lotion (Ascabiol®), actif mais très irritant surtout au visage, a été abandonné. La pommade ophtalmique à l'oxyde mercurique jaune 1 p. 100 (Chauvin) est utilisée dans les blépharites ou les démodécies ciliaires

Per os : métronidazole (Flagyl®, cp à 250 et 500 mg), mais nécessite une surveillance neurologique + effets secondaires à type de troubles digestifs (nausées, vomissements), de leucopénie et de neuropathies sensitives, assez fréquents.

Ivermectine (Mectizan®, cp à 3 mg, Stromectol®, cp à 3 et à 6 mg) à 200 μg/kg en prise unique, hors AMM dans la démodécidose chez l'homme immuno-compétent ou infecté par le VIH (antiparasitaire puissant, indiqué dans l'anguillulose, l'onchocercose et la filariose).

Dans les formes érythémateuses ou squameuses, le traitement local par crotamiton à 10 % est de 1ère intention, suivi par le métronidazole topique à 1 % +/- métronidazole per os selon l'étendue des lésions.

Dans la forme granulomateuse : métronidazole per os (500 mg/j en une à deux prises pendant 15 jours), + métronidazole local à 1 % pendant plusieurs mois, ou métronidazole per os de façon dégressive 500 mg/j pendant 15 jours, puis 250 mg/j pendant des mois.

Les blépharites seront traitées par la pommade ophtalmique à l'oxyde mercurique jaune 1 %, appliquée 2 à 3 X / J sur le bord libre des paupières pendant 2 à 3 semaines.



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