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Glossodynies


Glossodynies : regroupent les stomatodynies, paresthésies buccales, bouche brûlante, sont les pathologies psychosomatiques les plus fréquentes en dermatologie buccale. La prise en charge reste délicate car les patients présentent une douleur parfois ancienne (plusieurs années), d'intensité souvent intolérable et viennent consulter en espérant un soulagement rapide, voire immédiat.
Tableau clinique caractéristique, se voit à tout âge, mais prédominance féminine entre 50 et 90 ans, dépression, sans alcoolotabagisme, avec gêne, picotements / brûlures chroniques de la langue, lèvres, palais, gencives ou dents. Signes qui débutent le matin au réveil, disparaissent lors de l'alimentation / sommeil avec acmé en fin de journée. Elles ne sont soulagées par aucun antalgique, même les morphiniques. Intégrité de la muqueuse buccale.
EN dehors des anomalies souvent physiologiques ou congénitales (papilles foliées, papilles caliciformes du V lingual, langue géographique, varices linguales, glossite rhomboïde médiane...), on recherche des pathologies associées : glossites carentielles, candidoses, syndrome sec, lichen plan.
Une fois le diagnostic évoqué, éviter les examens excessifs et surtout les interventions mutilantes et extractions inopportunes, toujours source d'aggravation de la douleur et qui peuvent déclencher des revendications.
Prise en charge psychothérapique +/- psychotrope. Les antidépresseurs peuvent aggraver les douleurs et la gêne et augmentent l'angoisse et le malaise physique des patients. Donc tranquillisants ou neuroleptiques à doses modestes pour pondérer la douleur, sans toutefois la faire disparaître totalement. Au-delà d'une certaine dose, la fatigue ou les effets secondaires l'emportent. Les prises seront préférentiellement prescrites le soir, sinon en phase douloureuse.
• Parmi les tranquillisants, toutes les benzodiazépines peuvent être prescrites, par exemple :
— bromazépam (Lexomil®), 0,25 à 1 barrette/j ;
— lorazépam (Témesta®), 0,5 à 5 mg/j ;
— diazépam (Valium®), 1 à 10 mg/j ;
— oxazépam (Seresta®), 10 à 50 mg/j ;
— clonazépam (Rivotril®), 0,3 à 2 mg (3 à 20 gouttes)/j.
• Il sera utilisé souvent des neuroleptiques un peu particuliers, à doses modérées également :
— pimozide (Orap®), 1 à 4 mg/j ;
— sulpiride (Dogmatil®), 50 à 400 mg/j.
Il peut être utile d'employer des neuroleptiques sédatifs comme la cyamémazine (Tercian®), 25 à 200 mg/j, ou plus incisifs comme l'amisulpride (Solian®), 50 à 300 mg/j, ou l'halopéridol (Haldol®), 3 à 30 gouttes le soir.
Si des effets secondaires (dyskinésies, bouche sèche...) s'imposent, ils seront corriger avec :
— Akineton retard®, 1 cp/j ;
— Sulfarlem S 25®, 2 à 6 cp/j.
• Des hypnotiques peuvent être nécessaires, par exemple loprazolam (Havlane®), 1 cp le soir, ou des antihistaminiques :
— chlorazépate dipotassique acépromazine, acéprométazine (Noctran®), 1 cp le soir ;
— alimémazine (Théralène®), 5 à 50 gouttes le soir.
• Si les antidépresseurs se justifient, généralement en association avec d'autres psychotropes, on peut donner :
— des imipraminiques comme l'amitriptyline (Laroxyl® 25 à 100 mg le soir, ou la clomipramine (Anafranil®), 10 à 100 mg/j ;
— la miansérine (Athymil®), 10 à 100 mg/j.


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