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Engelure


Engelures : lésions d’allure inflammatoire provoquées par l’exposition au froid mais aussi à l’humidité, souvent suite à une protection insuffisante vis-à-vis de ces facteurs climatiques (paradoxe car engelures moins fréquentes dans les pays à conditions climatiques rudes mais où les mesures de protection sont plus sérieuses et mieux appliquées).
Les engelures sont fréquentes en France. Ce sont des acrosyndromes car elles sont attribuées à un spasme artérioloveinulaire de courte durée lié au froid, suivi d’une dilatation artériolaire avec spasme veinulaire persistant lors du réchauffement.
Les papules violacées, des extrémités, surtout des pieds sont uniques ou multiples, érythémateuses, avec sensation de cuisson et de prurit aggravée par la chaleur. Dans les cas sévères, phlyctènes, fissures douloureuses, voire ulcérations. Atteinte de la face dorsale des premières phalanges des doigts et surtout les orteils, sinon des talons, l’atteinte du nez, oreilles, genoux est plus rare. Les engelures ont tendance à récidiver durant la saison froide. Elles guérissent spontanément en 1 à 3 semaines.
L’examen histologique montre un oedème du derme papillaire et un infiltrat lymphocytaire périvasculaire de cellules mononucléées.
Le diagnostic d’engelure est simple devant les caractères des lésions, leur tendance à la récidive dans les mêmes territoires, leur évolution saisonnière, leurs circonstances d’installation, l’âge le plus souvent jeune des patients et la normalité, par ailleurs, de l’examen clinique.
Devant un orteil douloureux, tuméfié, d’aspect inflammatoire, la palpation de tous les pouls distaux élimine une artériopathie des membres inférieurs.
Lorsque certains critères manquent, il faut penser aux diagnostics différentiels : lupus ou lupus chilblain si localisation aux mains, syndrome myéloprolifératif à partir de 40 ans, maladie de Buerger chez l'homme fumeur, embolies de cholestérol après 50 ans sur terrain polyvasculaire, soit spontanément, soit après cathétérisme artériel.
Le traitement des engelures est avant tout préventif, fondé sur des mesures strictes de protection des extrémités vis-à-vis du froid et de l’humidité en évitant, notamment, le port de souliers trop serrés qui sont une cause déclenchante habituelle.
La protection de la peau exposée par une crème grasse est utile.
Les médicaments susceptibles d’aggraver un spasme distal sont également évités (bêtabloquants par voie orale ou locale (collyres prescrits pour le glaucome), les dérivés de l'ergot de seigle, vasoconstricteurs par voie nasale).
Dans les formes sévères, un traitement inhibiteur calcique peut être propos, mais effets secondaires (flush, palpitations, céphalées).
Le traitement curatif comprend, surtout si exulcérations, des soins locaux : compresses vaselinées et pansements protecteurs qui aident à la cicatrisation, voire des dermocorticoïdes de classe II sous occlusion.
 


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