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Ecoulement d’oreille


Écoulement d’oreille : si le liquide est : séreux, muqueux, purulent = otorrhée, sanglant = otorragie, LCR = otoliquorrhée.
Otoscopie avec spéculum et miroir de Clar +/- lumière grossissante. +/- aspiration ou après lavage à la poire ou à la seringue avec de l’eau bouillie tiède. Celui-ci note l’aspect de l’épiderme (inflammation, oedème, abcès, filaments blancs ou noirs, corps étranger), du tympan (aspect infiltré+/- bombement / perforation, avec pus dans la caisse du tympan ou squames épidermiques évoquant un cholestéatome).
Diagnostic différentiel :
Écoulement de cérumen :
Otorragie : NB certaine otites purulentes peuvent s’accompagner, si granulome de la membrane tympanique, de quelques stries de sang.
Otoliquorrhée : écoulement eau de roche.
Diagnostic étiologique :
Otite moyenne : cause la + fréquente d'otorrhée. Parfois, l’otorrhée est le signe révélateur de l’otite et la fièvre est absente, parfois elle est peu importante survenant après un ou plusieurs traitements antibiotiques. La paracentèse d’une otite moyenne aiguë purulente bombante s’accompagne souvent d’otorrhée pendant quelques jours.
L’otite moyenne chronique à tympan ouvert peut s’accompagner, si souvent antérieure, d’une otorrhée muqueuse.
L’otite moyenne cholestéatomateuse s’accompagne volontiers dans sa forme classique d’une otorrhée désespérément chronique, abondante, fétide. L’otoscopie montre une perforation postéro-supérieure, marginale ou au niveau de la membrane de Shrapnell avec des squames épidermiques au sein parfois d’un tissu granulomateux lorsque la surinfection est très importante.
D’anciennes cavités d’évidement pétro-mastoïdien non épidermisées, ou mal réalisées car mal aérées peuvent se surinfecter.
Les tumeurs de l’oreille moyenne (chémodectome, carcinome…) sont rares. Si volumineuses, elles peuvent s’accompagner de surinfection avec, si destruction tympanique, surinfection avec otorrhée.
Otorragie : notion de traumatisme (plaie du conduit ou grave si traumatisme crânien ou cranio-facial), chercher des signes fonctionnels associés (otalgie, vertiges, surdité, antécédents de chirurgie).
L’otoscopie recherche une plaie du pavillon, l’intégrité ou non du conduit auditif externe, précise l’aspect du tympan, sa normalité, l’existence d’une perforation, d’un hématome, d’une tumeur rétro-tympanique. Si hémorragie abondante, avec conduit rempli de caillots et de sang séché, après nettoyage soigneux le plus aseptique possible).
Chercher des signes associés : paralysie faciale (passe inaperçue si coma, surdité, vertiges, atteinte d’autres nerfs crâniens)
Si traumatisme crânien ou si otorragies spontanées (suspicion de pathologie tumorale) , imagerie (IRM et angio-IRM), +/- audiogramme, vidéo-nystagmogramme.
Diagnostic différentiel :
Hémorragie péri-auriculaire : si plaie cranio-faciale, l’hémorragie peut inonder la région auriculaire semblant venir du conduit auditif externe mais celui-ci est intact.
En cas d’otorrhée ou d’otoliquorrhée, il peut y avoir un saignement plus ou moins important pouvant en imposer pour une otorragie vraie.
Causes traumatiques : plaie du conduit par grattage ou par instrument (Coton-Tige, aiguille), plaie du tympan par instrument perforant ou éclatement de celui-ci lors de barotraumatisme (gifle, explosion). Les traumatismes cranio-faciaux : suspecter une fracture du rocher / os temporal, rechercher une paralysie faciale / surdité associée. Fracture du tympanal, lors d’un traumatisme direct sur la mâchoire, l’otoscopie retrouve l’enfoncement inférieur du conduit auditif externe.
Causes non traumatiques : Otite moyenne aiguë surtout virale avec phlyctènes hémorragiques se vidant dans le conduit, cancer du conduit auditif externe / oreille moyenne, très rare. Chémodectomes tympaniques ou tympano-jugulaires avec à l’otoscopie une tumeur rouge, rétrotympanique, pouvant envahir le tympan débordant dans le conduit.
Otoliquorrhée :La certitude du diagnostic est apportée par l’étude biochimique du liquide recueillie (taux de glucose). Imagerie de l’oreille moyenne /région temporale par scanner et IRM. Le diagnostic différentiel peut se poser avec l’otorrhée purulente et l’otorragie lorsque le LCR est mélangé à du sang ou du pus.
Diagnostic étiologique :
Traumatisme crânien avec fracture du rocher : le diagnostic est évident par l’anamnèse, l’examen otoscopique, l’existence d’une paralysie faciale associée et l’étude scanographique.
Intervention chirurgicale otologique ou surtout oto-neuro-chirurgicale : si lésion de la dure-mère (pour cholestéatome, neurinome de l’acoustique et de la fosse cérébrale postérieure, chirurgie de malformation de l’oreille interne), hernie méningée primitive ou secondaire.


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