» CERVEAU Syndrome frontal

Syndrome frontal


Apathie : diminution de la motivation et émoussement affectif, le sujet ne s'intéresse plus à rien (pseudodépressif) mais absence de vécu douloureux, d’anxiété, de troubles du sommeil / de l’appétit), l’émoussement porte aussi bien sur les événements à caractère désagréable qu’agréable, contrairement au déprimé qui ne réagit plus aux choses agréables (anhédonie) mais continue à ressentir les événements douloureux.
Désinhibition : très évocatrice, plaisanteries de mauvais goût, facétieux, grossier, irritable (pôle pseudopsychopathique qui peut également prendre un aspect pseudomaniaque), parfois comportement puéril ou maniéré. Parfois perte totale de décence (se masturber en public ou uriner n’importe où), possibilité d'euphorie ou d'incontinence émotionnelle.
Comportements obsessifs-compulsifs : comportements qui deviennent ritualisés, stéréotypés, impulsivité, impatience, le patient débute la tâche avant la fin de la consigne, défaut de flexibilité, comportements persévératifs.
Anosognosie : le patient nie ses propres difficultés, ce qui complique singulièrement leur prise en charge.
Syndrome de dépendance à l’environnement : comportements d’imitation : le patient imite ce que fait l’examinateur, il tend à reproduire les gestes de l’examinateur (échopraxie), en dépit de la consigne de ne pas imiter les gestes.
Syndrome dysexécutif : trouble des fonctions exécutives avec difficultés dans la vie quotidienne, lorsque le sujet est confronté à des tâches nouvelles et complexes, avec inadéquation entre l’objectif et les moyens d’y parvenir ou encore la réalisation finale.
Le sujet ne critique pas ses performances erronées, et ne sait plus prévoir les conséquences de ses actes, ceci pourrait être du au fait que le patient frontal présente un déficit des marqueurs somatiques des expériences émotionnelles.
Troubles de l’attention avec difficulté à se concentrer sur une tâche, distractibilité (défaut d’inhibition des stimuli non pertinents), syndrome de désorganisation de l’action dans l’accomplissement des tâches routinières (inversion de séquences, omission de parties de séquences, simplification, remplacement de la tâche par une tâche familière).
Troubles de la mémoire : déficits de la coordination des tâches doubles, mais peu/pas de troubles mnésiques majeurs dans la vie quotidienne. Les patients sont volontiers dyschronologiques et présentent des fabulations et des fausses reconnaissances ainsi que des intrusions.
Troubles du langage : Les lésions du lobe frontal gauche provoquent 2 types d’aphasie :
– l’aphasie transcorticale motrice (dynamique), avec réduction importante de la fluence mais préservation de la répétition ; l’expression est fragmentée, réduite avec simplification grammaticale et persévérations, mais l’articulation, la phonologie et la structure syntaxique générale sont préservées ;
– les aphasies non fluentes avec trouble de l’articulation et de l’expression sans troubles de la compréhension.
Les lésions du lobe frontal droit provoquent un déficit du raisonnement inférentiel, des intentions affectives et pour maintenir un discours cohérent.
Apraxies frontales : selon la localisation, certains éléments sont omis, déplacés ; la performance est simplifiée, mais, dans l’ensemble le schéma général est conservé et la verbalisation facilite la performance, sinon le schéma général du geste est perturbé, voire un défaut d’inhibition avec impulsivité, démarrage avant la fin de la consigne.
 
Les lésions frontales peuvent provoquer des troubles moteurs élémentaires, des troubles réflexes et des troubles sphinctériens.
Possibilité de mutisme akinétique ou de désorganisation de la marche = apraxie de la marche ou ataxie frontale lors de lésions bilatérales. Lors de lésions unilatérales : réduction d’activité, aspontanéité, négligence motrice controlatérale +/- négligence sensorielle plurimodale pouvant imiter une hémiplégie.
Réapparition de réflexes archaïques : grasp reflex, après stimulation tactile de la face palmaire des premiers espaces interosseux de la main, celle-ci se referme sur les doigts ou l’objet qui la stimule, puis maintient sa préhension de manière forcée, en dépit des injonctions faites au patient de lâcher le stimulus.
Préhension réflexe buccale : après stimulation d'une commissure labiale : attraction latérale des lèvres vers la commissure stimulée pouvant aller jusqu’à une succion voire une poursuite de la bouche lorsque l’objet est éloigné.
Le réflexe de la moue se traduit par une avancée des lèvres lorsqu’on percute le visage au niveau du philtrum.
Le réflexe nasopalpébral n’est pathologique que lorsqu’il est inépuisable : c’est la fermeture des paupières lorsqu’on percute la racine du nez avec un doigt ou le marteau à réflexe.
Le réflexe palmo- ou pollicomentonnier consiste dans la contraction homolatérale de la houppe du menton en réponse à la stimulation de la paume de la main ou de la face interne du pouce. En dehors du réflexe de préhension et du réflexe pollico-palmomentonnier qui peuvent être observés du côté opposé dans les lésions unilatérales, la libération des réflexes archaïques est habituellement observée dans des lésions diffuses.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.