» MUSCLE Atteinte des muscles et de la fonction neuromusculaire d'origine (...)

Atteinte des muscles et de la fonction neuromusculaire d’origine médicamenteuse


Atteinte des muscles et de la fonction neuromusculaire d’origine médicamenteuse :
Les atteintes musculaires médicamenteuses, assez fréquentes, sont souvent modérées, avec régression rapide des signes à l’arrêt du traitement habituel, de début souvent insidieux, symétriques et bilatérales, avec élévation des enzymes musculaires et signes myogènes à l’EMG. Rares rhabdomyolyses avec insuffisance rénale aiguë.
Myopathies proximales chroniques :
Myopathie des corticoïdes : forme la plus fréquente. Tous les cortisoniques peuvent être en cause, en particulier les produits fluorés, débute après un délai moyen variant de 4 à 30 semaines après le début du médicament, non dose-dépendant, par une faiblesse musculaire des muscles axiaux et proximaux, épargnant les muscles fléchisseurs de la nuque, ce qui permet le diagnostic différentiel avec l’atteinte polymyositique. Absence de douleur, examen neurologique normal.
Les enzymes musculaires sont normales, l’excrétion urinaire de créatinine élevée, et la biopsie musculaire montre une atrophie des fibres musculaires de type 2.
Myopathies à la chloroquine : rares, souvent similaires à la myopathie de la corticothérapie, en dehors d’une possible atteinte neuronale.
Myopathies proximales subaiguës : douleurs musculaires avec hypersensibilité à la pression, contractures, fatigabilité musculaire proximale et crampes. Les enzymes musculaires et l’EMG peuvent être anormales. L’examen neurologique est normal. Avec les hypolipidémiants (fibrates, statines), l’atteinte apparaît dose-dépendante, favorisée par l’insuffisance rénale, même modérée et par une hypothyroïdie.
On différencie 3 syndromes : la myopathie nécrosante avec l’émétine, colchicine, acide aminocaproïque.
Rares myosites inflammatoires si traitement prolongé à la D-pénicillamine, phénytoïne.
Myopathie hypokaliémique sous diurétiques, réglisse, amphotéricine B, laxatifs.
Chez le sidéen, la myopathie, fréquente peut s’expliquer par l’atteinte virale d’une part (le tableau est alors habituellement non douloureux avec des taux circulants d’enzymes musculaires souvent normaux) et, par la zidovudine (AZT, Rétrovir) d’autre part, responsable de myopathie subaiguë douloureuse, sensible à la pression avec élévation des enzymes musculaires).
Rhabdomyolyse : tableau polyalgique sévère, avec déficit musculaire généralisé et élévation majeure de la créatine kinase. Risque d’atteinte rénale aiguë avec nécrose tubulaire, de signes neurologiques avec tableau confusionnel, crise comitiale, voire coma. Une rhabdomyolyse s’observe dans 3 circonstances :
– intoxication aiguë, après absorption massive de psychotropes : alcool, barbituriques, neuroleptiques, antidépresseurs imipraminiques, amphétamines… ;
– anesthésie générale : du fait des anesthésiques généraux (halothane Fluothane) ou curares (suxaméthonium Célocurine) = hyperthermies malignes ;
–utilisation prolongée de : hypolipidémiants (fibrates ou statines), amphotéricine B (Fungizone), colchicine (Colchicine), certains AINS, certains diurétiques.
Syndrome myasthénique : de nombreux médicaments peuvent affecter la transmission neuromusculaire, aggravant ou révélant une myasthénie, surtout si troubles électrolytiques, relaxants musculaires lors de l’AG. Causes : D-pénicillamine. Imite une myasthénie, les enzymes musculaires normales et l’EMG montre les altérations typiques (réduction du potentiel d’action).
La symptomatologie reste sensible aux médicaments anticholinestérasiques.
Sinon : certains antibiotiques (aminosides, polymyxines), chlorpromazine, quinidine, phénytoïne, lithium. Certains psychotropes comme les barbituriques, les benzodiazépines, les antidépresseurs imipraminiques, susceptibles de provoquer des altérations de la transmission neuromusculaire, doivent aussi être évités chez les sujets myasthéniques.
Enfin, des syndromes myasthéniformes ont été décrits avec certains bêtabloquants (propranolol Avlocardylt, oxprénolol Trasicort, timolol Timacort…).
Réactions myotoniques : sous certains curares (suxaméthonium) ou bêtabloquants.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.