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IRM dans l’évaluation du tube digestif



IRM dans l'évaluation du tube digestif : Les mouvements respiratoires donnent un aspect flou aux structures digestives et des artefacts fantômes qui dégradent l’image du tube digestif et des organes de l’abdomen supérieur. Le péristaltisme intestinal est à l’origine d’une dégradation de la résolution spatiale (peut être réduit par les antispasmodiques IV tel le glucagon). Les techniques les plus efficaces réduisent de façon importante les temps d’acquisition en permettant l’obtention d’images en apnée.


Ce sont, pour les séquences en T1, les séquences en écho de gradient rapides avec des acquisitions variant entre 20 et 30 secondes (type FMSGPR 60°).


Ces séquences permettent des études dynamiques au cours de l’injection en bolus de contraste endoveineux (chélate de gadolinium), rendant possibles des études en soustraction.


Pour les séquences en T2, séquences en écho de spin rapides avec une seule excitation.


Nécessité de distension du tractus digestif, il est difficile, en dehors de l’estomac et du rectosigmoïde, d’obtenir une distension aérique bien répartie. D’autres opacifiants ont été utilisés : composés ferreux et ferriques, citrate ammonium ferrique, sulfate de baryum, gadolinium-DTPA (diethylene triamine pentaacetic acid), composés organiques perfluorylbromide.


Sur les séquences en T1, l’hypersignal de la graisse gêne l’évaluation du TD, il est donc préférable de supprimer ce signal (SAT FAT).


Pathologie inflammatoire ou non tumorale : épaississement de la paroi digestive, visible en IRM, si > 5 mm sur segment digestif bien distendu avec du liquide ou du contraste. Bonne évaluation de l’extension des lésions, sur affections multisegmentaires comme la maladie de Crohn, si atteinte transmurale avec extensions mésentériques avec abcès ou fistules, bien appréciées sur coupes multiplanaires de l’IRM. 


Dans les pathologies ischémiques, on peut montrer une absence de rehaussement après injection IV de gadolinium.


La distinction entre processus tumoral et affection inflammatoire n’est possible que par l’étude des anomalies morphologiques : épaississement pariétal intestinal régulier, circonférenciel, symétrique, progressif et homogène pour les atteintes inflammatoires, et à l’inverse, épaississement pariétal intestinal irrégulier, nodulaire, asymétrique, abrupt et non homogène pour les processus tumoraux.


Processus tumoraux : La détection des lésions dépend de leur taille, les anomalies morphologiques orientent vers une pathologie tumorale. L’IRM ne permet pas la distinction des différentes couches de la paroi digestive, contrairement à l’échographie, mais l’extension tumorale à la graisse péridigestive est décelée facilement grâce au bon signal IRM de la graisse, qui permet une détection facile des N péritumorales, avec une sensibilité de 75 % et une spécificité de 100 % pour un diamètre supérieur à 8 mm. Pour les cancers rectaux, cette évaluation de l’extension transmurale est < celle du scanner.


Pour les cancers rectaux opérés, les récidives postopératoires sont distinguées d’une fibrose résiduelle grâce à un signal élevé sur les séquences pondérées en T2 et un rehaussement net de la fibrose après gadolinium.


Lorsqu’on utilise la technique de soustraction, la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives négatives et positives sont respectivement de 97 %, 81 %, 93 % et 100 %.


Atteintes extrinsèques et mésentériques : en utilisant les nouvelles séquences en IRM, la sensibilité, spécificité et fiabilité de l’IRM pour la détection de la carcinomatose péritonéale sont respectivement de 84 %, 87 % et 86 %, alors que les valeurs respectives du scanner sont 54 %, 91 %et 74 %.


L’IRM est capable de déceler les implants tumoraux ayant plus de 10 mm de diamètre.


Enfin, l’IRM a également été l’objet de quelques travaux sur la pathologie d’urgence comme les appendicites aiguës et les pancréatites aiguës.


Syndromes obstructifs intestinaux : L’IRM peut, comme le scanner, fournir des informations pour le diagnostic positif, topographique, étiologique et de gravité. Les anses grêles distendues, pleines de liquide, sont bien analysables en IRM. La zone transitionnelle entre segment intestinal distendu et segment intestinal collabé est facilement identifiable, notamment sur les coupes coronales et permet de préciser l’étiologie de l’obstruction : sténose inflammatoire, tumeur avec ou sans invagination, adhérence péritonéale.


Le rehaussement de la paroi intestinale après injection de gadolinium intraveineuse permet d’affirmer l’absence de souffrance ischémique des anses distendues.



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