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Dermatoses de la conjonctive



Conjonctivite géante papillaire : associée au port de lentilles, sutures, prothèses, risque accru si asthme, rhume des foins ou autres allergies. Elle peut débuter plusieurs mois ou années après le port de lentilles. Les papilles sont > 1 mm surtout au tarse >. Démangeaisons oculaires quand on enlève les lentilles, écoulement muqueux matinal, photophobie et moindre tolérance des lentilles. L’origine est allergique.


En histologie présence de mastocytes, éosinophiles et basophiles dans l’épithélium et chorion.


Cytologie : les frottis montrent une reaction immunologique avec des lymphocytes, plasmocytes, mastocytes, PNE et basophiles.


Traitement : symptomatique avec larmes artificielles, cromoglycate ou lodoxamide (Alomide) +/- antihistaminiques (Olopatadine (Patanol)), si résistance corticoïdes topiques.


http://www.emedicine.com/oph/topic87.htm


http://legacy.revoptom.com/HANDBOOK/SECT16a.HTM


La conjonctivite qui persiste depuis plus que 4 semaines est considérée comme chronique. Elle peut être unilatérale ou bilatérale :


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#chronicconj


 


Psoriasis : atteinte ophtalmologique rare surtout si rhumatisme psoriasique, sur un terrain HLA B27, en ordre de fréquence décroissante : conjonctivite, iridocyclite, panuvéite, épisclérite ou kératoconjonctivite sèche. NB : effets secondaires des thérapeutiques utilisées, surtout les rétinoïdes, parfois la PUVAthérapie (mesures de protection non correctement suivies).


Syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter qui associe une uréthrite non gonococcique (souvent à Chlamydia trachomatis) ou une diarrhée infectieuse, une arthrite réactionnelle ou/et une enthésopathie ou/et une sacro-iliite, une conjonctivite bilatérale aiguë papillaire et mucopurulente, plus tardive et spontanément résolutive, plus rarement une kératite ponctuée superficielle / iridocyclite / (épi)sclérite / uvéite postérieure.


Les manifestations cutanées peuvent comporter une balanite circinée, une hyperkératose surtout plantaire d’aspect psoriasiforme, un érythème noueux en cas de yersiniose.


Le traitement comporte une antibiothérapie adaptée, un anti-inflammatoire non stéroïdien ou la sulfasalazine, et sur le plan oculaire une corticothérapie locale.


 


La rubéole de l’enfant et de l’adulte peut comporter également une kératoconjonctivite modérée et régressive ; de rares cas de papillites et de rétinopathies ont été décrits.


La MNI ne comporte que rarement un exanthème spontané, qui complique une prise de pénicilline A, avec souvent oedème palpébral, parfois une conjonctivite, plus rarement des douleurs lors des mouvements oculaires ou une kératite.


Si les adénoviroses à tropisme oculaire (syndrome fébrile pharyngoconjonctival et kératoconjonctivite épidémique) comportent rarement un exanthème, les éruptions cutanées maculopapuleuses fébriles liées aux Adénovirus sont souvent associées à un énanthème avec conjonctivite.


On décrit également des manifestations oculaires lors de mégalérythème lié au Parvovirus B19 (chémosis), de scarlatine (conjonctivite exsudative), d’exanthème subit (oedème des paupières > précessif et fugace), de rickettsiose (à type de conjonctivite notamment lors de fièvre pourprée des montagnes Rocheuses, lors de fièvre boutonneuse méditerranéenne (Rickettsia conori] ou lors de fièvre Q [Coxiella burnetti] a fortiori lorsque la conjonctive constitue la porte d’entrée du germe).


 


La conjonctivite allergique (#1, #2) accompagne souvent un coryza spasmodique (« rhume des foins »). L’allergène est rarement facile à trouver : pneumallergène, pollen... ; parfois également, il s’agit d’une allergie médicamenteuse qui peut être violente. de type IV ou de contact avec : la phényléphrine, anesthésiques de contact, néomycine, gentamicine, pénicilline, conservateurs et, par voie générale, le cyclophosphamide, l’isotrétinoïne, la rifampicine.


Clinique : minime à marquée allant de démangeaisons et discrète hyperhémie, brûlures, écoulements (yeux rouges, qui démangent, larmoyants) à une réaction inflammatoire extensive, atteinte possible des paupières (gonflées), voire chémosis (gonflement de la conjonctive) pas d’adénopathie pré-auriculaire.


Traitement : symptomatique avec larmes artificielles, compresses froides, antihistaminiques H1 locaux comme le lévocabastine (Lévophta®), l'azélastine (Allergodil®), Emadine (emedastine, Alcon), cromoglycate (Opticron®, Cromoptic®) ou lodoxamide (Alomide) +/- antihistaminiques (Olopatadine (Patanol)), acide N-acétyl aspartyl glutamique (Naabak®, Naaxia®), le nédocromil (Tilavist®), si résistance corticoïdes topiques.


http://www.pathologyoutlines.com/eye.html#allergicconjuncitivitis


Conjonctivites perranuelles : signes moindres se répétant toute l'année (lié aux poussière / acariens, phanères des animaux, produits d'entretien / nettoyage). Hyperhémie conjonctivale (yeux rouges, irrités et prurigineux), conjonctive couverte de papilles.


Conjonctivites atopiques : Des signes généraux d'atopie (eczéma, asthme) s'associent à une forme située entre les kératoconjonctivites printanières (atteinte pavimenteuse bilatérale et souvent asymétrique des conjonctives tarsales, surtout >) et les conjonctivites perranuelles. On décrit des nodules de Trantas (ou Horner-Trantas) qui sont des accumulations de cellules épithéliales altérées et d'éosinophiles, une conjonctive pâle, des infiltrats limbiques et parfois un pannus. Elle apparaît plutôt chez l'adulte avec rhinite dans un tiers des cas. Toujours bilatérale, elle associe un prurit ou des brûlures oculaires, un oedème palpébral et conjonctival, un larmoiement avec importantes sécrétions mucoïdes, une photophobie, une hyperhémie conjonctivale. On observe une élévation des IgE dosées dans les larmes grâce à des bandelettes de papier filtre.


L’intérêt des tests allergologiques aux pneumallergènes (pollens, acariens, poussières, poils d’animaux...) repose sur l’éviction de l’allergène ou/et la désensibilisation spécifique. C'est une allergie de type I ou immédiate avec certains médicments : pénicillines par voie générale, acide acétylsalicylique et surtout locale de procaïne, atropine, phényléphrine, timolol.


Le traitement est difficile et associe antiallergiques systémiques et locaux (antihistaminiques, cromoglycate de sodium, corticoïdes locaux et/ou généraux).


Les lésions palpébrales à type de blépharite chronique, volontiers compliquées de chalazions ou surinfectées par S aureus, sont fréquentes chez l’atopique.


Après plusieurs poussées de blépharoconjonctivites parfois surinfectées par le virus Herpès, on peut observer une kératite ponctuée superficielle puis des séquelles à type de taie ou leucome vascularisé, de pannus périphérique puis diffus, d’ulcération cornéenne...


Le kératocône (correspondant à une ectasie avec amincissement cornéen, en l’absence d’atteinte de la transparence tissulaire) serait favorisé par l’inflammation oculaire chronique et le prurit, et serait observé chez plus de 1 % des adolescents atteints de dermatite atopique.


Une cataracte généralement bilatérale, de début sous-capsulaire postérieure ou antérieure, serait observée dans près de 10 % des dermatites atopiques après une dizaine d’années d’évolution.


Il existe une Blépharoconjonctivite angulaire.


La conjonctivite « printanière » ou conjonctivite vernale est classée dans les conjonctivites allergiques, mais, en réalité, sa cause n’est pas bien connue. C’est une conjonctivite chronique sévère avec recrudescence qui survient aux beaux jours. Elle frappe surtout les enfants de 5 à 15 ans, principalement un garçon. Elle est marquée par de très gros follicules conjonctivaux tassés les uns contre les autres. La gêne est importante (photophobie, prurit majeurs, sensation de corps étranger, parfois blépharospasme). On observe souvent des grains de Trantas au bord du limbe, avec réaction conjonctivale nette à proximité. Les lésions cornéennes vont de la kératite ponctuée superficielle à l'ulcère torpide difficile à soigner et qui peut laisser des séquelles. Un fort astigmatisme peut même en résulter. Antihistaminiques par voie locale et générales, les collyres à la cortisone améliorent ces cas. La cryocoagulation (thérapeutique par le froid) est très efficace, mais la récidive est courante. Le port d'une lentille silico-hydrogel peut parfois mettre la cornée à l'abri des enzymes protéolytiques de la conjonctive et favoriser sa cicatrisation.


Les Conjonctivites infectieuses sont également fréquentes ; la conjonctive est du reste la muqueuse la plus ordinairement frappée par l’infection en raison de son exposition permanente à l’air et aux micro-organismes.


Conjonctivites bactériennes : le plus souvent Staphylocoque doré (rare chez l’enfant), Hemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae and Pseudomonas aeruginosa.


Dans la forme aiguë surtout Neisseria gonorrhoeae et Corynebacterium diptheroides, risque accru de kératite.


Clinique : injection de la conjonctive bulbaire voire palpébrale et vaisseaux épiscléraux, parfois discrète photophobie, pas de douleurs, écoulement mucopurulent qui bloque les paupières au matin avec possibilité de kératite ponctuée


Traitement  : éviction scolaire jusqu’à l’arrêt des symptômes ; antibiotiques locaux (Prescrire Int 2007 ;16:120). Depuis la découverte des antibiotiques, l’évolution des conjonctivites infectieuses est heureusement devenue, dans l’immense majorité des cas, parfaitement bénigne :  : Ciloxane (ciprofloxacine), Ocuflox (ofloxacine), Quixine (levofloxacine), Polytrime (polymixine B-triméthoprime), gentamicine, tobramycine +/- corticoides si absence d’ulcération cornée (Maxitrol (neomycin-polymixin B-dexamethasone, Alcon), Pred-G (gentamicin-prednisolone, Allergan), Tobra Dex (tobramicin-dexamethasone, Alcon)).


 


 



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