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Anomalies de taille des dents


Anomalies de taille des dents : La taille des dents, déterminée génétiquement, est variable selon les individus. Seules sont pathologi­ques les variations de taille extrêmes. Parmi celles-­ci :
La macrodontie ou augmentation de volume d'une dent, est exceptionnellement diffuse (gigantisme hypo­physaire). Elle est souvent isolée et à différen­cier d'une fusion de 2 dents voisines.
La microdontie , diminution de volume d'une dent, est rarement généralisée (nanisme hypophysaire). Elle est en règle localisée, intéressant surtout les inci­sives latérales supérieures et la troisième molaire. Anomalies de forme : globales, portant sur racine et couronne ou partielles, n'intéressant qu'une de ces deux régions.
Variations de forme de la couronne : par tubercules surnuméraires saillants à la sur­face de la couronne Variations de la forme et du nombre des racines(amorphisme) : les racines recourbées (caudées), fréquentes, peu­vent gêner une éventuelle extraction. Les dilacérations dentaires sont une angu­lation entre couronne et racines. Les racines bifides ou surnuméraires sont fréquen­tes. Les racines concrescentes sont dues à l'union des racines de 2 dents voisines par du cément, après résorption de l'os alvéolaire. Variations de forme globales portant sur couronne et racines : La fusion dentaire est caractérisée par une fusion de la dentine et de l'émail de 2 dents voisines, elle peut n'intéresser que la couronne.
La dent bigéminée, par début de division d'un bourgeon dentaire, présente une racine unique et deux couronnes fusionnées ou séparées. La dens in dente intéresse surtout incisives latérale et centrale > = anomalie du développement du germe dentaire avec invagination de l'organe de l'émail dans la surface de la couronne. La radiogra­phie détecte l'opacité de cet émail aberrant soit dans le centre de la couronne, soit dans sa portion latérale.
Le taurodontisme est un élargissement du corps et de la chambre pulpaire par rapport à la racine.
L'amélome (perle de l'émail) est un nodule blanc isolé dans le parodonte ou attenant à la dentine radi­culaire. Anomalies de nombre : diminution du nombre des dents (anodontie, hypo- ou oligodontie), par atrophie ou absence d'un / plusieurs germes dentaires, à différencier des dents incluses.
L'anodontie partielle, fréquente, porte sur la 3ème molaire (absente chez 35 % des Français) et les incisives latérales si 1ère dentition, l’oligodontie est l’absence de plus de 6 dents Arch Pathol Lab Med.2014 Jun ;138(6):754-8.
L'anodontie totale ou partielle étendue s'associe à divers syndromes malformatifs : polydysplasie héré­ditaire ectodermique qui comporte en outre une atro­phie des annexes cutanées et parfois une absence de glandes salivaires accessoires ; dysplasie héréditaire chondro-ectodermique caractérisée par un nanisme achondroplasique et une dysplasie des ongles et des poils.


Augmentation du nombre des dents (dents surnu­méraires ou ou hyperdontie Arch Pathol Lab Med.2014 Jun ;138(6):754-8)). Elle est liée à la présence de bourgeons dentaires surnuméraires ou à la scission d'un bourgeon en deux.
Le plus souvent partielle, elle atteint surtout le maxillaire supérieur. Une dent surnuméraire appelée mesiodens est insérée entre les incisives médianes. Cette dent est habituellement petite et de forme conoïde.
Plus diffuse, elle est alors associée à divers syndromes : dysostose cléidocrânienne et syndrome de Gardner. Dans les deux cas, la radiographie démontre la présence de nombreuses dents surnumé­raires, le plus souvent incluses. Troubles de l’éruption des dents  : soit éruption prématurée de cause inconnue, soit retardée d'étiologie obscure, sauf éventuelle cause locale (fibromatose gingivale).
Dent incluse unique. Cette anomalie fréquente tou­che surtout la troisième molaire. Elle est le plus sou­vent la conséquence de facteurs locaux (position anormale du germe dentaire, réduction de l'espace situé en arrière de la 2ème molaire).
Dents incluses multiples. Elles s'observent comme les dents surnuméraires dans certains syndromes mal­formatifs (dysostose cléidocrânienne, syndrome de Gardner).
Troubles de la structure des dents : Dentinogenèse imparfaite (dentine opalescente héréditaire) = affection héréditaire, souvent asso­ciée à la maladie de Lobstein (ostéogenèse imparfaite), par inaptitude génétique des odontoblastes à édifier des fibres collagènes normales dans la matrice dentinaire. Elle porte sur les 2 dentitions, temporaire et permanente. Les dents sont brunes / jaunes ou bleues +/- translucides avec une dentine molle qui s’use et se fracture facilement. Prévalence de 1/8000, touche plus la 1ère dentition que celle définitive (incisives et premières molaires), pénétrance de près de 100% mais d’expression variable Arch Pathol Lab Med.2014 Jun ;138(6):754-8 .


Radiologie : la chambre pulpaire et les canaux radiculaires sont +/- oblitérés par de la den­tine secondaire.
Histologie ; tandis que l'émail est normal, la dentine présente des tubules irrégulièrement agencés au sein d'une matrice peu minéralisée.


Amélogenèse imparfaite (dysplasie héréditaire de l’émail). Dysplasie génétique avec divers défauts héréditaires de l’émail dentaire (différentes pathologies héréditaires avec classification complexe et de multiples gènes impliqués, patholgie rare 1/ 140000 naissances), avec 3 types :


- hypoplasie, avec matrice organique sécrétée par l'améloblaste défectueuse par perturba­tions de la différenciation / viabilitéde cette cellule épithéliale. - hypominéralisation, avec calci­fication insuffisante sur matrice normale.
- hypomaturation où les cristaux d'hydroxyapa­tite demeurent immatures.
Hypoplasies acquises de l'émail. Fac­teurs extrinsèques divers (avitaminoses, hypocalcé­mie, infection ou traumatisme locaux, fluorose, etc.), elles lèsent toute la dentition ou seulement une ou plusieurs dents. Dans leurs formes mineures présence de cavités / fissures à la sur­face de l'émail. Dans les atteintes plus sévères, des rangées de dépressions se superposent horizontale­ment à la surface de la dent. Parmi elles, l'hyperfluo­rose donne des hypoplasies souvent dif­fuses. Les cristaux d'hydroxyapatite sont plus gros que normalement et la substance interprismatique est insuffisamment calcifiée.


Troubles de la coloration des dents : en dehors des tétracyclines
Mélanodontie : dents tem­poraires noires, d'étiologie inconnue, Dent verte lors d’atrésies biliaires, érythodontie, lors de la porphyrie congénitale, avec fluorescence rouge en lumière polarisée. Histopathologie bucco-dentaire et maxillo-faciale
Le Charpentier Y, Auriol Michelle. Masson



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