» Médecine légale Accidents de la voie publique

Accidents de la voie publique


Accidents de la voie publique : 1ère cause de mortalité entre 3 et 34 ans, malgré une baisse nette des accidents dans les pays avancés. Selon l’OMS un rapport de 2013 sur 182 pays où vivent 99% de la population mondiale, 1,24 million de personnes meurent sur les routes chaque année, avec 20 à 50 millions de blessés / handicapés. Les accidents de la route sont la 1ère cause de décès entre 15 et 29 ans avec 59% des tués entre 15 et 44 ans dont 77% d’hommes, > 91% des décès sur les routes surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (surtout région africaine et Méditerranée orientale avec environ la moitié du parc mondial de véhicules). La moitié des tués sur les routes sont des usagers vulnérables (piétons, cyclistes et motocyclistes). Seuls 28 pays, comptant 416 millions d’habitants (7% de la population mondiale), ont une législation adéquate concernant les 5 facteurs de risque d’accident de la route (vitesse, conduite en état d’ébriété, non-port du casque / ceinture de sécurité et non-utilisation de dispositifs de sécurité pour enfants) . Même dans les pays à revenu élevé, les personnes défavorisées risquent davantage que les personnes plus aisées d’être impliquées dans un accident de la route.
Les AVP entraînent des pertes économiques considérables car traitements coûteux (dont la réadaptation) et enquêtes, perte de productivité (et de revenu) pour la victime et les membres sa famille. En 2000, le coût été évalué à 518 milliards de dollars (de 1% à 3% du PNB).
Stratégies de lutte : conception d’infrastructures plus sûres, prise en compte de la sécurité routière dans l’aménagement du territoire et la planification des transports, amélioration des dispositifs de sécurité sur les véhicules et amélioration de la prise en charge des victimes d’accident. Les interventions qui ciblent le comportement des usagers de la route, législation concernant les principaux facteurs de risque, et la sensibilisation à ces facteurs, sont tout aussi importantes.
Il existe un lien direct entre l’augmentation de la vitesse moyenne et la probabilité et la gravité d’un accident, la baisse de la vitesse moyenne a des effets positifs sur la santé (atténuation des problèmes respiratoires liés aux gaz d’échappement).
La conduite en état d’ébriété augmente à la fois le risque d’accident et le risque de décès ou de blessure grave quand l’alcoolémie est > 0,04 g/dl. Les contrôles aléatoires d’alcoolémie sur la route, qui peuvent faire baisser d’environ 20% le nombre d’accidents liés à l’alcool, sont rentables.
Le casque pour motocyclistes, si porté correctement, réduit de près de 40% le risque de décès et de plus de 70% celui de traumatisme grave.
La ceinture de sécurité réduit le risque de décès de 40% à 50% pour les passagers assis à l’avant et de 25% à 75% pour les passagers à l’arrière, ils réduisent de 70% les décès des nourrissons et de 54% à 80% ceux des jeunes enfants.
De nombreuses distractions altèrent la conduite (problèmes de sécurité lié à l’utilisation du téléphone portable au volant (risque X 4), il allonge le temps de réaction (freinage, lecture de la signalisation routière) et amène le conducteur à ne pas rester dans sa voie de circulation ou encore à ne pas respecter la distance de sécurité. L’envoi et la réception de SMS distraient considérablement le conducteur.
Dans les pays avancés les AVP ont diminué les 10 dernières années, y compris pour les piétons, alors que les accidents des 2 roues augmentent. Entre 1972 et 2010, le nombre de tués sur les routes de France a été divisé par 4, passant de plus de 16 000 victimes en 1972 à 3 994 victimes en 2010.
L’alcool est impliqué dans 1/3 des cas, surtout chez les jeunes (binge drinking) également chez les piétons (mise en danger) et dans la moitié des décès de 2 roues si accident sans tiers responsable.
Les blessures sont très variables, le médecin légiste fait un rapport complet avec test toxicologique. Les verres feuilletés des glaces latérales (pas les pare-brises ou vitres arrières) donnent de petites lésions courtes, linéaires, angulées, incisées car fragments cubiques +/- une composante d’abrasion.
Lacérations d’extension : déchirures / stries cutanées, serpigineuses à linéaires, parallèles souvent de la région inguinale chez des piétons frappés par derrière avec peu / pas de saignement, parfois à coté de lacérations plus profondes.
Poches d’avulsion : si choc de jambe contre un pare-choc, la force cisaille la peau et tissus sous-cutanés des muscles, avec poche hémorragique. Si lacération cutanée associée on peut retrouver des traces de l’automobile dans la poche d’avulsion. Des avulsions peuvent se voir sur le scalp si un pneu roule sur la tête.
Fracture de pare-choc : de la jambe par le pare-choc, avec fracture de Messerer la pointe de la fracture est dans la direction de la force, la base de la fracture indique d’où vient le choc.
Les occupants du véhicule sont blessés par le second impact de la décélération dans l’habitacle (dans un accident typique en ville le véhicule est arrêté en 1/10ème de seconde, alors qu’un passager non bouclé se déplace et est ralenti en 1/50ème de seconde, d’où l’intérêt de la ceinture de sécurité) des objets externes, par asphyxie mécanique ou positionnelle, l’incendie ou l’éjection du véhicule.
La collision de l’occupant avec l’habitacle aboutit à des abrasions, contusions, et lacérations souvent extensifs, le dos est épargné chez les passagers bouclés. En l’absence d’air bag ou qui ne s’est pas déployé, lésions spécifiques liées au volant qui provoque des lésions intrathoraciques. Les lésions liées au pare-brise sont surtout des abrasions verticales du front +/- profondes +/- lacérations
Les lésions internes thoraciques incluent des fractures sternales et des côtes, vertèbres, des contusions pulmonaires ou lacérations sur fracture de côte, des lacérations ou ruptures cardiaques (paroi antérieure du VD ou oreillettes) ou lacération aortique, un Hémothorax peut compliquer des fractures de côtes in l’absence de blessures viscérales évidentes (lacération des artères intercostales).
La lacération aortique survient surtout à 2 à 3 cm en distal de l’origine de la sous-clavière gauche, elle peut être mineure (de l’intima sous forme de lacérations d’extension).
Les lacérations viscérales sont communes (dôme hépatique). Les factures du pelvis sont communes par impact des genoux sur le tableau de bord, il faut enlever le psoas pour bien voir le pelvis.
Les fractures faciales et du crâne sont parallèles à la direction de l’impact, les hématomes épiduraux, sous-duraux et sous-arachnoïdiens sont fréquents avec des contusions cérébrales
Les fortes décélérations peuvent provoquer une lésion axonale diffuse par cisaillement des vaisseaux avec de petites hémorragies en tête d’épingle et stries dans la substance blanche et corps calleux et tronc cérébral, lors d’un tonneau, la tête du conducteur peut sortir par la fenêtre et être écrasée par le toit de la voiture alors que le mort reste dans la voiture (chercher des restes humains sur le toit de la voiture au-dessus de l’occupant. Luxation atlanto-occipitale lésant le tronc cérébral avec mort.
L’asphyxie peut être mécanique ou positionnelle, empêchant l’expansion du thorax.
L’éjection temporaire, partielle ou complète s’accompagne de traumatismes extensifs, en particulier des abrasions confluentes si la victime est projetée sur la route avec peu/pas d’hémorragie dans les tissus sous-cutanés.
Lésions par ceinture de sécurité : abrasions, contusions, le long de la taille et en angle à travers le thorax, abdomen > ; lésions internes sous forme de lacération de l’Aorte abdominale / artère iliaque / rupture cardiaque, lésions viscérales.
Les Air bags se déploient à une vitesse entre 160 et 320 km/h, ils provoquent des lésions chez les enfants car impactent leur tête / cou au lieu du thorax chez l’adulte (lésions aortiques / artère pulmonaire +/- abrasions du cou / menton
Motocyclistes : toujours éjectés par définition, du fait des vêtements de protection et casque les traumatismes peuvent être exclusivement internes, les traumatismes crâniens sont impliqués dans 3/4 des décès.
Mort naturelle au volant : diagnostic facile à l’autopsie si cause évidente avec peu/pas de traumatisme, une perte de connaissance ne peut être prouvée à postériori.



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.