» OREILLE MOYENNE/INTERNE presbyacousie

presbyacousie


La presbyacousie est un vieillissement de la fonction auditive, d’apparition progressive, lente, bilatérale et symétrique, par modifications histologiques de l’oreille interne (atteinte des cellules ciliées, progressant de la base vers l’apex, d’où l’atteinte préférentielle des fréquences aiguës, diminution des neurones afférents cochléaires). Les presbyacousies précoces familiales sont de transmission autosomique dominante (10% des présbyacousies précoces, les gènes ne sont pas connus). Progressivement, la courbe de conduction descend, plus rapidement pour les sons aigus que pour les sons graves. Cette courbe plongeante caractéristique, explique la mauvaise intelligibilité, surtout des mots mal articulés, car le déficit sur les aigus trouble l’audition des consonnes. Le sujet comprend mal les conversations de groupe, dans le bruit, parce que l’intégrité des sons graves n’apporte aucun effet de masque sur le bruit ambiant. Risque d’isolement relationnel. L’appareillage acoustique amplificateur est la seule solution.
Presbyacousie sensorielle : perte des cellules ciliées progressant de la base vers l’apex de la cochlée. En audiométrie : surdité à pente abrupte dans les fréquences élevées, respectant les fréquences conversationnelles
Presbyacousie nerveuse : perte primaire de la population neuronale du nerf cochléaire (> 50 % pour être symptoma1 tique), avec mauvaise discrimination auditive. La courbe en audiométrie tonale est légèrement descendante sans recrutement. La courbe vocale est nettement moins bonne que ne le laisse prévoir l’audiométrie tonale
Presbyacousie striale par atrophie de la strie vasculaire (maintient dans la cochlée une homéostasie du liquide endolymphatique nécessaire à la transduction mécano-électrique effectuée par les cellules sensorielles). Atteinte globale de l’audition sur toutes les fréquences. La surdité commence précocement vers la troisième décennie et évolue souvent lentement La courbe d’audiométrie est plate ou légèrement descendante, mais avec bonne discrimination vocale et un recrutement
Presbyacousie mécanique par diminution des mouvements mécaniques de la cochlée, perte d’élasticité de la membrane basilaire, dont le rôle est de participer à l’amplification auditive et à la sélectivité fréquentielle. La courbe audiométrique est graduellement descendante.
Une atteinte des voies auditives centrales est incriminée pour expliquer les troubles de la compréhension de la presbyacousie.
Clinique : elle s’installe insidieusement et affecte les deux oreilles de façon symétrique avec 3 stades :
Au début, baisse de la perception des sons aigus et altération de la hauteur des sons. Seules certaines personnes, musiciennes, professionnellement concernées par l’audition ou particulièrement attentives, en prennent conscience.
Apparaît ensuite le signe le plus évocateur de presbyacousie la gêne dans le bruit, qui se caractérise par une difficulté à suivre une conversation de groupe ou dans un milieu bruyant réalisant le classique signe du« cocktail ». Intolérance aux sons forts = recrutement Le sujet âgé ne supporte pas ou très mal les ambiances bruyantes. Alors même qu’il ne comprend plus les conversations courantes, il ressent douloureusement la perception de mots prononcés à haute et intelligible voix au creux de son oreille.
Au dernier stade, isolement social du sujet, pour éviter les situations communicationnelles difficiles.
Audiométrie : L’audiométrie tonale détermine les seuils de perception des : sons purs en conduction aérienne par des écouteurs et en conduction osseuse par un vibrateur. Elle révèle une surdité de perception bilatérale et symétrique à pente modérément descendante sur les fréquences aiguës.
L’audiométrie vocale apprécie l’aptitude du sujet pour la compréhension de la parole. Les scores de reconnaissance vocale augmentent d’abord avec l’intensité sonore mais restent inférieurs à 100 % aux fortes intensités les courbes d’intelligibilité prennent une forme en cloche caractéristique. Elle prédit les possibilités d’appareillage prothétique, plus efficace si la compréhension se maintient aux fortes intensités. L’audiométrie vocale dans le bruit confirme ces données en testant les capacités du sujet en milieu bruyant Les scores obtenus sont souvent inférieurs à ceux qui sont atteints dans le silence de la cabine.
L’impédancemétrie permet, par l’étude du réflexe stapédien, d’apprécier le phénomène de recrutement, qui se traduit par le fait que le seuil de déclenchement de ce réflexe : (qui vise à protéger l’oreille interne d’une trop brutale stimulation mécanique de la chaîne ossiculaire par la contraction du muscle de l’étrier) reste à son niveau normal (d’environ 90 dB), alors même que les seuils de perception tonale sont abaissés. Cela correspond à un pincement du champ de confort auditif, puisque le seuil de perception des sons devient proche du seuil douloureux.
Les autres tests audiométriques sont moins intéressants. Les potentiels évoqués auditifs précoces, notamment, sont inutiles, sauf si la surdité est asymétrique. Dans ce cas, ils seront réalisés pour éliminer une lésion rétrocochléaire principalement représentée par le neurinome de l’acoustique.
L’aide auditive permet un traitement du signal acoustique complexe et une ébauche de la reconnaissance de la parole dans le bruit L’amplification du signal se fait sans distorsion ni bruit de fond avec bonne tolérance.



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