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Addiction aux antalgiques


Depuis le début du siècle, la mortalité augmente aux Etats-Unis chez les Blancs en milieu de vie, jusqu’à faire reculer l’espérance de vie aux Etats-Unis en 2015. Chez les Noirs ou Hispaniques américains, comme chez les Suédois / Australiens / Canadiens ou Français, la mortalité des 45-54 ans a baissé en 25 ans d’un tiers en France et de 40 % en Suède ( lutte plus efficace contre les accidents cardiaques et les cancers). Chez les Américains blancs de 50 à 54 ans, le revenu médian par tête a fortement reculé récemment, mais cela touche également les Noirs et Hispaniques qui ne meurent pas davantage. Parmi les Blancs, la surmortalité se voit chez les moins qualifiés. Cette surmortalité est liée au suicide, alcoolisme et drogue. Jusqu’à la fin des années 1990, on comptait aux Etats-Unis < 35 « morts du désespoir » / an / 100.000 habitants blancs de 50 à 54 ans vs > 60 en France / Allemagne. Aujourd’hui, > 80 outre-Atlantique vs < 45 dans les deux pays européens.https://www.lesechos.fr/27/03/2017/lesechos.fr/0211919164719_du-reve-americain-aux---morts-du-desespoir—.htm

L’addiction médicamenteuse aux antalgiques opiacés est devenu un fléau sanitaire en Amérique du Nord. En 2012, 16 500 personnes sont mortes d’une overdose d’antalgiques opiacés aux USA, ce qui représente plus de décès que ceux causés par les surdoses de cocaïne et d’héroïne réunies(selon certaines sources depuis 1999 183000 américains décédés, le président Donald Trump a déclaré la cause une urgence sanitaire). Les overdoses concernent : dans 20% des cas, des patients suivis par un seul docteur avec de faibles doses ; 40% de patients suivis mais à doses prescrites élevées ; 40% d’usage détourné lié à la toxicomanie, 60% des overdoses sont donc un effet secondaire d’ opiacés prescrits, mais avec automédication et donc augmentation non prescrite conduisant à l’overdose. Aux USA 2000000 seraient dépendants à ces médicaments (washington post dans une enquête publiée le 31 décembre 2012. Ce phénomène de dépendance est reconnu par le ministère de la Santé canadienne. Trois médicaments sont surtout impliqués : l’Oxycontin (oxycodone) recherché par les toxicomanes suite à son effet dysleptique ; Percocet (oxycodone) ; Vicodin (hydrocodone). A été impliqué également le Fentanyl (50 fois plus puissant que l’héroïne), et dont les surdosages ont augmenté de 540% entre 2014 et 2016). Insys Therapeutics, une des firmes qui le produit (forme liquide = Subsys à sprayer sous la langue, captation très rapide mais risque de surdosage) est englué dans des batailles légales après que plusieurs de ses cadres dont son Fondateur ont été arrêtés en Octobre 2017 pour conspiration, plusieurs états des USA ayant entamé des procédures légales contre cette firme pour avoir comploté dans le but d’augmenter les ventes (en mentant aux compagnies d’assurance, avec erreurs volontaires sur les fiches de renseignement et en incitant les médecins à prescrire par des ristournes (interdit aux USA depuis 2014), la firme est accusée d’avoir incité l’utilisation hors AMM pour des patients non cancéreux donc à survie longue (absence d’études cliniques). La bataille légale contre les opioïdes prend des proportions similaires aux USA que celle contre le tabac il y a 20 à 30 ans, toutes les firmes impliquées aux USA ont de nombreuses procédures judiciaires en cours

Ces dérivés opiacés sont délivrés aux Etats-Unis sur simple ordonnance, aisément falsifiable, et distribués dans toutes les pharmacies du pays sans réel contrôle des autorités sanitaires (nécessité de prescription sur carnet à souche / ordonnance sécurisée en France). Prescrits pour soulager les douleurs intenses (cancers), ces médicaments sont distribués pour des douleurs chroniques moindres (arthrite, mal de dos...), d’où une accoutumance, puis une dépendance si traitement prolongé, avec sevrage et ses effets de manque (nausée, insomnies...). L’euphorie induite par les opiacés peut pousser à la surconsommation, raison pour laquelle avant les années 80 on prescrivait peu d’opiacés à cause du risque de dépendance. Or il semble que le laboratoire Purdue pharma qui commercialise l’oxycontin depuis 1995 a minimisé sciemment (à l’instar de l’affaire du Médiator en France), le risque d’addiction, il a été suivi dans son comportement par le laboratoire Insys.
La presse scientifique a été noyée sous des études réalisées par les entreprises et signées par des praticiens de renom selon la pratique des « nègres scientifiques » ( ghostwriting), comme l’actuel scandale du glyphosate de Monsanto. Pour assurer leur publicité, ces entreprises se sont entourées de personnalités influentes du monde médical, comme le Pr. Russell Portenoy, spécialiste new-yorkais de la douleur et par ailleurs conseiller pour l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA). En 2002, huit des dix experts de la FDA chargés d’évaluer le risque de dépendance avaient des liens d’intérêts avec l’industrie, dont cinq avec Purdue, selon le Washington Post.. Ainsi entre 1997 et 2007, la distribution des antidouleurs opiacés augmente de 627%, relève une étude américaine de 2011 des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), les décès par surdose augmentant dans le même temps de 296%. Du fait du système de distribution différent en France, les décès par overdose d’oxycodone, restent exceptionnels. En effet , la loi française impose des ordonnances sécurisées pour les stupéfiants (palier III), avec filigrane, numéro de série et identification du patient comme du prescripteur, et une limite de validité de 72 heures après la prescription.
En France, les substitutifs bon marché sont très recherchés des toxicomanes et concernent la codéine ( Néo-codion), ou ceux à base de morphine, comme le Skenan, le Tramadol également responsable d’overdoses. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Afssaps devenue ANSM), qui l’a classé parmi les médicaments à surveiller, a estimé en janvier 2012 que les ventes françaises de Tramadol avaient augmenté de 30%. Il peut être détourné comme drogue, notamment dans les pays du tiers monde. En 2010, la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes relevait sept cas de décès par overdose de Tramadol en France et une augmentation de l’implication des « substances opiacées licites hors médicaments de substitution » dans 15,8% des cas d’overdoses enregistrées. De plus en plus prescrit, le Tramadol a fait l’objet d’alertes des praticiens et des autorités sanitaires pour la dépendance qu’il peut provoquer et les risques de détournement.



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