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Addictions


Les addictions touchent toute la population, quels que soient l’âge, le milieu social, la situation économique. De plus en plus de jeunes sont touchés par la dépendance à l’alcool, aux jeux ou à la drogue. Il est donc important de consulter dès que possible. Une addiction est un trouble du comportement désignant un attachement excessif à quelque chose (substance, comportement...) pouvant nuire à notre santé ou à notre vie sociale.
L’Addiction ou dépendance est une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit des efforts du sujet pour s’y soustraire. Le sujet se livre à son addiction malgré la conscience aiguë qu’il a, le plus souvent, d’abus et de perte de sa liberté d’action, ou de leur éventualité. Une addiction se manifeste par un phénomène de manque lorsqu’on est privé d’un besoin non vital (exemples de besoins vitaux : nourriture, sommeil...). Cette addiction est dite grave, si son sevrage entraine de la violence ou de l’agressivité. L’anglicisme addiction est au sens courant souvent synonyme de toxicomanie et désigne tout attachement nocif à une substance ou à une activité. Le terme d’assuétude, peu utilisé, a un sens similaire mais moins négatif (assuétude au chocolat mais dépendance à la cocaïne).
Selon l’étymologie addictus qui, en bas latin, signifie « adonné à », ce terme était utilisé en droit romain pour désigner la situation du débiteur qui, incapable de payer ses dettes, se trouvait « adonné » à son créancier. Ce dernier avait alors le droit de disposer entièrement de sa personne comme d’un esclave. Il s’agit, en quelque sorte, de la contrainte par corps. Par la suite, dans la langue anglaise, dès le XIVe siècle, addiction a pu désigner la relation contractuelle de soumission d’un apprenti à son maître, puis se rapprocher peu à peu du sens moderne, en désignant des passions nourries et moralement répréhensibles.
La dépendance est un état pathologique où l’organisme ne peut fonctionner sans la consommation de la substance responsable. Le sevrage apparaît chez un dépendant lorsqu’il ne peut consommer la dite substance. La dépendance évalue la dangerosité des psychotropes = énergie dépensée pour parvenir à l’abstinence et efforts déployés pour se procurer le produit. Elle varie selon 2 facteurs : le produit (propriétés pharmacologiques de sensibilisation et d’accoutumance, mode de consommation, concentration, etc.) et la prédisposition de l’usager (personnalité, antécédent d’usage, trajectoire personnelle.).
Elle se manifeste par au moins 3 des signes suivants sur une période d’un an : une tolérance (accoutumance) avec augmentation des doses pour un effet similaire, ou effet diminué à dose constante, un syndrome de sevrage en cas d’arrêt ou prise du produit pour éviter le sevrage, une incapacité à gérer sa propre consommation, qu’on ne peut arrêter malgré ses inconvénients, efforts/moyens importants consacrés à la recherche du produit, diminution ou abandon des activités sociales, culturelles ou de loisir en raison de l’importance que prend le produit dans la vie quotidienne.
La dépendance psychique, comporte : la dépendance psychologique = désir persistant de consommer avec parfois des manifestations psycho-somatiques (douleurs physiques sans cause physiologique), elle est plus liée aux caractéristiques des individus (états affectifs, styles de vie) qu’au produit lui-même. Ainsi la dépendance au travail, à l’activité physique ou intellectuelle, peut aboutir au surmenage. La dépendance comportementale = stimulations générées par les habitudes ou l’environnement, facteur de rechute.

L’addiction génère une souffrance, l’existence est tournée vers la recherche des effets produits par un acte banal (jouer, manger, faire l’amour, surfer sur un ordinateur, acheter, travailler, faire du sport), sous peine d’éprouver un intense mal-être psychologique et/ou physique. L’addict cherche à gérer son émotion avec le comportement addictif pour éviter ou reproduire une émotion, souvent les deux. Si l’émotion est positive (joie, espoir, extase orgasmique), l’addict cherche à la reproduire encore et encore. Si l’émotion est désagréable ( honte, tristesse), il utilise le comportement pour anesthésier la douleur ressentie, pour la fuir, pour détourner son attention de ce ressenti et tenter de remplacer cette émotion négative par une autre plus agréable. Le plaisir implique le système dopaminergique mésolimbique du cerveau, dit de la récompense.
Le cerveau réclame de l’émotion (du plaisir) mais aussi de la tranquillité en prenant une dose ( nourriture, boisson, drogue, comportement) et recommence d’abord pour se sentir bien, la dépendance survient quand il s’agit de ne pas se sentir mal : pour pouvoir dormir, travailler, parler aux autres, calmer ses nerfs et même sa pensée (devenu impossible sans le comportement addictif), l’addiction l’aide à survivre.
Les addictions aux substances comprennent la dépendance : au tabac, aux drogues, à l’alcool, aux médicaments, à la nourriture
Les addictions comportementales regroupent : la cyberdépendance, l’hyperactivité sexuelle ou la dépendance affective, le jeu pathologique (casinos, jeux, pari), le workaholism, le sport extrême ou intensif (risque de surentraînement = bigorexie, néologisme anglais big (gros) associé à orexis = envie ou appétit avec dégradation de la vie professionnelle ou sociale, qui touche surtout les coureurs, maladie reconnue par l’OMS avec risque d’anorexie),, les troubles des conduites alimentaires (anorexie, boulimie, hyperphagie compulsive) la dépendance aux achats (les achats compulsifs), mais aussi des dépendances mineures au café, au chocolat, au téléphone portable et plus récemment à la chirurgie esthétique, voire la procrastination excessive. La dépendance affective est aussi une addiction sans substances, on placer l’autre comme source de sa dépendance (perte d’objectivité, renonciation de soi pour un investissement exclusif vis à vis de l’objet de dépendance).
Mais qu’on ne s’y trompe pas, les addictions comportementales sont tout aussi dangereuses que les dépendances avec produits. On constate ainsi l’inquiétante augmentation ces dernières décennies de la mortalité des jeunes femmes anorexiques ou des quinquagénaires boulimiques dans les pays industrialisés.
Les données issues d’études familiales, de jumeaux ou encore d’adoption montrent une héritabilité significative de l’ensemble des addictions, variant de 30 % à 60 % selon les travaux (estimée à 55 % pour l’alcoolo-dépendance).
Conséquences de la dépendance : Toxicomanie = Cancer, troubles vasculaires cérébraux, overdose, Alcoolisme = Cancer, maladies graves du foie, troubles vasculaires cérébraux, Dépendance sexuelle = MST lors de rapports sexuels non protégés, Tabagisme = Cancer, Maladies cardio-vasculaires, Dépendance à la nourriture = Maladies cardio-vasculaires, obésité.
Quelle que soit l’addiction, le mécanisme qui mène un usager occasionnel à la dépendance reste le même. Tout commence par l’usage. L’usage simple, curieux ou convivial, et sans aucune nocivité, il découvre de nouvelles émotions... c’est sympa, ça détend, ça fait penser à autre chose. Le plus souvent on s’en tient là, sans escalade. Ainsi les premières palpitations d’un joueur en herbe sont intenses, le doute, le hasard, la chance vont l’exciter. S’il gagne, il recommence pour gagner encore et s’il perd, il rejoue pour se refaire. Le cerveau a enregistré les conséquences (perçues comme utiles et positives par l’addict) de son comportement addictif (peur de l’ennui ou de la solitude estompée avec quelques heures au casino, humeur sombre ou mélancolique améliorée au contact d’un écran de jeu vidéo ou la connexion avec la planète entière. L’addict se sent plus à l’aise après son comportement addictif. L’abus modifie l’état de l’individu. Ainsi le joueur pathologique mentira pour trouver de l’argent, il deviendra colérique, agressif, susceptible voire violent. A l’arrêt du comportement, l’addict ne ressent pas de manque insupportable une sensation de vivre moins intensément ou moins facilement. Toujours progressive, dans les addictions comportementales, la dépendance s’installe dès que l’on ne peut plus se passer de l’addiction. Surviennent alors l’état de manque et les syndromes de sevrage. La privation d’une conduite addictive entraîne chez l’addict une sensation de malaise, d’irritabilité, d’angoisse, allant parfois même jusqu’à la dépression : c’est la dépendance psychique. L’addict peut ressentir des douleurs physiques parfois intenses, avec maux de ventres, s céphalées (syndrome de manque dans l’alcoolisme et tabagisme par exemple).
Généralement une personne dépendante en a conscience. Si l’on tente de lui expliquer les points négatifs : problèmes de santé, problèmes sociaux, comme les amis qui s’éloignent, on peut perdre son travail, on se ruine avec les jeux et l’on met en péril notre foyer. Toutefois, cela ne suffira peut-être pas, la preuve : même si l’on dit à un gros fumeur qu’il risque de développer un cancer, il continue souvent de fumer, car devenu trop dépendant.
NB : Un sevrage entraînera quelques effets secondaires qu’il faut savoir accepter, le temps que tout rentre dans l’ordre : angoisse, anxiété, troubles du sommeil, perte d’appétit...

Dans les addictions comportementales donc sans produits psychoactifs : on note
- parenté entre les divers troubles, avec répétition d’une conduite présumée prévisible et maîtrisable, opposée à l’incertitude des rapports de désir, ou existentiels, interhumains ;
- importance des recoupements entre les diverses addictions : fréquence de : dépendance sexuelle, cyberdépendance, troubles des conduites alimentaires, chez les joueurs pathologiques ;
- fréquence de passages d’une addiction à une autre : un addict comportemental peut par exemple devenir joueur, puis acheteur compulsif, puis dépendant sexuel, puis cyberdépendant etc.…
- parenté des thérapies : groupes d’entraide, de type Alcooliques Anonymes, qui appliquent des principes identiques de rétablissement aux dépendants affectifs et sexuels, aux joueurs pathologiques, etc… principes acceptés par tous les membres de ces associations appelées aussi fraternités..
La spécificité du discours sur la toxicomanie ne doit pas se se dissoudre dans la large notion d’addiction ; avec une toxicomanie banalisée comme simple habitude gênante ou socialement incorrecte : on ne peut comparer le junky au goût immodéré pour le chocolat ou trop regarder la télévision, qui ne nécessitent pas de prise en charge.
Donc nécessité de définitions claires, et de faire la part entre la réalité de l’aliénation et la métaphore, la comparaison entre des habitudes gênantes, et la forme indiscutable des addictions = dépendance au-delà de l’abus avec perte de la liberté de s’abstenir mais surtout le fait que cette dépendance soit devenue le centre - à la fois but et moyen - de toute l’existence psychique, physique et sociale du sujet.
Traitements

Le traitement vise l’abstinence pour le dépendant à l’alcool. En ce qui concerne les drogues illicites, le traitement vise aussi à l’abstinence jusqu’aux années 1980 puis les traitements de substitution par la méthadone prennent le pas et approche sanitaire par la distribution de seringues, voire de la distribution contrôlée d’héroïne dans certains pays (Suisse, Angleterre, Canada) avec mise à disposition de locaux d’injection encadrés par du personnel paramédical. Pour certains dont Claude Olievenstein, cette « toxicomanie légale » remplace une aliénation par une autre.
Aux États-Unis, au Canada mais aussi en Espagne et au Brésil, on utilise les techniques des alcooliques anonymes explicitant que la dépendance est une maladie physique, mentale et spirituelle, avec un programme de traitement multidisciplinaire, la spiritualité et la dignité retrouvée = psychothérapie cognitivo-comportementale.
Bien que le terme addiction soit souvent utilisé comme synonyme de dépendance, il existe une nuance entre ces 2 concepts. Le concept de dépendance fait intervenir 2 notions : la dépendance physique (tolérance et sevrage, critères 1 et 2 du DSM-IV) et la dépendance psychique ou comportementale (critères 3 à 7). La tendance consiste à utiliser le terme d’addiction pour ne désigner que le volet comportemental du phénomène de dépendance.
Ceci permet, par exemple, de distinguer les problématiques lors de traitements médicamenteux prolongés par des médicaments addictogènes. Les patients douloureux chroniques, traités par analgésiques opioïdes au long cours, développent des critères de dépendance physique (tolérance et, en cas d’arrêt brutal, un sevrage) considérées comme normales ( manifestation physiologique normale). Les manifestations de dépendance psychique/comportementale ( addiction) sont indésirables et l’objectif est de les éviter.

http://www.prevenir-ou-guerir.org/addictions/portrait.htm
https://psychotherapie.ooreka.fr/comprendre/addiction

L’addiction au sexe ne figure pas au DSM 5 de l’association américaine de psychologie, en l’absence de preuves de modifications du cerveau contrairement aux drogues ou à l’alcool, de plus la notion d’addiction présuppose une normalité qui en fait n’existe pas, l’utilisation du sexe ou de la pornographie comme mécanisme compensatoire n’est pas en soi nocive. Ce mécanisme semble activer le système de récompense cérébral, au même titre que l’addiction à Internet ou au téléphone portable, une étude psychologiquen’a pas retrouvé les symptômes de l’addiction. Toute la publicité liée à cette entité d’addiction au sexe est due à des raisons religieuses ou culturelles mais non scientifiques et au fait que l’on a essayé de traiter médicalement y compris sur injonction juridique, beaucoup de professionnels de la santé y croient. Comme dans toute dépendance, on continue le comportement malgré les conséquences significatives, dont l’incapacité d’acte sexuel satisfaisant sans regarder du porno ‘déficience érectile liée à la pornographie’.
Avant de parler d’addiction il faut essayer de changer le comportement de façon plus compatible avec la vie en communauté, ce n’est pas parceque le comportement sexuel devient difficilement contrôlable que cela signifie une addiction ou un problème psychiatrique. En fait le problème est lié à ce que l’on considère comme une sexualité saine et malsaine, cela dépend donc profondément de la personnalité, mais également des conséquences sur autrui, on peut partir du principe que si ce comportement sexuel a des conséquences négatives (autres que des considérations psychologiques tels de la gêne ou une mauvaise opinion) sur autrui cela devient une addiction, car les conséquences négatives prédominantes devraient normalement faire arrêter ce comportement. Le comportement sexuel non consensuel sort du cadre de la discussion, car on viole des lois fondamentales et la notion d’addiction devient obsolète, car elle n’est pas un motif pour ne pas sanctionner, amis nécessite néanmoins le recours à un professionnel des crimes sexuels
http://time.com/5016058/sex-addiction/?xid=homepage



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