» Médecine du sport lumbago et sport

lumbago et sport


Le lumbago se distingue de la sciatique par l’absence d’irradiation de la douleur dans S1 et S2, avec attitude antalgique. Le disque intervertébral amortit et répartit les pressions, avec au centre, un noyau gélatineux, (nucléus), en périphérie, de nombreux anneaux fibreux en bulbe d’oignon = annulus. Lorsqu’on se penche en avant, la portion antérieure du disque est comprimée, la gélatine fuse en arrière et égalise les pressions et met sous tension les anneaux postérieurs, qui peuvent se déchirer, la gélatine peut sortir du disque = hernie discale, si celle-ci touche le nerf = sciatique. Souvent, seuls les anneaux profonds sont rompus, la gélatine gagne la périphérie du disque richement innervée = lumbago, les lumbagos peuvent être dus à : subluxations / entorses des articulaires postérieures ou des entorses des ligaments entre les vertèbres. La position antalgique surmène les étages vertébraux voisins et les muscles du maintien de la colonne.Le traitement antalgique est nécessaire pour limiter les compensations rapidement nuisibles, le paracétamol est un bon compromis, permettant de garder une information pertinente concernant les gestes à éviter mais aide à lutter contre les limitations et les postures inadaptées. Les anti-inflammatoires réduisent le gonflement autour des anneaux déchirés, les décontracturants atténuent la souffrance dans les muscles surmenés avec diminution de la position antalgique. La chaleur est efficace.
En 1995, un article du New England Journal of Medecine, montre chez 168 patients finlandais répartis en 3 groupes homogènes : 1 avec repos au lit pendant 2 à 3 j, 1 avec vie normale mais la douleur doit rester supportable 1 avec des flexions/extensions de la colonne et des inclinaisons sur le côté. Le second groupe récupère plus rapidement, le premier le plus lentement. Une méta-analyse de 2000 sur 39 études (rachis et activité physique), confirme l’étude finlandaise, bougez autant que possible accélère la récupération. Le travail de contraction des muscles de la colonne est sans intérêt pour les lombalgies aiguës.
On peut proposer le vélo en particulier d’appartement, qui nécessite une légère flexion en avant qui ressemble à la position antalgique. Dès que l’on récupére un peu de souplesse, abaissez-le et penchez-vous un peu en avant. SI on ressent du mieux, varier les positions (se redresser et retrouver la cambrure du bas du dos, quitter l’appui des bras, conserver celui du bassin. Sur un vrai vélo, le maintien de l’équilibre sans tenir le guidon est un bon exercice de coordination lombaire, puis libérer le bassin, se mettre en danseuse. Commencer en conservant le buste à la verticale du cadre. Puis faire un peu de jogging
En nageant, horizontalité et apesanteur soulagent la colonne, débuter avec 1 pull boy et tirer fort avec les bras, le buste est gainé en position neutre. Sur le dos et sur le ventre, renouer avec le battement des jambes. Votre bassin bouge en douceur. Quelques jours plus tard, tentez une belle brasse bien ondulée. Votre colonne se mobilise doucement en flexion et en extension. Le mouvement s’effectue sur de faibles amplitudes et sans compression, favorable à la mécanisation de la cicatrice discale. Essayer l’aquajogging, avec 2 frites de polystyrène sous les aisselles et courez dans l’eau. À la limite de la douleur, effectuez quelques variations d’allures. Comme le cycliste lombalgique se redresse peu à peu et lâche les mains pour renouer avec la bipédie, le nageur doit peu à peu évoluer et gagner la terre ferme ! À la séance suivante, optez pour la première étape, rejoignez le petit bain ! Sautillez dans l’eau, d’abord sur 2 pieds puis sur 1 seul. Reprenez les déplacements latéraux, inclinez votre colonne. Au cours de cette même période, 5 à 10 jours après votre faux mouvement, vous marchez activement pour vous rendre à la piscine. Sur le parcours, intégrez de plus en plus de trottinement. Comme convenu, à l’issue de 2 à 3 semaines d’un lumbago banal, vous avez retrouvé votre niveau sportif.
https://santesportmag.wordpress.com/2012/02/20/lumbago-continuez-a-bouger/
Les sports conseillés contre le mal de dos
La natation : le corps est porté par l’eau, permet de muscler le dos, de soulager les douleurs, des lombaires, évitez la brasse et privilégiez le crawl et le dos crawlé, de part leur action de gainage musculaire et d’étirement naturel. L’aquagym est conseillée.
La marche permet de travailler le dos en douceur si on augmente le nombre de pas plutôt que la longueur des enjambées, pour limiter la torsion de la colonne. La randonnée est une bonne solution, mais sac léger
Le vélo recommandé du fait de la position d’étirement du dos, éviter les descentes en chemin en VTT du fait des secousses, on peut proposer le vélo elliptique. On peut utiliser un vélo elliptique, qui combine les bienfaits du vélo et de la course à pied, mais sans choc
La danse favorise un renforcement et une souplesse du dos.

Contrairement aux idées reçues, une activité physique pratiquée à dose modérée n’augmente pas le risque d’aggravation ou de récidive de la lombalgie (douleur ou gêne fonctionnelle du bas du dos +/- irradiations aux membres inférieurs), forme aiguë les 6 premières semaines, subaiguë entre 6 et 12 semaines, chronique au delà. Les lombalgies spécifiques sont liées à : infection, tumeur, fracture, spondylarthrite ou autre forme de rhumatisme. Le traitement suffit souvent à guérir la douleur. Les lombalgies non spécifiques (ou communes) sont idiopathiques (sans cause identifiable) et représentent 85 à 90% des cas. Environ 70 à 85% des adultes souffrent au moins une fois d’un épisode de lombalgie.
Lombalgie aiguë et chronique : le passage à la forme chronique semble lié surtout à des facteurs cognitifs et comportementaux dont la peur liée à la douleur qui aboutit à un déconditionnement du patient qui perpétue le cercle vicieux de la lombalgie chronique. Cette peur de la douleur est liée à : rôle majeur du psychisme, information par le médecin et l’entourage du malade, expériences douloureuses antérieures. Elle génère l’évitement des activités supposées augmenter la douleur, surtout l’activité physique, aboutissant au déconditionnement (avec ses répercussions psychologiques et sociaux), la dépression et l’incapacité. Or l’exercice et le sport jouent un rôle important dans la prévention et la prise en charge de la lombalgie. Dans la lombalgie aiguë, on recommande de maintenir une activité physique quotidienne aussi normale que possible, alors que l’exercice est efficace dans la lombalgie subaiguë ou chronique. Le sport favorise l’adhésion au traitement à long terme plus que le simple exercice physique, car plus motivant que les programmes imposés d’exercices. On déconseille les sports avec charges importantes à soulever (haltérophilie, lutte, judo, musculation lourde), avec changements brusques de direction (gymnastique, football, certaines disciplines de l’athlétisme). Le sport à effectuer par un lombalgique tient compte de ses préférences (priorité à la notion de plaisir).
Une revue générale de la littérature montre dans la prévention de la lombalgie, un niveau de preuve élevé pour l’exercice en prévention primaire (prévention des nouveaux cas) et secondaire (diminution de la prévalence et prévention de la chronicité). L’exercice semble être la seule modalité préventive d’efficacité démontrée et diminue l’incapacité et la douleur et améliore la condition physique et le statut professionnel des lombalgiques subaigus, récurrents ou chroniques. On insiste sur l’importance de maintenir un quotidien aussi actif que possible, les activités sportives à privilégier sont celles qui favorisent l’adhésion à long terme en procurant du plaisir.

Adapté de « Lombalgies non spécifiques : faut-il recommander l’exercice et les activités sportives ? », Dr Yves Henchoz, Service de rhumatologie et de médecine du sport, Département de l’appareil locomoteur, CHUV, in Revue médicale suisse 2011 ; 7 : 612-6, en collaboration avec les auteurs.
https://www.planetesante.ch/Magazine/Sante-au-quotidien/Mal-de-dos/L-activite-sportive-pour-prevenir-et-traiter-la-lombalgie



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.