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Accidents électriques


L'électrisation (ensemble des accidents d'origine électrique) peut s'accompagner de lésions locorégionales, parfois très graves, et d'électrocution (mort par électrisation). Par courant continu (rare, batterie de voiture, éclair) et alternatif . Selon la loi d’Ohm V=IR, l’intensité du courant est inversement proportionnel à la résistance, si peau humide risque d’électrocution supérieur que si peau sèche qui offre plus de résistance. On considère un voltage > 1000 Volts comme faible, en monophasé ou triphasé en Europe cela ne donne pas de lésion visible corporelle, le risque est cardiaque par fibrillation ventriculaire. En haut Voltage le risque peut être y compris à faible distance (quelques mètres) du fait d’un arc électrique avec carbonisation du point d’entrée et des dommages organiques par dépôt d’énergie (lésions en fougère cutanées lors d’éclairs par décoloration des vaisseaux cutanés, le choc de l’éclair peut projeter la victime à plusieurs mètres)
Dans une maisonnée, débrancher le corps de la source électrique (par ex sèche-cheveux), enlever tout corps étranger en contact avec une prise électrique, faire évaluer tout objet électrique proche du corps par un électricien, à la recherche d’un mauvais cablage ou court-circuit
Inspecter tout le corps d’abord habillé et puis en détail du scalp, sous les bras, bout des doigts et orteils à la recherche de minuscules lésions.

Electrocution ; rarement consécutive à une apnée par tétanisation des muscles respiratoires, ou action du courant passant par les centres respiratoires, souvent par fibrillation ventriculaire (traversée du cœur par le courant électrique). Autopsie souvent blanche ou avec signes d'asphyxie non spécifiques (rares infarctus myocardiques par électrisation). Les marques électriques sur les téguments permettent de porter le diagnostic de mort par électrocution.
Le courant alternatif est plus dangereux que le courant continu à cause du risque d’arythmie (alors qu’un courant continu de haut ampérage est utilisé dans les cardioversions lors de défibrillation) et de la tétanisation qui empêche de lâcher le conducteur ce qui aggrave les lésions. Avec du courant alternatif, seuil à 30 mA (seuil de douleur avec spasmes musculaires), à 40 mA risque de perte de conscience, à 50-80 mA risque létal.
La principale barrière au courant est la peau dont la résistance est élevée en particulier dans les zones cornées sèches (1 à 2000000 Ohms), alors que sur peau humide cela chute à 500 Ohms.
Le spasme musculaire entre 10 et 40 mA à 50 Hz touche surtout les muscles fléchisseurs avec donc un spasme de serrement des objets en l’occurrence du conducteur électrique.
Les marques électriques sont des brûlures secondaires à l'échauffement des tissus par effet joule et par une métallisation due en partie à la libération électrolytique très précoce des ions métallique de l'électrode (ou par effet d'arc).
Brûlures étendues en cas d'électrisation par des courants à haute tension (brûlure externe, cutanée, interne). La brûlure externe est une zone carbonisée centrale, avec zone grise, liséré rouge vif. Elle peut se réduire à des points d'entrée et de sortie (zone déprimée centrale, grise, sèche, entourée d'un léger bourrelet, en effet la chaleur générée par le courant aboutit à la formation de vapeur d’eau qui décolle la peau avec formation d’une bulle, qui s’effondre au refroidissement), elle peut prendre la forme du conducteur.
En cas de décharge électrique (éclair), les températures en jeu sont très élevées (jusqu’à 4000° C), ceci fond instantanément la kératine qui forme un petit nodule brun induré. Si le courant passe longtemps, le mort étant resté en place sur le conducteur (faible voltage car le fort voltage jette les victimes à terre), les lésions de brûlures peuvent être très importantes et sont similaires à celles prémortem (hormis la rougeur). Possibilité de métallisation (sels métalliques dans la peau), surtout si haut voltage avec peau brune ou grise, ou couleur verte si conducteur à base de cuivre ou laiton. L'étendue de la brûlure interne est souvent insoupçonnable à l'inspection.
Histologie : ne se distinguent pas d’autres brûlures. La peau présente une vacuolisation épidermique, voire du derme (vapeur d’eau) avec éosinophilie tissulaire, voire une bulle.
La limitation abrupte en périphérie est classique et évocatrice. Les brûlures électriques peuvent aussi manquer complètement, notamment lorsque la surface de contact entre l'électrode et la peau est large et lorsqu'il existe une forte humidité tégumentaire.
La métallisation au point de contact de l'électrode peut manquer si interposition d'un vêtement ou autre), mais est un argument de forte présomption d'origine électrique de la brûlure. La méthode de Perls permet de détecter les métallisations par le fer (de loin les plus fréquentes). Les méthodes de micro-analyse X, très fiables et ne nécessitant pas la connaissance préalable du métal à rechercher, sont adaptées à cette investigation.



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