» Médecine légale blessures par armes à feu

blessures par armes à feu


Les blessures par arme a feu : forment des plaies contuses, avec orifice d’entrée, trajet, orifice de sortie.
L’orifice d’entrée présente de façon constante quelle que la distance de tir une forme circulaire (tir perpendiculaire), ovale ou en boutonnière (tir tangentiel ou oblique) de diamètre légèrement < au projectile. Une collerette érosive qui est une abrasion épidermique, circulaire (tir perpendiculaire), en croissant ou allongé (tir oblique). Une collerette d’essuyage qui est un liseré noir par dépôts de particules de poudre sur la collerette érosive (sauf si superposition des vêtements…).
Les caractères secondaires : à bout touchantla force d’expansion des gaz provoque une plaie contuse à l’orifice irrégulier, déchiqueté, étoilé surtout une cavité anfractueuse (en particulier au dessus d’une surface dure osseuse, car les gaz sont réfléchis par l’os ce qui soulève la peau en dôme contre le canon de l’arme avec marque du canon bien visible(donc marque ronde)). Dans les zones de peau libre (abdomen, thorax) plaie circulaire à bords noircis, mais ceci peut se voir aussi sur la tête. Quasi-touchant (qq cms), plaie circulaire à bords noircis plus grande que si bout touchant.
A bout portant : il se forme autour de l’orifice une tache noire (dépôt pulvérulent de produit de combustion) et un tatouage ( produit de combustion de grains de poudre non brûlés ou partiellement brûlés). Dans les 2 cas on note une brûlure de la peau et des poils / cheveux. NB:les tissus dans / autour de la blessure peuvent être rose cerise du fait du monoxyde de carbone
Au delà de 2 m il n’y a ni brûlure, ni tatouage, ni tache noire.
fusil à percussion centrale : destruction tissulaire massive si plaie de contact, les balles gainées à double chemise se déforment moins et font moins dedommages, les munitions semi-blindées produisent l’aspect classique de tempête de neige en radiologie du fait du fractionnement de la chemise lors du trajet en multiples fragments. Les fusils de chasse contiennent de nombreux plombs, à faible distance, la plaie d’entrée reste simple, ronde, à environ 1 mètre, la munition forme un cône, avec un orifice d’entrée plus grand entouré de multiples petits orifices liés aux plombs, à plus forte distance, le trou central diminue mais la collerette de petits trous s’agrandit
Le trajet est suivi chez le blessé, lors de l’intervention chirurgicale par l’exploration, chez le cadavre, plan par plan lors de l’autopsie. Le trajet s’accompagne d’ecchymose et d’autant d’orifices d’entrée et de sortie que d’organes traversés, il n’est pas toujours rectiligne et dépend des obstacles que le projectile rencontre ainsi que de la mobilité des organes. Ainsi est-il rectiligne dans un organe plein (foie, rate, rein), et sinueux dans un organe mobile (poumon, cœur).
L’orifice de sortie : inconstant, sans collerette d’essuyage, ni tatouage, ni estompage, volontiers contus, parfois à bords nets, de plus grande taille que l’orifice d’entrée, parfois aberrante en cas de rebondissement (dans la boîte crânienne ou sur un os), de forme + irrégulière que l’orifice d’entrée. Si peau au contact d’un objet à la sortie de la balle, on observe une abrasion irrégulière à ne pas confondre avec celle de la porte d’entrée.
Aspect très variable selon la topographie la présence on non d’os, les contours sont irréguliers, lacérés avec éversion de la peau
Un projectile à faible énergie cinétique (éclat, projectile en fin de course ou de faible calibre) entraîne des lésions des tissus mous, avec trajet sinueux vers les zones de moindre résistance (ce qui peut rendre difficile la reconstitution de son trajet).
Un projectile à forte énergie cinétique provoque non seulement de lésions des tissus mous, mais aussi de fractures des os / cartilages parfois complexes et de lésions viscérales sévères.
D’autres facteurs, comme la stabilité en vol, l’angle de pénétration dans la peau, le type de projectile utilisé, peuvent modifier les lésions rencontrées : certains projectiles, principalement utilisés pour la chasse, changent de forme lors de l’impact, créant ainsi des lésions coniques avec large orifice de sortie.
De toute façon, le passage d’un projectile crée une cavité permanente d’un diamètre trois à quatre fois supérieur au diamètre du projectile, fonction de l’énergie dissipée lors de son passage. À cette cavité permanente, s’ajoute une « cavité temporaire », pendant 5 à 10 millisecondes (ms), qui peut atteindre jusqu’à 30 fois le diamètre du projectile, entraînant des lésions à distance du trajet même du projectile, sur une distance d’autant plus grande que la vitesse de ce dernier est plus élevée.
Dans les os plats (crâne), l’orifice d’entrée est rond bien limité la table interne est plus érodée que la table externe (aspect en cône) dans la direction de la balle dans laquelle on retrouve des fragments d’os, l’orifice de sortie est + irrégulier avec table externe + érodée que la table interne en forme de cône vers le dehors, dans le crâne les balles peuvent produire de multiples fractures par augmentation de pression lors du passage de la balle.
On distingue plusieurs catégories d’armes suivant leurs caractéristiques propres et leurs utilisations :
Les armes longues (Fusils et Carabines) : avec crosse leur permettant d’être épaulées.
Les armes courtes (Pistolets mitrailleurs) : crosse généralement amovible ou repliable.
Les armes de poing (Revolvers et Pistolets) : utilisés d’une seule main.
On classe, en outre ces armes suivant leur type de canon, celles à âme prévus pour le tir à balles (Pistolets mitrailleurs, Revolvers et Pistolets et certaines armes longues), celles à âme lisse pour le tir à cartouches chargées de plombs (Fusils et Carabines de chasse )
Une cartouche moderne est constituée de différents éléments : la balle : blindée (noyau enveloppé d’une chemise de métal), semi-blindée (expansive car se désintègrent lors de l’impact), les balles pour armes lisses (balles Brennecke ou de type Blondeau), balles en Caoutchouc ( Fusils anti-émeutes ), plombs de chasses allant du n°12 pour les plus petits au n°000 pour les plus gros (Chevrotines)
La Poudre Noire (ancienne) contient du salpêtre, soufre, charbon, dont la combustion dégage beaucoup de fumée, la poudre pyroxylée (sans fumée) avec de très fortes vitesses initiales.
Les amorces qui déclenchent la mise à feu de la poudre, en fulminate et chlorate ou au Triresorcinate de plomb. La bourre (cartouches de chasse, en liège ou en plastique).
Les douilles : en Cuivre, Laiton, Nickel ou Acier. Le culot comporte un bourrelet ( Revolvers) ou une gorge (Pistolets). Pour les âmes lisses : les douilles de cartouches de chasse comportent un culot métallique de hauteur variable et un corps en carton ou en plastique.
Lors d’agression par coup feu, on recherche les projectiles, soit dans le cadavre (Médecin Légiste), soit sur le lieu du crime (Police Scientifique) en notant précisément les endroits où ont été trouvés les projectile et les douilles, ainsi que l’éventuelle bourre que la déflagration de la poudre projette à une distance variable, qui sera recherchée sur le sol. Sur les lieux on peut découvrir une arme ayant servi au crime ou disposée à dessein de faire croire à un suicide ou enfin, effectivement utilisée par la victime. Il faut se saisir de l’arme après avoir noté son emplacement, sa disposition et mise sous sellée aux fins d’expertise.
Le médecin légiste sur place note la position du cadavre, la position de l’arme éventuelle avec examen succinct des orifices avec un minimum de manipulation. Le cadavre est enlevé dans un sac plastique pour éviter qu’une balle glissée dans les vêtements puisse s’échapper au moment du transport, on place les mains du sujet à l’intérieur de sacs en papier et non en plastique car la condensation pourrait diluer les traces de poudre sur les mains (concentration significative : Antimoine > 35 Ng ; Baryum > 150 Ng ; Plomb > 800 Ng ).
Au Service de Médecine Légale et lors de l’autopsie, une radiographie du corps avant l’acte paraît souhaitable (difficile à obtenir). Prélèvements des mains de l’individu (écouvillons imprégné d’acide nitrique à 5% ou par ruban adhésif pour rechercher les résidus de tir selon différentes techniques : absorption atomique, microscope électronique à balayage, activation neutronique). Puis prise d’empreinte digitales voire de paume de mains.
Le corps est examiné habillé afin de vérifier si les pertes de substances des habits correspondent aux blessures, et pour rechercher des résidus de poudre et de suie. Le déshabillage du corps doit être minutieux (ne pas laver le corps avant l’autopsie car recherche minutieuse de grains de poudre ou de suie). Durant, ces temps des photographies de blessures non nettoyées sont prises ( au moins deux vues de chaque blessure )
Examen minutieux du corps notamment pour déterminer l’orifice d’entrée et de sortie, compter les orifices, les décrire et les positionner sur le corps. En essayant de les numéroter avant de prendre les indispensables photographies. La situation des orifices doit être faite par une mensuration par rapport à des repères anatomique du corps (plante de pieds ou partie < pubis). Prélèvements des orifices pour différencier un orifice d’entrée d’un orifice de sortie (en recherchant le tatouage et débris). Prélever les projectiles avec soin (éventuelle analyse balistique comparative, bourre si blessure par cartouche de fusil de chasse et un échantillon représentatif de plomb). Les orifices sont examinés à la loupe binoculaire + prélèvements sur les orifices (comme pour les mains). Autopsie proprement dite à la recherche de lésions internes (Etude du trajet, on évite de sonder une blessure par arme à feu pour ne pas créer de faux trajet de blessure, ni déformer la blessure, ni déplacer le projectile). Prélèvement sanguin à la recherche de groupage sanguin et éventuel recherche toxicologique qui peuvent être nécessaire dans les cas de blessures par coup de feu.
Un rapport détaillé est transmis à l’autorité requérante.
La police scientifique examine les vêtements à la loupe binoculaire pour vérifier l’orifice, les fibres du tissu et leur inclinaison et recherche la présence ou l’absence de grain de poudre. Examen par caméra télévisée en lumière I.R + U.V ou Filtres colorés : pour la précision de la distribution des grains de poudre et l’aspect de l’orifice. De même, utilisée lors de tir comparatif.
Approche Médico-Légale correcte des décès par un Traumatisme Balistique :
Sur les lieux, on évite de toucher le corps (gants obligatoires) afin d’éviter de faire disparaître des indices potentiels sur les vêtements ou sur le corps du défunt. On n’ouvre pas les mains de la victime, ni prise d’empreinte digitale pour permettre les examens ultérieurs des mains à la recherche de résidus de tir (on met des sacs en papier autour des mains). Le corps est enveloppé dans un drap ou placé dans un linceul propre (prévenir la perte d’indices apparents qui existent sur le corps et éviter des traces contaminantes provenant du véhicule utilisé pour le transport du corps jusqu’à la morgue ou le Service de médecine légale).. Prise de clichés des lieux, de repérage, de la victime avec des gros plans.
Le blessé par balle. A l’Hôpital un certain nombre de démarches médico-chirurgicales peuvent avoir été tentées, d’où nécessité de disposer des comptes rendus médicaux détaillés de l’admission jusqu’au décès. Les sites d’injections sont entourés d’un trait à l’encre par l’équipe médicale hospitalière pour indiquer qu’il d’agit d’une lésion d’origine thérapeutique et qu’ils ne sont pas antérieurs à l’hospitalisation. Les thoracotomies, laparotomies, incisions chirurgicales sont repérées ou décrites dans le rapport médical. La balle récupérée lors de l’acte opératoire doit être prise sans l’aide d’instruments de chirurgie afin d’éviter d’ajouter des artéfacts aux comparaisons balistique.
Si la mort se produit en quelques heures après admission à l’Hôpital. Des sacs en papier sont placés sur les mains. Le corps et la totalité des habits portés par la victime devront être transférés vers les locaux de la Médecine Légale avec tous les rapports médicaux détaillés des examens et des actes pratiqués. Tout le sang prélevé lors de l’admission à l’hôpital devra être récupéré pour éventuelles recherches toxicologiques et groupage sanguin.

http://www.pathologyoutlines.com/topic/forensicsgunshotwounds.html



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.