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Risques spécifiques et prévention liés au bruit


Risques spécifiques et prévention liés au bruit : En 2005, les surdités professionnelles arrivent en quatrième position derrière les TMS, l’amiante et hernies discales. De nombreuses activités professionnelles sont responsables d’atteintes auditives (travaux sur métaux par abrasion, percussion ou projection, câblage, toronnage, bobinage des fils d’acier, marteaux pneumatiques, manutention de récipients métalliques, des travaux de verrerie / sur métiers à tisser ou moteur, emploi de munitions ou explosifs. Nombreuses situations mentionnées dans les tableaux 42 du régime général et 46 du régime agricole sans tenir compte de celles non listées mais avec niveaux sonores > 85 dB(A). Les atteintes sont l’une des principales sources d’indemnisation de MP.
Les bruits nocifs se cumulent à d’autres nuisances. Les salariés qui y sont soumis pratiquent
plus souvent la anutention manuelle de charges, travaillent avec des machines / outils vibrants, conduisent des machines mobiles sur le lieu de travail avec nuisances thermiques : la quasi-totalité a des contraintes posturales et articulaires. Les ¾ sont exposés à un ou plusieurs produits chimiques dont certains sont ototoxique et ils ont des conditions de travail plus contraignantes (travail en équipe ou de nuit, rythmes de travail contraignants…).
Le nombre de surdités professionnelles est passé de 838 pour les salariés du régime général en 1995 à 515 en 2001 puis à 1 197 en 2005 (révision du tableau 42 en 2003 qui fait entrer dans son champ de nouveaux secteurs d’activité, dont l’agro-alimentaire.
Suite à la directive européenne sur le bruit (2003/10/CE de février 2006), la nouvelle
réglementation a abaissé les seuils : le seuil d’exposition au bruit (inférieur) déclenchant les premières mesures de prévention par l’employeur est ramené de 85 à 80 dB (seuil d’alerte) ;
- le deuxième seuil d’exposition au bruit (supérieur) déclenchant des mesures correctives par l’employeur est ramené de 90 à 85 dB (seuil de danger). De plus VLE = bruit maximum acceptable en tenant compte des protections auditives individuelles (exposition limitée à 87 dB). Sur le principe, il suffit de retrancher l’atténuation du PICB à l’exposition mesurée pour obtenir la valeur recherchée. Mais l’atténuation des PICB, établie en laboratoire, est toujours > (30 dB) à la réalité dans des proportions parfois très importantes : parfois seulement 5 dB (PICB mal utilisé). Donc 2 effets pervers de la VLE : elle occulte les seuils d’action, essentiels à la prévention et elle met en avant le rôle des PICB dont les performances réelles sont mal connues dans la réalité du travail.

L’exposition chronique à des bruits intenses est à l’origine d’une surdité de perception.
L’évolution des signes subjectifs et de l’audiogramme se fait en 4 stades depuis la fatigue auditive jusqu’à la surdité irréversible. La réglementation actuelle prévoit des valeurs limites d’exposition professionnelle au bruit en milieu professionnel. La prévention repose sur des mesures techniques de réduction des émissions sonores. La surdité professionnelle est prise en charge en maladie professionnelle.
L’exposition chronique à des bruits intenses provoque une surdité de perception (oreille interne), bilatérale et habituellement symétrique , débutant et prédominant sur les fréquences aiguës (4000 Hz).
L’exposition professionnelle s’ajoute aux bruits extra-professionnels (bricolage, baladeurs,
concerts, activité de tir…). L’exposition aiguë à des bruits intenses peut être responsable d’une lésion tympanique par
effet de blast.
La nocivité du bruit est liée à la durée d’exposition (relation dose effet), la fréquence (sons aigus plus nocifs), l’intensité, le rythme (bruits impulsionnels, intermittents) mais aussi avec l’environnement de travail.Susceptibilité individuelle liée à l’âge et aux antécédents otologiques.
Le seuil admis de nocivité est de 80 dB sur une durée de 8 H/J.
Interrogatoire médical et professionnel pour évaluer le type d’exposition. Examen clinique avec otoscopie, test de Weber et Rinne pour préciser le type de surdité. Puis audiométrie tonale et vocale (évaluation du handicap social), voire impédancemétrie et potentiels évoqués auditifs.
Les signes subjectifs et l’audiogramme évoluent en 4 stades : fatigue auditive réversible, phase de latence avec scotome à 4000 Hz sur l’audiogramme, extension progressive aux fréquences plus aiguës puis à celle de la conversation (500 à 200 Hz) avec gêne sociale, surdité installée irréversible
Le diagnostic de surdité professionnelle repose sur un faisceau d’arguments : exposition professionnelle au bruit, surdité de perception, bilatérale et symétrique, pas d’aggravation après cessation d’exposition, diagnostics différentiels éliminés
Le bruit peut provoquer des troubles du sommeil, de la concentration voire une HTA.
La réglementation actuelle impose une limitation du bruit à 80 dB en moyenne sur journée de 8 H, pics sonores < 135 dB.
Mais le confort de travail doit imposer des valeurs beaucoup plus basses.
Les mesures d’ambiance sonore sont réalisées en continu, sur échantillons aléatoires ou sur échantillons choisis par les opérateurs, pour identifier les pics sonores, l’exposition moyenne sur 8 heures de travail par intégration des données.
Prévention technique collective par réduction des niveaux sonores à la source (phase de conception des machines : amortissement des chocs, vibrations), diminution de la propagation du bruit (recouvrement, encoffrement des sources par des mousses ou fibres…). Organisation du travail : isolement des postes de travail, éloignement des salariés, diminution des durées d’exposition.
Prévention technique individuelle par bouchons anti-bruit, serre tête, casques pour réduire l’exposition du salarié à moins de 85 dB sur la journée.
Le dépistage des effets liés au bruit repose sur la réalisation périodique d’une audiométrie.
Importance de la visite d’embauche : antécédents auditifs, audiométrie de référence.
Suivi périodique à une fréquence définie par les niveaux d’exposition sonore.
La surdité peut être déclarée en maladie professionnelle au titre du tableau 42 du RG (46
RA).
La formation et l’information des chefs d’entreprise et des salariés sont primordiales pour
une meilleure prise de conscience du risque et l’adoption de mesures de protections
adaptées.



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