» Médecine du travail exposition aux produits toxiques

exposition aux produits toxiques


Valeurs limites d’exposition : définition, principe, modalités d’application, exemples
La prévention des risques professionnels signifie de diminuer au maximum l’exposition des salariés aux polluants présents dans les lieux de travail, avec des niveaux de concentrations atmosphériques à ne pas dépasser ou valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP).
L’évaluation des risques relève de l’employeur, avec évaluation initiale puis mesures périodiques sur l’exposition collective et individuelle. Cette prévention est définie par le Code du travail (art L 230-2 et R 231-54-1), d’où des principes généraux de prévention qui s’imposent aux chefs d’établissement, notamment l’obligation de procéder à une évaluation des risques encourus pour la sécurité et la santé des travailleurs
La valeur limite d’un composé chimique est sa concentration dans l’air que peut respirer une personne pendant un temps déterminé sans altération pour sa santé, même si des modifications physiologiques réversibles sont parfois tolérées. Les valeurs limites sont des objectifs à minima.
• valeur limite d’exposition à court terme = VLE , plafond mesuré sur durée maximale de 15 minutes, selon la nature du risque, conditions de travail et possibilités techniques de mesure. Leur respect évite les ’effets toxiques immédiats ou à court terme ;
• valeur limite de moyenne d’exposition = VME , mesurée ou estimée sur la durée d’un poste de travail de 8 heures, pour protéger les travailleurs des effets à terme, la VME peut être dépassée sur de courtes périodes, sous réserve de ne pas dépasser la VLE lorsqu’elle existe.
Si plusieurs polluants sont présents avec des effets indépendants sur l’organisme, on les considère séparément, si exposition simultanée à des vapeurs de solvants, formule de sommation des concentrations individuelles rapportées aux valeurs limites correspondantes : C1/VL1 + C2/VL2 + ……… + Cn/VLn < 1 (règle d’additivité).
Certains produits chimiques font l’objet de décrets imposant des valeurs moyennes ou limites et qui définissent souvent les points à contrôler, les méthodes à appliquer et les fréquences de mesure. Ils concernent 7 produits.
Amiante (Décret du 7 février 1996, du 24 décembre 1996 et 26 décembre 1997). Les valeurs limites suivantes sont applicables : pour les activités de fabrication / transformation de matériaux avec de l’amiante : si chrysotile = seule variété présente : 0,1 fibre/cm 3 sur 8 heures de travail ; si d’autres variétés sont présentes, isolément ou en mélange, y compris avec du chrysotile : 0,1 fibre/cm 3 sur 1 heure de travail.
Si confinement et retrait ou interventions sur matériaux ou appareils avec de l’amiante , concentration moyenne en fibres d’amiante dans l’air < 0,1 fibre/cm 3 sur 1 heure de travail.
Benzène (Décret du 13 février 1986, 6 septembre 1991, directive n° 97/42/CE du 27 juin 1997, décret 2003-1254 du 28 décembre 2003 ).
Concentration en benzène de l’air < 1 ppm (3,25 mg/m 3 ) en moyenne par journée de travail (sur 8 heures).
Produits de fumigation : Bromométhane, cyanure d’hydrogène et hydrogène phosphoré (décret du 26 avril 1988) : Bromométhane < 5 ppm dans l’air inhalé, Cyanure d’hydrogène < 10 ppm, Hydrogène phosphoré < 0,3 ppm
Chlorure de vinyle (Décret du 12 mars 1980) : concentration moyenne sur un poste de travail (moyenne de l’ensemble des concentrations mesurées pendant une semaine en des points définis) < : 1 ppm si mise en service après le 1er septembre 1980 ; 3 ppm avant cette date. Valeurs d’alarme au-dessus desquelles les zones sont contaminées et donc mesures appropriées : 5 ppm si mise en service après le 1er septembre 1980 ; 15 ppm avant cette date.
Décret du 28 décembre 2003 : 1 ppm ou 2,59 mg/m 3 .
Plomb métallique et composés (Décret du 1 er février 1988, 2003-1254 du 23/12/03).
Concentration aérienne en plomb < 0,10 mg/m 3 en moyenne sur 8 heures (limite exprimée en plomb métal).
Silice (Décret du 10 avril 1997) : concentration aérienne moyenne en silice cristalline inhalée sur 8 heures < : 0,1 mg/m 3 pour le quartz, 0,05 mg/m 3 pour cristobalite et tridymite. Si plusieurs formes de silice cristalline et autres poussières non silicogènes, la condition suivante doit être satisfaite :
Cns/Vns + Cq/0,1 + Cc/0,05 + Ct/0,05 < 1
Cns = concentration en poussières alvéolaires non silicogènes en mg/m 3
Vns = valeur limite de moyenne d’exposition pour les poussières alvéolaires non spécifiques (5 mg/m 3 )
Cq, Cc et Ct = concentrations respectives en quartz, cristobalite et tridymite en mg/m 3
Poussières : dans les locaux à pollution spécifique, les concentrations moyennes en poussières totales et alvéolaires de l’atmosphère, évaluées sur 8 heures, < respectivement 10 et 5 milligrammes par mètre cube d’air. Néanmoins des prescriptions particulières fixent d’autres limites pour certaines variétés de poussières, certains gaz, aérosols liquides ou vapeurs…
Le décret 2003-1254 fixe, de plus, une valeur limite d’exposition professionnelle aux poussières de bois : à partir du 30 juin 2005 cette valeur limite est fixée à 1 mg/m3 sur 8 heures de travail. D’ici là, elle est fixée par mesure transitoire à 5 mg/m 3 .

Ces valeurs ont été adoptées par un Comité Technique National ou par le Comité Central de Coordination. C’est le cas de : Benzo(3,4)pyrène < 150 ng/m 3 , a -Phénylindole < 30 m g/m 3
.
Selon les résultats R des mesures, la conduite à tenir est : R < 30 % de la VME : simples contrôles réglementaires, entre 30 et 70% : examen des lieux plus exposés et résultats des contrôles de ventilation, programme de suivi dans le temps entre 70% et VME : examen des lieux plus exposés + actions correctives – Contrôles. R > VME : actions correctives rapides, nouvelles mesures jusqu’à résultats acceptables
Le dépassement d’une VLE est une urgence avec évacuation de la zone contaminée et mise en place immédiate de mesures correctives, suivie de prélèvements de contrôle.
Les VLE sont 1 repère chiffré, objectif et commun, pour 1 protection minimale de la santé et instrument d’évaluation des risques (nature, intensité, durée…) et données communicables à l’ensemble des acteurs de prévention de l’entreprise.

Les difficultés de détermination de ces valeurs limites sont importantes.
1 – Difficultés de définir l’effet inacceptable d’une substance
2 – Difficultés de rapporter à l’homme une donnée toxicologique observée chez l’animal
3 – Pas d’intégration de la pénibilité de certains travaux dans l’établissement des VLE (ambiance chaude, charge physique) modifiant parfois les caractéristiques de pénétration ou de métabolisation de certains produits
4 – Les données scientifiques concernent des produits purs, pas les mélanges complexes retrouvés sur les lieux de travail
5 – Les valeurs limites sont fixées selon une pénétration pulmonaire, sans tenir compte des possibles voies percutanée ou orale.
6 – Une valeur limite intègre des critères scientifiques, techniques, sociaux, économiques voire psychologiques, tous évolutifs ; les valeurs limites le sont donc également.
7 – Les différents pays utilisent des processus d’évaluation et des critères d’appréciation différents, d’où des disparités des valeurs limites proposées selon les différents pays.
8 – En ce qui concerne les substances cancérogènes, il est actuellement souvent impossible de déterminer formellement un seuil de concentration au-dessous duquel le risque est inexistant



Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.