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Tumeurs de vessie d’origine professionnelle


Tumeurs de vessie d’origine professionnelle L’incidence croissante des tumeurs de la vessie est à mettre surtout sur le compte du tabagisme et sur l’exposition à des polluants industriels. Une exposition professionnelle serait en cause dans 7 à 25 % des tumeurs de vessie et plus dans certains secteurs industriels.
Causes : surtout le tabac avec des cancérogènes urothéliaux, dont des métabolites du tryptophane et amines aromatiques, à effet cumulatif, surtout si association à d’autres cancérogènes
Amines aromatiques  : xénylamine (4-aminobiphényle) et sels, benzidine (4,4’-diaminobiphényle) et sels, bêta naphtylamine et sels, méthylène bis’orthocloroaniline ou MOCA (4,4’ méthylène bis (2 chloroaniline)) et sels, o-dianisidine (3,3’-diméthoxybenzidine) et sels, o-tolidine (3,3’-diméthylbenzidine) et sels, o-toluidine (2-méthylaniline) et sels, ditolylbase (4,4’-méthylène bis (2-méthylaniline)) et sels, para-chloro-ortholuidine et sels, auramine, colorants dérivés de la benzidine : direct black 38, direct blue 6, direct brown 95
Nitrosamines : - N-nitrosodibutylamine et sels
Hydrocarbures aromatiques polycycliques dérivés de la houille, notamment : benzanthracène, anthracène, benzo(a)pyrène
Industries impliquées : textile (utilisation de colorants) ; cuir, caoutchouc, chimique et pharmaceutique (synthèse, labo de recherche et d’analyse), Cokerie, Fonderie de fonte ou d’acier, Ramonage, entretien de chaudières, Fabrication d’aluminium (procédé Söderberg), Fabrication et utilisation d’huiles minérales, Fabrication de l’auramine, Industrie des colorants.
Infections bactériennes chroniques  : les nitrates produits par les bactéries se transforment en nitrites puis nitrosamines responsables de tumeurs, surtout chez les sujets à vessies non fonctionnelles (vessie neurologique, sonde à demeure...), sinon : bilharziose, RTE pelvienne, phénacétine ou cyclophosphamide
Rôle controversé des facteurs alimentaires dont les édulcorants artificiels (saccharine, cyclamates) ou la caféine.
Pour les tumeurs d’origine professionnelle, l’âge de survenue dépend de la latence par rapport à l’exposition (entre 10 et 20 ans).
Une tumeur de vessie doit être évoquée si : hématurie terminale ou totale, macroscopique, indolore. Signes d’irritation vésicale (pollakiurie, dysurie, cystalgies, impériosités) et signes témoins d’un envahissement local (coliques néphrétiques, douleurs pelviennes, phlébite) ou à distances (métastases osseuses, pulmonaires, hépatiques).
L’examen bimannuel réalisé sous anesthésie recherchera une infiltration vésicale. Il sera complété par une palpation des aires ganglionnaires (notamment ganglion de Troisier).
Prévention  : respecter les règles d’hygiène industrielle (produits de remplacement, contrôle des expositions, formation et information des salariés).
L’Arrêté du 5 avril 1985 énumère les substances pouvant provoquer une lésion maligne de la vessie avec modalités de surveillance en période d’activité (avec exposition potentielle) : surveillance médicale spéciale, recherche de facteur aggravant la sensibilité individuelle aux substances urotoxiques (antécédents médicaux et professionnels, tabac, alcool, consommation médicamenteuse, infections urinaires récidivantes, parasitose),
Examens complémentaires : bandelettes urinaires à la recherche d’une hématurie microscopique, cytologie urinaire, NFS, méthémoglobinémie, enzymes hépatiques. Leur fréquence est décidée par le médecin du travail. Pour l’exposition à certaines amines aromatiques, il peut être recherché dans les urines des dérivés aminés libres dont l’interprétation ne sera significative que s’il est positif à plusieurs reprises.
Les modalités du suivi post-professionnel des salariés exposés aux amines aromatiques sont rapportées dans le tableau de maladie professionnelle n° 15 ter du régime général de la Sécurité Sociale sont précisées par l’Arrêté du 28 février 1995 .
Il associe un examen clinique tous les 2 ans avec une biologie urinaire (bandelettes urinaires et cytologie urinaire) également tous les 2 ans.
Réparation : Il existe 2 tableaux de maladie professionnelle dans le cadre du régime général de la Sécurité Sociale réparant les tumeurs de vessie d’origine professionnelle.
tableau 15ter, indemnisant les salariés exposés aux amines aromatiques et au N-nitrosodibutylamine et leurs sels (cf annexe 3). Il comporte un délai de prise en charge de 30 ans, une durée minimale d’exposition de 5 à 10 ans selon les substances considérées, et une liste limitative de substances.
tableau 16bis, indemnisant les salariés exposés au goudron de houille, huile de houille, brais de houille et suies de combustion du charbon.
Toutefois, il est maintenant possible d’essayer d’obtenir une reconnaissance pour les tumeurs de vessie ne remplissant par les critères de ces 2 tableaux : non respect d’une condition administrative ; cas rapportés éventuellement à d’autres expositions que celles listées dans ces 2 tableaux, notamment les sujets ayant eu une exposition caractérisée à un autre cancérogène vésical certain et ayant eu une consommation tabagique modérée (le tabac étant également considéré comme un cancérogène vésical), par le biais du Comité de Reconnaissance des Maladies Professionnelles.



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