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Environnement professionnel et santé au travail


Environnement professionnel et santé au travail
Un salarié à temps plein passe au moins 1600 heures/an au travail. La connaissance de la
profession actuelle et antérieure d’un patient peut faire évoquer une étiologie professionnelle de sa pathologie. L’interrogatoire professionnel doit rechercher d’éventuelles expositions professionnelles associées et contraintes physiques ou psychologiques. La connaissance du parcours professionnel (curriculum laboris) d’un retraité peut être utile. Certaines pathologies apparaissent longtemps après l’exposition (plupart des cancers d’origine professionnelle).
La rythmicité des symptômes selon l’activité professionnelle est importante à rechercher. L’imputabilité est d’autant plus facile que le délai est court entre l’exposition et la maladie et qu’il existe une diminution des signes lors de la suppression des expositions (vacances, week-end) et à une réapparition lors de la ré-exposition (retour au poste) : en particulier pour l’asthme et les dermites (rythme professionnel).
L’imputabilité devient difficile si important temps de latence (délai entre le début de l’exposition et la maladie), parfois plusieurs dizaines d’années, lors de pathologies chroniques (pneumoconioses ou des cancers). D’autres pathologies professionnelles associées sont des arguments complémentaires sans pour autant prouver la relation causale (découverte de plaques pleurales et cancer bronchique fait suspecter l’amiante).
L’interrogatoire professionnel individuel peut être complété par des données collectives provenant du médecin du travail des entreprises dans lesquelles a travaillé le patient (expositions du poste de travail, ou autres salariés avec la même pathologie).
Pour les cas difficiles, les Centres de consultations de pathologies professionnelles des CHU
apportent leur expertise pour déterminer l’imputabilité.
Certaines pathologies courantes peuvent avoir une étiologie professionnelle. La plupart sont
décrites dans les tableaux de maladies professionnelles. Voici des exemples :
- troubles musculo-squelettiques (TMS) liés aux travaux répétitifs sont la cause la plus fréquente de maladie professionnelle. En 2013, 40 613 TMS des membres supérieurs (tendinopathies de l’épaule, épicondylite, épitrochléite, syndrome du canal carpien) et inférieurs (lésions méniscales) ont été indemnisés au titre du tableau 57 du régime général de la Sécurité sociale (RGSS) (sur les 51 452 maladies professionnelles reconnues).
Certaines pathologies lombaires chroniques (Lombo-sciatique par hernie discale confirmée en IRM) peuvent être liées au travail (port de charges lourdes).
- pathologies allergiques (dermatoses, rhinite, asthme) peuvent être provoquées / aggravées par le travail (chercher un rythme professionnel). La réalisation de tests allergologiques peut être utile au diagnostic étiologique.
- maladies infectieuses : brucellose, tuberculose, hépatites virales...
- pneumoconioses : (asbestose, silicose, sidérose).
- cancers (benzène, arsenic, certaines amines aromatiques, radiations ionisantes, amiante...).
- plaques pleurales liées à l’amiante
D’autres pathologies, de connaissance plus récente peuvent être liées au travail, mais ne figurent pas au tableau de maladie professionnelle.
L’augmentation actuelle du nombre de psychopathologies liées au travail en est un exemple.
La confrontation des données médicales détenues par le médecin traitant avec les données sur
les expositions professionnelles du médecin du travail est souvent indispensable.
Pour rapporter une pathologie à des contraintes professionnelles il peut être également utile de
connaître la toxicité ou les effets des expositions professionnelles rapportées par les
travailleurs.
Impact d’une pathologie chronique sur les capacités de travail : avec parfois incidence sur l’aptitude au poste de travail. Le pronostic professionnel mais aussi social est alors en jeu
A l’embauche, d’une personne handicapée ou pour préparer la reprise du travail après arrêt de travail il faut anticiper les problèmes médico-sociaux.
- Certaines pathologies peuvent contre-indiquer le travail à des postes de « sécurité » (poste de travail avec risque d’accident grave si "défaillance" subite de l’opérateur ; chauffeur poids lourd, conducteur de centrale nucléaire…). Les pathologies avec pertes de connaissance brutales potentielles, telles que l’épilepsie ou le diabète insulino-dépendant ou -requérant sont à risque pour ce genre de poste.
- Les efforts physiques peuvent être contre-indiqués dans certaines pathologies cardiaques.
- Le diabète ou l’épilepsie peuvent nécessiter un travail à horaires fixes, voire être
incompatible avec certains postes de travail.
Une adaptation du poste de travail ou changement de poste sont à envisager. Charge au médecin du travail de prescrire la périodicité et les modalités du suivi santé - travail.
Ceci pourra se faire lors d’une visite de pré-reprise avec le médecin du travail (à l’initiative du patient, de son médecin traitant ou du médecin conseil). Cette visite pré-reprise est en principe réservée aux arrêts de travail > 3 mois, mais tout salarié peut demander une consultation spontanée avec le médecin du travail. On y évalue les capacités de travail du patient, selon les éléments médicaux dont il dispose,
Le médecin du travail peut recourir aux compétences d’autres membres de l’équipe pluridisciplinaire pour aider au maintien dans l’emploi du salarié : ergonome, psychologue et à d’autres intervenants spécialisés dans le maintien dans l’emploi et extérieurs au service de santé au travail (Service d’Appui au Maintien dans l’Emploi des Personnes Handicapées (SAMETH), pour les salariés, ou CAP-Emploi pour les demandeurs d’emploi.
Le médecin du travail transmet ses préconisations, avec l’accord du salarié, à l’employeur.
Parmi les préconisations fréquentes faites à l’employeur,
- aménagement / adaptation du poste de travail
- changement de poste de travail avec poste adapté aux capacités "restantes" du salarié
- formations professionnelles pour faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle.
L’aménagement d’un poste de travail ou reclassement professionnel est souvent pluridisciplinaire (il faut du temps). Adresser le patient assez tôt en visite de pré-reprise pour laisser du temps pour la recherche de solutions les plus adaptées.

Dès que l’employeur connaît la date de reprise du travail, il saisit le service de santé au travail avec visite de reprise dans les huit J après reprise du travail, pour : vérifier si le poste de travail du travailleur ou poste de reclassement est compatible avec son état de santé, les propositions d’aménagement du poste ou de reclassement faites ou les proposer, sinon avis d’inaptitude au poste. La procédure d’inaptitude est très encadrée réglementairement : étude de poste, recherche de poste de reclassement par l’employeur. L’employeur dit prendre en considération les propositions du médecin du travail et, si refus, de donner ses motifs.
L’employeur a plusieurs options :
- adaptation du poste de travail.
- mutation sur un autre poste (risque de diminution de salaire, nécessité de formation voire dans un centre de reclassement professionnel).
- si impossibilité d’adaptation du poste ou de reclassement, licenciement pour inaptitude médicale.
Si reclassement après AT ou MP : protection renforcée de l’emploi. Ainsi si licenciement, les indemnités de licenciement sont doublées. Si taux d’IP > 10%, statut de travailleur handicapé.
Mesures d’aide au maintien dans l’emploi
Temps partiel thérapeutique
Reconnaissance en qualité de travailleur handicapé (RQTH) : si difficultés au poste de travail du fait de l’état de santé, on peut proposer une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé.
Un dossier en 3 parties, complétées par le médecin traitant ou le médecin du travail et le patient est adressé à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), qui, après étude du dossier, peut reconnaître le statut de travailleur handicapé pour une
durée déterminée (5 ans au maximum, puis à renouveler).
Ce statut de travailleur handicapé permet de bénéficier de l’aide d’organismes spécialisés dans le maintien ou retour à l’emploi des personnes handicapées (SAMETH).
Si aménagement de poste nécessaire, l’entreprise peut bénéficier d’aides financières de la part des organismes de gestion des fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (AGEFIPH).
Si un changement de poste de travail est nécessaire, le salarié peut bénéficier d’aides pour ce changement (aides pour le bilan de compétence, pour une éventuelle formation…)
Les entreprises > 20 salariés ont une obligation d’emploi de travailleurs en situation de handicap pour 6 % de leur personnel sous peine de pénalités financières.
NB : le chômage des handicapés est 2 à 3 X > du reste de la population active, obtenir un poste de travail pour handicapés, surtout si âgés et peu formés est très difficile. Théoriquement un employeur ne peut pas refuser d’embaucher à cause d’un handicap car discrimination, en pratique cela n’est pas le cas, l’employeur n’est pas tenu de dire la vérité sur ses motivations.
Le salarié peut informer ou non son employeur sur son statut de travailleur handicapé.
Lorsque la reprise du travail n’est pas complètement possible ou impossible car santé trop dégradée, possibilité d’invalidité par l’assurance maladie (branche maladie). Elle est accordée par le médecin conseil si perte de des 2/3 des capacités de travail. La rémunération du patient est de 30 à 50% de son salaire selon la catégorie d’invalidité.
1ere catégorie : le patient peut effectuer un travail
2e catégorie : le patient ne peut effectuer aucun travail
3e catégorie : le patient nécessite en plus l’assistance d’une tierce personne
Remarque : Pour une même pathologie, l’invalidité ne peut être cumulée avec une éventuelle
reconnaissance en maladie professionnelle.



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