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Empire ottoman


Empire Ottoman

Commence vraiment avec Erthrogul qui a la tête d’une petite tribu turcomane entre dans le royaume de Roum, où il a l’occasion d’assister à une bataille entre des troupes mongols et les seldjoukides, il prend parti pour les seldjoukides qui étaient sur le point de perdre
Le sultan seldjoukide Ala ed Dine KaiKobad, remercie Erthrogul en lui attribuant la région où le combat avait eu lieu. De Brousse à la mer de Marmara. Son fils Osman (Othman qui donne son nom à la dynastie ottomane) (1288-1326) y fonde un petit royaume le Memalik osmanieh ou domaine des osmanlis. Osman grandit son territoire essentiellement aux dépens de ce qui reste de l’empire byzantin, mais aussi aux dépens du royaume de Roum des seldjoukides en pleine déchéance. Son fils Orkhan pris Brousse en 1325.
Son fils Orkhan (1326-1359) continue l’expansion aux dépens des byzantins en prenant Nicée, Nicomédie et l’émirat voisin de Kérasi sur la mer de Marmara et les Dardanelles. L’empire de Brousse a ainsi une importante façade maritime en face de Byzance et sur la façade Méditerranée de l’Asie mineure.
Orkhan veut s’étendre aux Balkans malgré les bonnes relations qu’il avait avec l’usurpateur Jean V Cantacuzène dont il a épousé une fille (Théodora) en 1346. Il profite d’une querelle de succession entre Jean V Cantacuzène et un Paléologue. En effet, Cantacuzène a fait appel à un émir d’Aydin, puis à sa mort, à Orkhan qui envoie son fils Suleyman avec une petite troupe en Thrace. En 1354, une toute petite troupe de turcs s’empare d’une place forte près de Gallipoli, et installe des colons le long de la rive, en 1357 suite à un tremblement de terre qui en a détruit les fortifications, Gallipoli est prise. Suleyman refuse de rendre Gallipoli à Byzance et continue sa pénétration en Thrace orientale. Du coup les turcs ont la maîtrise des détroits, Constantinople est isolée de l’Europe. La guerre ciivle à Byzance a considérablement affaibli l’empire, en particulier la Bulgarie et la macédoine. Le développement de l’empire de Brousse est dû à la création d’une armée de métier, avec des troupes régulières de cavalerie (spahis ou sipahis) et surtout des régiments de fantassins ou Jeni Tcheri (janissaires), recrutés chez les enfants des peupleschrétiens vaincus, des prisonniers, ou hommes des provinces, vassales élevés dans des écoles coraniques où on leur enseigne une discipline implacable et le fanatisme religieux. En 1328 ,l’état bat une monnaie d’or et Orkhan prend le titre de sultan
En 1359-1362 A la mort d’Orkhan, les conquêtes sont encore limitées, mais les ottomans détiennent les 2 rives des Dardanelles et sont implantés en Thrace.
De l’émirat à l’empire :
Mourad Ier ( 1359/62-1389). Sous Mourad, extension importante du domaine dans les Balkans, une coalition de Bosniaques, hongrois et Serbes est battue sur la Maritza en 1362, ce qui permet l’invasion de la Bulgarie, Conquête de la Thrace orientale avec la chute d’Andrinople en 1362 (capitale en 1366).
Le pape Urbain V fit un appel à la croisade, auquel ni les français, ni les anglais en conflit après le traité de Brétigny de 1360, ni les Italiens en proie à la division ne répondirent, seul Amédée de Savoie prit la croix, il remporte quelques succès, sans lendemain, sur les turcs aux Dardanelles et sur les côtes de mer noire. En 1371, nouveau succès turc sur la Maritza contre les Serbes, ce qui livre la Macédoine serbe aux turcs. L’empereur Jean V en reconnaissance de l’aide apportée par Mourad pour soumettre son fils Andronic IV, se reconnaissait vasssal de Mourad , payait tribut et lui fournit des troupes. Mourad conquiert Sofia en 1382, Nish, le tsar de Bulgarie se soumet et paie tribut. En Anatolie aussi, il conquiert de nombreuses villes, rejetant vers l’est les émirs de Karaman (bataille de Qonya 1386) et acquérant les territoires frontaliers de Karaman. Cette extension territoriale était possible car Mourad a jeté les bases d’un grand Etat, avec création d’une administration centrale « le divan », dirigé par le grand vizir, renforcement des militaires.
Mourad fixe la capitale à Andrinople, il prend le titre de sultan à la place de celui d’émir. Son but ultime est de parachever la conquête des Balkans par la prise de la Serbie, les autres adversaires étant soumis. En 1389, célèbre bataille de Kossovo Polié ou champ des Merles, où une coalition de serbes, bosniaques, valaques, bulgares et polonais se font massacrer. Mourad Ier trouve la mort dans cette bataille car il est assassiné par un groupe de 10 serbes qui font intrusion dans sa tente. Mais avant de mourir, il fait exécuter le roi serbe Lazare, qui venait d’être fait prisonnier.
Bajazet Ier ou Yildirim (« la foudre ») (1389-1402)
A son avènement sur le champ d » bataille de Kossovo polié, les souverains balkaniques sont ses vassaux, Byzance ne possède plus que Constantinople, des ports sur ma mer noire, Thessalonique, des îles de la mer Egée, le Péloponèse. Energique, courageux, cruel, ce souverain commence son règne par l’assassinat de son frère (ceci allait devenir une institution pendant longtemps !)
Tient son nom de ses déplacements très rapides. Son règne est une succession de batailles. Il encercle Constantinople dont il harcèle les faubourgs, il anéantit les dernières velléités d’indépendance dans les Balkans, envahit la Grèce centrale, le duché d’Athènes qui doit payer tribut, ravage la Morée, Nouvelle expédition en Bulgarie, où Tirnovo tombe en 1393 (extermination des nobles et du roi, le patriarche est cloîtré dans un monastère, les églises sont confisquées), la Bulgarie est turque pour 5 siècles. Puis il étend les possessions en Anatolie en prenant Kayseri, Ankara, il occupe les rives de la mer noire et fixe les limites orientales de l’empire. Seul l’émirat de Karaman persiste. La Serbie inféodée, la Bulgarie conquise, la Valachie écrasée en 1395, les Turcs affrontent la Hongrie dont le roi Sigismond fait appel à l’Europe, le pape Boniface IX prêche la croisade où on retrouve un contingent de 10000 français conduits par le futur Jean sans peur et le maréchal Boucicaut, ainsi que des allemands, anglais, italiens, polonais, valaques, byzantins ainsi que des chevaliers de Rhodes, teutoniques. Cette coalition se fait battre à Nicopolis en 1396 (partiellement du fait de l’indiscipline d’un contingent français).
Les turcs continuent leur poussée vers l’Illyrie et la Styrie aux confins de l’Autriche, cette bataille donne une réputation d’invincibilité aux turcs.
En 1397, Bajazet 1er se lance dans l’occupation de la Grèce, suite à l’appel de l’évêque grec Orthodoxe qui voulait se débarrasser du joug latin de Byzance. Les grecs s’intégrèrent rapidement dans l’empire où ils purent introduire des rites orthodoxes.
D’Athènes Bajazet rejoint Brousse, où il se met à préparer la conquête de Constantinople, dont le blocus était en cours depuis 1391 grâce à une forteresse érigée sur la face asiatique du Bosphore, et la prise du Gallipoli en 1354. En 1400, avant d’ouvrir les hostilités, il envoie un ultimatum à l’empereur de Byzance, le sommant de reconnaître sa suzeraineté, auquel Byzance oppose un refus net !
Bajazet va cependant devoir arrêter le blocus pour protéger son empire de l’avance foudroyante de Timur Leng ou Tamerlan, originaire de Samarkand, dans le Turkestan. Roi de transoxiane en 1370, il conquiert l’Iran, la Russie mongole, une partie de l’Inde en très peu de temps, ravageant tout sur son passage. Il envahit la Cappadoce et marche sur Ankara. Le choc a lieu en 1402 dans la plaine d’Ankara, Une grande partie des troupes de Bajazet fait défection et passe à l’ennemi, Bajazet est fait prisonnier et meurt en captivité en 1403. Tamerlan reconstitue les émirats que Bajazet avait annexés.

Tamerlan (1336-1405), conquérant turco-mongol. Il se tailla un empire s’étendant de l’Inde à la mer Méditerranée, fondant la dynastie des Timurides, qui régna sur la Transoxiane (actuel Ouzbékistan) et l’Iran jusqu’au début du XVIe siècle.
Timour (l’Homme de fer), surnommé plus tard Lenk (le Boiteux car il avait perdu dans une bataille l’usage de sa jambe gauche), d’où la déformation occidentale, Tamerlan, est né le 8 avril 1336 à Kesh (aujourd’hui Chakhrissabz, Ouzbékistan), au sud de Samarkand, dans une famille d’origine turque, il n’a été associé aux Gengiskhanides que par son mariage en 1397 avec la fille du dernier khan de Djaghataï, Khizir Khodja. Il se distingua au service du khan djaghataï Tughluq Timur. Entre 1364 et 1370, Tamerlan prit le contrôle de la Transoxiane ; il s’en proclama roi, écrasant ses anciens supérieurs et alliés, et déclara la renaissance de l’empire de Gengis Khan, dont il se disait à tort le descendant. Il étendit sa domination sur les khanats voisins et, en 1394, il avait conquis l’Iran, la Mésopotamie, l’Arménie et la Géorgie, et avait envahi la Russie et la Lituanie à plusieurs reprises. En 1389-1395, il combattit et affaiblit le khanat de la Horde d’Or ; des rebelles furent exterminés en Iran à son retour. En 1398, Tamerlan occupa l’Inde, et s’empara de Delhi, qu’il pilla. En 1401, il prit la Syrie aux mamelouks, il livre au pillage et au saccage de ses troupes des villes comme Bagdad (1394 et 1401), Malatya, Alep et Damas (1400) où des dizaines de milliers d’habitants sont massacrés et dont les artisans des métiers de luxe ou de la décoration sont déportés à Samarkand, dont Tamerlan veut faire la plus belle ville du monde. L’année suivante, il vainquit le sultan ottoman Bayazid Ier. Alors qu’il se préparait à attaquer la Chine, Tamerlan meurt à Otrar sur le Syr-Daria le 19 janvier 1405 au Kazakhstan, et fut enterré à Samarkand, sa capitale. Son mausolée, le Gur-e Amir, compte parmi les grands monuments architecturaux de cette ville. À sa mort, ses descendants se partagèrent son empire, fondant des dynasties distinctes. L’un d’entre eux, Babur, fut le premier souverain Moghol de l’Inde en 1526.
Bien qu’il fût célèbre pour sa cruauté dans la guerre et pour les nombreuses atrocités commises par ses armées, Son pouvoir a été fondé sur la force militaire, sur la terreur (le nombre de ses victimes se chiffre par dizaines, sinon par centaines de milliers, selon certains chiffres il serait responsable de 15 milllions de morts de façon directe ou indirecte ce qui est énorme pour l’époque), sur un système juridico-religieux alliant le yasak de Gengis-khan à la shari‘at musulmane, sur la prééminence des Turcs et non plus des Mongols. Tamerlan était aussi un passionné de l’érudition et des arts. Sa dynastie fut renommée pour son aide au développement des littératures turque et perse.

L’empire ottoman perd ainsi toutes ses conquêtes en Anatolie, le plus grave est que ses descendants se disputent son héritage, il s’ensuit 10 ans de guerres intestines dont sort vainqueur Mehmet 1er en 1412/1413. Tamerlan après sa victoire, va prendre Smyrne dont il massacre la garnison de chevaliers chrétiens. Il est sur le point d’envahir l’Europe, comme Gengis Khan ou Attila, lorsqu’une rébellion en Inde et en Chine le forcent à revenir sur ses pas, il meurt en 1405 sur le voyage du retour !
Mehmet 1er (1413-1421) réorganise l’empire, il traite avec Manuel II de Byzance qui l’a soutenu contre ses frères, se montre bienveillant à l’égard des Serbes et protège les chrétiens, sous son règne commence la restauration
Mourad II : (1421-1451) Subit au début de son règne une succession de revers, échecs de la prise de Constantinople en 1422-1423, défaite à Nish devant une coalition chrétienne de Hongrois, allemands et valaques : perte de Sofia. Il saccage la Morée dirigée par un Byzantin. En 1430 il enlève Salonique aux Vénitiens, L’empereur de Byzance Jean VIII (1425-1448) compte sur l’union des églises latine et grecque pour obtenir un secours occidental et signe un accord en 1439 non suivi par son peuple !
Le pape prêche une nouvelle croisade, sans succès, seul le roi de Hongrie y répond, ainsi que le despote de Serbie, ils obtiennent une victoire passagère, les duchés d’Athènes et de Thèbes se libèrent du joug ottoman, Mourad demande la paix en 1444, signée pour 10 ans ! !
2 mois plus tard les alliés à la demande du pape des vénitiens et de Byzance pénètrent dans l’empire ottoman et assiègent Varna sur la mer noire, cette fois ci les Turcs sont 3 fois plus nombreux et écrasent les croisés à Varna en 1444
Grâce à la paix qui suit, Mourad II agrandit considérablement son domaine. En 1447 il marche à nouveau contre la Morée, saccage le Péloponnèse et fait 60000 captifs, ces provinces se soumettent. En 1448 Hunyadi le hongrois attaque Mourad à Kossovo, mais ses troupes sont très inférieures en nombre, et la défaite est totale
A sa mort en 1451, il lègue à Mehmet II la possession de l’Asie mineure et de la péninsule balkanique, on est revenu aux limites de 1402.
L’apogée :
Quand Mehmet II arrive au pouvoir, il est à la tête d’un empire consolidé avec une armée très puissante. L’empire tire une partie de sa puissance du fait qu’il ne force pas ses vassaux à s’intégrer, au contraire les turcs cherchent à apporter le moins possible de perturbations sur le plan économique et social. Ainsi les langues, les religions et politiques coutumières sont maintenues, en échange d’impôts et de soldats, l’empire assure la sécurité des territoires. Ceci explique pourquoi, après la défaite d’Ankara, il n’y a pas eu de soulèvement généralisé dans la partie européenne de l’empire lors des conflits de succession de Bajazet 1er.
Dans une première phase, les seigneurs locaux sont maintenus avec leurs rangs et privilèges sous contrôle ottoman.
Durant cette période d’apogée qui va de Mehmet II à Sélim Ier et Suleyman le magnifique (1451-1566), la domination turque va s’étendre sur tous les Balkans. Une partie de l’Europe centrale, le Proche Orient, l’Afrique du nord (sauf Maroc) et l’Arabie (les côtes du moins). Sur mer, ce sont les corsaires ottomans qui font régner leur loi.
C’est une période d’intense activité intellectuelle et artistique (grandes mosquées). L’empire tire des revenus très importants du fait du contrôle du commerce de l’ouest vers l’occident (la route du cap n’est pas encore concurrentielle).
Le règne de Mehmet II (1451-1481) commence par la mise en ordre des affaires du pays (exécution de son jeune frère, soumission du dernier émir indépendant de Karamani, signature de traités et trèves avec les souverains balkaniques) Début avril 1453 il décrète le siège de Constantinople qui tombera le 29 mai 1453. Mehmet II avait amassé une armée considérable de 200000 hommes face à 7000 défenseurs et possédait des fusées ainsi que de gros canons qui eurent tôt fait d’abattre les remparts. La prise de la ville s’accompagna du massacre de la population, de l’empereur et de la garnison restante.
Le premier acte de Mehmet fut de consacrer le sanctuaire de Justinien (sainte Sophie) au culte d’Allah et surtout de protéger la ville du pillage intensif (arrêt après 3 jours de pillage) ce qui permit de conserver de précieux trésors byzantins. La ville s’appellera Istanbul de Islampolis. Cette victoire eut une répercussion très importante en occident accroissant l’idée d’invincibilité des armées turques.
Mehmet II malgré sa cruauté, était un souverain éclairé, fin lettré, il fit de Constantinople la capitale dès 1457/58, et un pôle du monde islamique dont la vie intellectuelle faisait se côtoyer musulmans et chrétiens.
Durant le règne de Mehmet II, les turcs étendent leur empire sur la Morée aux mains de Paléologues, ainsi que Trébizonde aux mains de Commènes, le Péloponnèse, l’Albanie, Bosnie, Herzégovine, les petits états francs de Grèce, Moldavie, en Anatolie l’émirat de Karaman est intégré en 1474. Le Khanat de Crimée passe sous la suzeraineté ottomane. Les vénitiens sont battus en 1479, pour conserver leurs privilèges commerciaux et possessions ils doivent payer un tribut annuel de 100000 ducats, Gênes perd ses possessions de la mer Egée et de la mer noire. Fin de l’autonomie des princes serbes (autorité directe sur le pays),
Bajazet II (1481-1512) après conflit avec son frère Djem, il rate une tentative de prendre l’Egypte des mamelouks, mais force les Vénitiens à abandonner leurs places du Péloponnèse en 1502 et signe un traité de paix avec les Hongrois. La fin de son règne est marquée par la rébellion de son fils Sélim Ier qui finit, à l’aide des janissaires à forcer son père à abdiquer.
C’est durant le règne de Sélim Ier de 1512 à 1520 que commence la période la plus faste, après avoir éliminé tous ses frères et ses neveux. Visant l’Orient il se montre pacifique avec les états Balkaniques, il fait exécuter 40000 sujets chiites et s’attaque au shah de Perse, chiite ismaïlien qui venait de reconstituer l’empire sassanide. En 1516 l’armée de secours envoyée par le Caire pour aider le shah est battue à Alep, Damas tombe ensuite, puis en 1517 l’Egypte tombe après la défaite des mamelouks près d’Alexandrie, suivi d’un masacre des grands personnages et de la population. Il intègre ainsi dans son empire l’Anatolie orientale, le Kurdistan, l’Azerbaïdjan, puis la Syrie, la Palestine. Après cette victoire, Sélim Ier reçoit l’hommage du chérif de La Mecque et devient officiellement protecteur et serviteur des deux villes saintes. Le dernier calife abbaside Muttawakil, commandeur des croyants et successeur du prophète en transféré à Istanbul et Sélim Ier se déclare son successeur.
Très rapidement après la prise de l’Egypte, la puissance ottomane s’étend le long de la côte méridionale de la Méditerranée avec la chute de la Lybie, Tripolitaine, Tunisie et Algérie où Sélim installe des gouverneurs qui lui paient un tribut, et ceci grâce à l‘aide de Khair ad-din (Barberousse), pirate de métier qui avait imposé son autorité sur Alger et en échange de l’aide du sultan ottoman lui fit hommage de son domaine.
A la mort de Sélim Ier, l’empire a quasiment doublé de surface.
Soliman Ier dit le Magnifique ou Khamuni Suleyman (1521-1566).
C’est le Louis XIV ottoman ou padichah (roi des rois). C’est un grand guerrier mais qui ne mènera que peu de campagnes. Il dispose d’une importante flotte et possède les principales îles, Chypre, Rhodes, îles de la Mer Egée et Ionienne, il a ainsi la totale maîtrise de la Méditerranée orientale ou la marine de Charles Quint n’ose pénétrer. En 1521 Belgrade tombe, en 1526 défaite à Mohacs de Louis de Hongrie qui meurt, Budapest est brûlée.
En 1522 Rhodes est enlevée aux chevaliers de saint Jean
En 1529 la succession du trône de Hongrie (Louis mort en 1526) se joue entre l’archiduc Ferdinand frère de Charles Quint Jean Szapolyai, Soliman de concert avec François 1er auquel le liait un traité d’alliance investit szapolyai de la royauté hongroise, à la mort de celui-ci en 1540, Soliman occupa définitivement l’essentiel de la Hongrie, laissant la transsylvanie à l’héritier de Szapolyai
En 1529, siège de Vienne mais c’est un échec militaire mais il permet néanmoins de s’emparer d’un riche butin et contraignit Charles Quint à accorder à la France un traité plus avantageux. En 1535 après plusieurs années d’entente tacite, la France signe avec la sublime porte les capitulations ‘suivies d’une alliance véritable) qui donnent d’énormes avantages aux ressortissants français de l’empire ottoman.
Quelques campagnes furent menées en Asie : en 1534 Tabriz, Bagdad, Azerbaïdjan et Irak deviennent ottomanes, en 1548 et 1549, s’y rajoutent la Mésopotamie et une partie de la Géorgie. Durant son règne, Barberousse enleva aux espagnols la côte barbaresque et les corsaires écumèrent la méditerranée, ravageant les côtes de l’Europe chrétienne et se livrant au trafic d’esclaves
1564, conquête de ce qui reste de la Hongrie aux mains des Autrichiens dont il occupe les principales villes, mais durant le siège d’une place forte, il meurt, la place forte tombe néanmoins, trois jours plus tard. Son fils Sélim II prend la relève.
Le commencement du déclin :
Sélim II (1566-1574) : dit l’ivrogne, il laisse le gouvernement à son grand vizir Sokolli, en 1566 la flotte turque s’emare de Chio et dévaste l’Apulie, puis signature de traités de paix avec l’Autriche, Perse, Pologne, Capitulations renouvelées, le Yémen est repris de 1568 à 1570, avec l’attaque de Chypre et la chute de Nicosie, une coalition se forme regroupant l’Espagne, pape, Venise qui équipent une flotte importante qui arrive trop tard pour sauver Famagouste assiégée depuis 10 mois, qui se rend avec la promesse des honneurs militaires, ce qui ne sera pas le cas, le commandant de la garnison est supplicié, Chypre est devenue turque. A la bataille de Lépante de 1571 la flotte ottomane est quasi anéantie. La flotte chrétienne étant dirigée par le frère de Philippe II d’Espagne, Don Juan d’Autriche, 12 à 15000 esclaves chrétiens enchaînés dans les galères ottomanes furent délivrés à cette occasion. Mais cette défaite n’eut que peu de conséquences car la flotte ottomane fut reconstituée en 1 an, ce qui permit aux ottomans de reprendre Tunis (1574) où les Espagnols avaient pris pied en 1572. De même les ottomans prennent Chypre en 1570. Les sultans qui suivirent furent surtout jouisseurs, sans rien de mémorable, ils vivent à Topkapi n’assument plus le commandement de l’armée et s’en remettent pour la politique à des vizirs choisi plus par favoritisme que pour autre chose.
Mourad III (1574-1595) envoie plusieurs expéditions en Perse qui finissent par un traité de paix avec le shah Abbas en 1587 qui reconnaît aux Turcs la Géorgie, Shirwan, Tabriz.
Le XVII siècle voit l’empire se lézarder ainsi Ahmed 1er, le constructeur de la mosquée bleue doit faire face à des révoltes. Le jeune sultan Osman II (1618-1622), réformateur est assassiné par les janissaires en 1622, sous son règne l’armée ottomane détruit l’armée polonaise à Vassy (1620), mais est tenue en échec sur le dniester.
Sous Mourad IV (1623-1640), massacres de populations, en particulier chiites, une révolte sévit plusieurs années en Anatolie, qui immobilise l’armée, des expéditions en Perse permettent de reprendre Tabriz et Bagdad (traité de 1639)
Sous Ibrahim 1 er le vizir Mustafa opère des réformes financières, mais meurt exécuté, une armée turque débarque en Crête en 1645 (début de 25 ans de guerres), des taxes écrasantes amènent à des révoltes de Janissaires et d’oulémas qui déposent le Sultan et l’assassinent Le pouvoir est en déliquescence partagé par des sultanes et leurs descendants. Quand celui-ci est repris en main par un grand vizir Mehmet Keuprulu et son fils Ahmed sous le sultanat de Mehmet IV (1648-1687), sous ce vizir et ses descendants l’œuvre de redressement est poursuivie : la dernière conquête de l’empire ottoman a lieu en 1669 (prise de Crête).
Le grand retour de tendance a lieu lors du siège de Vienne en 1683. Les turcs très nombreux (200 000) sont sur le point de lancer l’assaut final à la ville protégée par 10000 hommes, quand d’importants secours polonais (Sobiesky) viennent semer la pagaille chez les turcs qui battent en retraite : c’est un désastre turc !
Les ennemis de la Turquie en profitent pour attaquer. Budapest tombe en 1687, défaite en Hongrie (bataille de Mohacs de 1687), chute du Péloponnèse aux mains des vénitiens (c’est au cours de ces hostilités qu’à lieu le bombardement du Parthénon qui servait de magasin à poudre : Mehmet IV est destitué, durant le court règne de son frère Suleyman II (1687-1691). Belgrade tombe aussi, des révoltes éclatent !, le vizir Mustafa Keuprulu récupère cependant une partie des territoires perdus les années précédentes.
Moustafa II (1695-1703) combat l’Autriche, Venise et la Pologne, une mutinerie des janissaires en pleine bataille entraîne le désastre turc à Zenta, le traité de Karlowitz en 1699, ce traité défavorable consacre la perte de la Hongrie et de la Transsylvanie qui tombe dans les mains Autrichiennes, les Vénitiens obtiennet le Péloponèse et la Dalmatie, mais met un terme avec la guerre contre les Habsbourg qui durait depuis 15 ans.
Début du XVIIIème siècle. Voici que surgit Pierre le Grand, il est en conflit avec les Suédois qu’il bat en 1709, le roi de Suède Charles XII se réfugie en Turquie ainsi que le chef des Cosaques où ils obtiennent l’asile du sultan Ahmed III (1703-1730), celui-ci refuse de les extrader et fait emprisonner l’ambassadeur russe en 1710 : guerre russo-turque, victoire ottomane qui ne fut cependant pas bien exploitée car malgré la signature d’un armistice, le conflit reprend dans l’année. Celui-ci prend fin avec la paix d’Andrinople en 1713 où les turcs obtiennent le soutien de l’Angleterre, Hollande et France qui veulent empêcher la Russie d’accéder à la Méditerranée.
1716 : alliance Autriche Venise qui attaque la sublime porte, malgré la neutralité de la Russie, c’est la défaite pour les turcs consacrée par le traité de Passarowitz de 1718 : perte de l’Albanie, Dalmatie, Herzegovine.
Mahmoud Ier (1730-1754)
Les turcs déclarent la guerre à la Russie en 1736, c’est un succès turc. Ceux-ci reprennent Belgrade, le traité de Belgrade de 1739 est favorable à la sublime porte. Les turcs conservent Belgrade, les russes perdent le droit de naviguer sur la Mer Noire et ne peuvent utiliser que des bateaux battant pavillon turc. En 1746 traité de paix avec la Perse qui redonne les frontières fixées sous Mourad IV en 1639
La Tsarine Elisabeth succède à Catherine la femme de Pierre le Grand, elle n’accepte pas le traité de Belgrade et fait donc des préparatifs en multipliant les vaisseaux de sa flotte.
Moustafa III (1757-1774) Suite à l’annexion de l’Ukraine en 1763 ce qui signifiait mise au pas des Cosaques et servage des paysans, Catherine II s’ouvre l’accès à la Mer Noire. Moustafa III déclare donc la guerre en 1768, guerre totale qui durera six ans ! Dans les Balkans, Crimée, Causase, c’est une défaite turque, avec perte de la flotte de Méditerranée, ravages sur les côtes de la Mer Noire et défaites dans les Balkans. Moustafa III meurt en plein conflit en janvier 1774. Son frère Abdul Hamid 1er lui succède (1774-1789), celui-ci s’empresse de signer un traité de paix de Kutshuk Kainardji (1774). Les russes obtiennent libre circulation en Mer Noire, accès à la Méditerranée des privilèges commerciaux énormes et l’autorisation pour les pèlerins russes de se rendre au St Sépulcre, ainsi que la protection des chrétiens, privilège déjà accordé à la France par Suleyman le magnifique. De plus perte de Crimée, Mer d’Azov, Moldavie et Valachie.
Après ce traité, voyage triomphal de Catherine II en Ukraine récemment annexée, Crimée et les rives de la mer Noire avec fondation d’Odessa.
1786, Abdul-Hamid 1er rouvre les hostilités avec la Russie avec l’appui de la Pologne et de la Suède, le traité de Jassy en 1792 signé par son successeur Selim III (1787-1807) obtient quelques améliorations par rapport au traité de Kainardji, en fait l’empire ottoman était en pleine décomposition, Selim III tente de réformer l’armée, de la moderniser mais il se heurte à l’opposition des janissaires et oulémas, de nombreux gouverneurs sont en pratique indépendants (Arabie, Egypte, Syrie, Bulgarie
Campagne d’Egypte de Napoléon (1798-1801). Durant cette campagne, Napoléon 1er bat à plusieurs reprises les Mamelouks ainsi qu’un corps expéditionnaire turc taillé en pièces par la cavalerie de Murat, mais Napoléon a perdu sa flotte coulée à Aboukir par Nelson. Napoléon regagne discrètement la France, juste à temps pour le coup d’état du 18 Brumaire. Cette campagne ne fut pas uniquement militaire mais aussi scientifique, elle allait révéler l’Egypte ancienne à l’Europe ! ! !
Après l’évacuation de l’armée d’Egypte, le consulat s’empresse de rétablir ses relations avec la sublime porte, reconnaissant la suzeraineté de Selim III sur l’Egypte, à condition que les anglais ne s’y installent pas. Rapidement, une alliance se crée entre la France et la sublime porte traité non accepté par les russes, l’Angleterre quand à elle, vient intimider Selim III pour entrer dans une coalition anglo-russo turque anti-française, et ordonne à sa flotte de forcer le passage des Dardanelles, du coup, Selim III déclare la guerre, les anglais se rétractent. La flotte russe tente à son tour de forcer le passage des Dardanelles, mais c’est un échec. Mais après la bataille d’Austerlitz et traité de Tilsitt de 1807 : la Russie devient l’allié de France et retire sa flotte de Méditerranée. Entre temps, Selim III a été déposé par une révolte des janissaires , puis assassiné le 29 mai 1807.
Règne de Mahmoud II (1808-1839) : C’est le tournant de l’histoire de Turquie, l’empire s’affaiblit malgré ses réformes pourtant indispensables. Ainsi Mahmoud restaure son autorité sur certains pachas en Anatolie, Mésopotamie,, par contre la Serbie obtient en 1815une indépendance quasi totale, en 1830 son prince est déclaré héréditaire avec des pouvoirs accrus
Egypte : le 22 mars 1807 (fin du règne de Selim III) les troupes anglaises débarquent à Alexandrie, mais la troupe anglaise est battue par mehemed Ali, ancien officier albanais de l’armée turque. Trois factions se disputent l’Egypte, les Albanais peu nombreux menés par Mehemet Ali, les ottomans et les mamelouks qui étaient devenus des oppresseurs redoutables.
En 1810, Mehemet Ali réprime, un soulèvement de mamelouks devant le Caire, ceci n’empêche pas l’agitation permanente des mamelouks. Du coup, Mehemet Ali décide de massacrer les mamelouks conviés à l’occasion d’une grande fête. Le 1er mars 1811 :
Séoud le grand rameute autour de lui les principales tribus et y propage la doctrine Wahabite, de retour de l’Islam à l’autorité, il entre en maître à Médine, La Mecque dont il chasse le chérif installé par le sultan (1804).
En 1808, son royaume occupe toute la péninsule arabique du Yémen à Bassorah, menaçant Bagdad et Damas. Dès 1809, Mahmoud II envoie un firman à Mehemet Ali, le mettant en demeure de rétablir l’ordre dans la péninsule arabique.
A partit de 1811, Mehemet Ali envoie deux expéditions en 1811 et 1813 toutes deux sont des échecs, mais il est sauvé par la mort accidentelle de Seoud le grand en décembre 1814 lors du siège du Taif.
Son oncle Abdallah lui succède, Mehemet Ali passe tout de suite à l’attaque et écrase les Wahabites le 10 janvier 1815. Abdallah signe un traité humiliant pour les Wahabites.
Quelques mois plus tard, nouvelle expédition qui soumet le Hedjaz en dix-huit mois.
Médine tombe en 1816. La capitale des Wahabites tombe après sept mois de siège. Abdallah est capturé puis exécuté devant Sainte Sophie, la capitale Wahabite Doraya est rasée (1819). La révolte arabe n’est cependant pas éteinte, le fils d’Abdallah, Turki, reprend le combat, massacre les garnisons turco-égyptiennes et crée une nouvelle capitale à Riyad. Une armée turco-égyptienne envoyée pour rétablir l’ordre se perd et est décimée par le désert. Turki meurt assassiné en 1830.
En 1831 Mehemet est en conflit avec le pacha d’Acre, son fils assiège la ville qui se rend en 1832, ainsi que Damas et Alep, du coup le sultan envoie ses troupes contre le pacha d’égypte, mais celles-ci sont battues à Qonya, Suite à la pression de l’Europe Mahmoud cède et nomme Mehemet Ali, gouverneur d’Egypte, de Crête, de Syrie, de Palestine en 1833, et confère à son fils le titre de Pacha de la Mecque.

Quelques années plus tard, Faycal, fils de Turki reprend le combat en 1836-1837. Quatre armées turco-égyptiennes réduisent toute la péninsule à feu et à sang. L’Arabie rentre définitivement dans le géron turc.
Mehemed Ali ne se contente pas de sa vassalité, il s’est créé une armée authentiquement égyptienne à l’aide d’officiers français, du fait de son ambition, il finit par s’attirer l’hostilité du sultan et des anglais. Le sultan le prive de tous les avantages qu’il lui avait accordés.
24 juin 1839 : Bataille de Nizib, les ottomans sont battus à plate couture par les égyptiens. Le successeur de Mahmoud II, Abdul Mejid avec l’aide de l’Angleterre signe un traité à Londres le 13 juillet 1841 par lequel Mehemet Ali se contente de l’Egypte et de la Nubie. Le seul lien de vassalité qui reste et est le paiement d’un tribut annuel.
L’effondrement de l’empire ne se limite pas à la perte de l’Egypte.
- L’Algérie est occupée par les français à partir de 1830 (premiers efforts de colonisation français).
- Les Russes lancent des expéditions militaires dans le Caucase, Perse, Azerbaïdjan.
- La Grèce se libère et se révolte. En 1822 massacre de musulmans auquel les turcs répondent par le massacre de Chio et d’Arménie. La résistance grecque inflige des défaites aux Turcs qui se retirent, la rivalité entre les résistants ne leur permet pas de s’organiser efficacement, le Sultan demande au pacha Mehemet Ali de les combattre, celui-ci envoie son fils Ibrahim qui reprend la Morée et met le siège à Missolonghi (Lord Byron qui est allé en Grèce à la tête d’une légion de volontaires y meurt en 1824). Il en résulte une triple intervention anglo franco russe qui aboutit à la destruction de la flotte turque dans la rade de Navarin (1827). La grèce obtient son indépendance au traité d’Andrinople de 1828 (péloponèse, Eubée et cyclades)
Traité d’Unkiar Skélassi (1833), les Russes obtiennent tous les privilèges que Catherine II avait obtenu au traité de Kainardji, avec libre droit de passage à travers les détroits, protection des lieux saints : équivalent de protectorat, la Roumanie passe sous protectorat russe.
Réformes de l’empire :
Comme les mamelouks, les janissaires étaient devenus un frein et de plus cette armée était devenue inefficace car les turcs avaient subi de nombreuses défaites. De plus, ils entraient souvent en rébellion n’hésitant pas à incendier à de multiples reprises des quartiers de Constantinople (sous le règne d’Ahmed III 1703-1730) a chaque tentative de réforme de l’armée. La révolte la plus terrible avait abouti à l’assassinat de Sélim III en 1807.
Lors d’une nouvelle rébellion des janissaires du 14 au 15 juin 1826, Mahmoud II fait donner l’artillerie, il écrase leurs casernes, 8000 meurent cette nuit-là. Le jour suivant, Firman qui édicte la destruction totale des janissaires, partout leurs casernes sont détruites, la répression est atroce.
De façon fâcheuse, Mahmoud II turquise toute la haute administration en excluant les grandes familles syriennes, albanaises, arméniennes ou grecques. Du coup la diplomatie turque perd une grande partie de sa valeur, ce qui combiné aux échecs militaires précipite la chute de l’empire.
L’agonie de l’empire due en grande partie à l’ingérance de la Russie, Angleterre et France qui voulaient se servir sur les restes de l’empire turc aux dépens des deux autres.
Abdul Medjid (1839-1861) Abdul Aziz (1861-1876) :
Au début de son règne la situation est ctastrophique, Mehemet Ali soutenu par la France aurait pu prendre le pouvoir aux Ottomans, mais l’Angleterre s’y oppose, elle force la Russie à entrer dans une quadruple alliance avec l’Autriche et la Prusse et contraint Mehemet Ali à abandonner ses conquêtes. Le tsar Nicolas Ier avait obtenu d’importants avantages du traité d’Unkiar Skélassi. Rapprochement anglo français pour s’opposer à l’avance russe, l’exigence russe de la protection des lieux saints est inacceptable pour les français qui pensent détenir ce rôle depuis François Ier : d’où véto de Napoléon III ce qui engendre le refus russe : guerre de Crimée (après avoir contraint les trucs à participer du côté anglo français), victoire anglaise à Balaclave, française à Sébastopol : traité de Paris de 1856 qui garantit l’intégrité et souveraineté de l’empire ottoman. Les Dardanelles sont fermées aux navires de guerre, la Russie doit abandonner toute idée de protectorat.
Ce traité ne durera pas longtemps, la France est écartée de la politique internationale par sa défaite de 1871 et l’Angleterre est accaparée par la conquête des Indes. Sous Abdul Aziz des révoltes aboutissent à l’affranchissement de plusieurs provinces, la Roumanie se libère et en 1866 se choisit un prince Hohenzollern (Charles 1er), en 1867 les Serbes (indépendants de fait depuis 1815) obtiennent l’évacuation de leurs forteresses et de Belgrade. Le pacha d’égypte est reconnu souverain héréditaire, des émeutes ont lieu en Bosnie et en Bulgarie, l’état est en faillite, le sultan est déposé et meurt en 1876
Abdul Hamid II : (1876-1909) (Sultan rouge)
Il succède à Abdul Aziz après un intermède de quelques mois assuré par son frère Mourad V.
Le 2 juillet 1876, déclaration d’indépendance de Serbie et du Monténégro, Alexandre II déclare la guerre à la Turquie, avec des opérations d’envergure dans les Balkans, Danube, Caucase et Mer Noire. Les turcs sont battus partout !
Les russes marchent sur Andrinople et arrivent sous les murs d’Istanbul : armistice le 31 janvier 1878 : traité de San Stefano le 3 mars 1878.
Par ce traité, la Turquie perd la quasi totalité de ses possessions européennes y compris la Crête et ne garde que la Thrace, Constantinople et les détroits, la Russie s’octroie la liberté de passage des détroits, l’Autriche occupe les Balkans et Chypre tombe sous administration britannique. Conférence internationale de Berlin 1878 par Bismarck, les grandes puissances obligent la Russie à renoncer aux avantages du traité de San Stefano. En remerciement le sultan accore aux puissances européennes le protectorat des lieux saints.
En 1882 expédition franco-britannique contre l’Egypte, pour des problèmes de politique interne, la France se retire et peu après l’Angleterre domine l’Egypte (voir III république).
De 1894 à 1896 massacres d’Arméniens pour prévenir toute tentative d’indépendance (60000 morts)
La Turquie l’avait échappé belle ! Mais trois nouvelles puissances s’étaient introduites en Turquie, Allemagne, Italie, Autriche. L’Italie et l’Autriche cherchent à affaiblir la porte et l’Allemagne au contraire à la soutenir (construction du chemin de fer Berlin Bagdad, voyage de Guillaume II et missions militaires chargées de réorganiser l’armée ottomane, décimée par la guerre de 1876-78.
En fait, la déchéance de l’empire turc était plus financière que militaire. Depuis 1840, déficit chronique financé par emprunts étrangers accordés seulement en échange de garanties, concessions, monopoles, ce qui appauvrissaient de plus en plus le pays, puisque c’était les puissances étrangères qui en politique contrôlaient en grande partie l’économie du pays. Le désaccord entre les différentes puissances étrangères leur enlevait toute puissance politique nulle, par contre elles mettaient en coupe réglée tout le pays, réduit à la pauvreté.
1908 : Révolution des jeunes turcs :
Plusieurs jeunes officiers turcs se rebellent en Macédoine, Abdul Hamid II dépêche un régiment, puis une division d’élite puis des unités spéciales de l’intérieur, elles fraternisent toutes ! Les insurgés promulguent une nouvelle constitution.
Abdul Hamid II accepte : création d’un gouvernement constitutionnel aux mains des jeunes turcs, mais il noyaute leur mouvement et accumule les difficultés.
Pour échapper au désastre le comité des jeunes turcs fait appel à l’armée de Macédoine, commandée par l’ancien favori du Sultan. Abdul Hamid est déposé en avril 1909 et remplacé par son frère Mehmet V.
La Curée :
1911 : L’Italie débarque un corps expéditionnaire en Tripolitaine et s’empare de Tripoli. Les turcs ont beaucoup de mal à défendre leur territoire car l’Egypte qui fait nominalement toujours partie de l’empire est totalement entre les mains des anglais depuis 1882. La perte de la Tripolitaine est confirmée par le traité de Lausanne
1912 : octobre : Première guerre balkanique ; déclaration de guerre du Monténégro à la Turquie. La Serbie, la Grèce et la Bulgarie se rallient : nouveau désastre turc !
Andrinople doit capituler, les pays balkaniques exigent toutes les possessions en Europe sauf un minuscule territoire ;l’est de Constantinople. C’est le chaos en Turquie ! Enver rentre précipitamment de Tripolitaine, remonte avec un groupe d’officiers, entre dans la salle du conseil et exécute le ministre de la guerre puis chasse le grand vizir. Il forme un nouveau gouvernement qui obtient l’accord de la chambre terrorisée, les politiciens qui s’opposent sont pendus ! Les mutineries sont réprimées dans le sang. Cette prise en main n’aboutit à rien car nouvelle défaite en voulant libérer Andrinople. Enver est obligé d’accepter les mêmes conditions que celles soumises à l’ancien vizir !
1913 : Deuxième guerre balkanique. En l’absence d’accord entre les belligérants pour se partager les dépouilles de l’empire turc, la Bulgarie attaque la Grèce et la Serbie.
Enver regroupe ses forces et marche sur Andrinople en chassant les bulgares, Andrinople s’ouvre aux turcs. C’est la Grèce qui profite le plus de cette guerre car elle annexe la Crête, la moyenne partie de l’épire et la Macédoine. Les bulgares abandonnent Andrinople et un territoire beaucoup plus important à l’est d’Istanbul.
La puissance du Triumvirat Enver, Talot, Djemal, est renforcée par cette guerre, le grand vizir et le sultan n’ayant plus aucun pouvoir réel. Enver renforce ses liens avec l’Allemagne qui se charge de la réorganisation de l’armée ottomane.
1ère guerre mondiale : la Turquie entre dans le conflit du côté de la Triplice.
1915 : attaque russe sur le Caucase avec complicité de révolutionnaires arméniens qui menace l’Anatolie centrale, mais Kémal les chasse derrière la frontière.
1915-1916 : débarquement des Dardanelles qui est un échec cuisant de l’alliance (plus de 40 000 morts). Au sud, corps spécial (Asia Korps) baptisé Yildirim commandé par des officiers allemands dont Von Seekt (fondateur de Reichswehr) et Von Papen (futur chancelier du Reich) qui cherche à s’emparer du canal de suez. Mais les troupes anglaises d’Egypte résistent, les turcs forment une ligne qui empêche les anglais d’aller au Proche Orient. Les anglais débarquent un corps expéditionnaire à Bassorah, mais cette armée est encerclée et forcée à capituler.
Grâce au colonel Lawrence, tout change. Celui-ci persuade le chérif de la Mecque (grâce à d’énormes subsides) Hussein Ben Ali, de lancer ses bédouins à l’assaut des turcs, moyennant la promesse de recevoir toute la péninsule arabe plus la Palestine, Syrie et Mésopotamie en royaume indépendant. Après la prise d’Akaba le 06-07-1917, le front oriental s’ouvre, les lignes turques sont disloquées, les anglais entrent à Jérusalem le 9-12-1917.
Deuxième ligne défense turque de Beyrouth à Damas, qui tient jusqu’en septembre 1918. Les anglais entrent à Damas le premier octobre 1918.
Les combats s’arrêtent peu après du fait de la signature de l’armistice le 27 octobre 1918. Toutes les possessions asiatiques sont perdues : Mésopotamie, Liban, Syrie, Palestine et péninsule arabe.
Dans la capitale, plus personne n’est aux commandes ! Mehemet V est mort en juillet, son frère Mehemet VI est falot, sans consistance, il a dissous le comité « union et progrès » et renvoyé le parlement, Talot et Djemal se sont enfuis, Enver a rejoint l’armée blanche russe de Wrangel où il est mort.
Traité de Sèvres : (10 août 1920)
Correspond au dépeçage final, il ne reste plus rien de l’empire et plus grand chose de la Turquie. L’ouest devient république autonome d’Arménie, le sud ouest, territoire autonome kurde, le sud, zone française et italienne. La Grèce obtient une partie du rivage méditerranéen et la Thrace plus Andrinople. Les détroits sont sous contrôle international !
Ne reste turc que l’Anatolie centrale et le bord de la Mer Noire sur 120 000 km2 sans aucune possibilité d’existence économique car persistance bien sûr du réseau de tutelles et garanties qui confirmaient le système des capitulations qui avait amené la Turquie à l’asphyxie financière. Alors que le sultan Mehemed VI accepte ses conditions dégradantes et a créé sa propre armée dont les bandes infestent ce qui reste de la Turquie, Kémal n’accepte rien et décide de se battre !
Guerres de libération (1920-1922)
Kémal crée une nouvelle armée nationale et il marche sur une frontière après l’autre, il semble être partout comme Bajazet Yildirim.Il reconquiert l’Anatolie orientale, brise un soulèvement arménien et oblige les communistes à reconnaître la nouvelle frontière turco-soviétique (octobre 1920) puis il reconquiert la zone turque et contraint la Perse à reconnaître la nouvelle frontière (novembre 1920). Quand il se dirige vers le sud, la France évite de se battre, renonçant à sa zone d’influence (octobre 1921). Il expulse les italiens de leur zone d’influence en février 1922. Puis il se tourne contre les grecs qui se sont retranchés. La campagne est meurtrière car les deux adversaires veulent en découdre. C’est la débâcle grecque ! Kémal retourne en libérateur à Ankara. Le plus dur reste à faire, affronter les anglais dont un corps expéditionnaire occupe les Dardanelles et Istanbul, et déloger les grecs de Thrace. Kémal joue le tout pour le tout, il envoie deux régiments traverser les lignes anglaises, la crosse en l’air, alors que les anglais tiennent les turcs en joue. Ca marche en effet, les anglais ont sur les bras de multiples résurrections en cours en Egypte, en Pers et en Mésopotamie. Le gouvernement anglais préfère donc utiliser la bienveillance renforcé dans cette attitude par un plénipotentiaire français qui est en faveur des turcs et à un retour aux frontières de 1912.
L’armistice de Moudiana du 11 octobre 1922, oblige les grecs à quitter la Thrace orientale et les anglais à évacuer leurs troupes.
Le sultanat est aboli le 30 octobre 1912, et le sultan fuit le pays le 17 novembre 1922.
Traité de Lausanne, le 24 juillet 1923, remplace celui de Sèvres devenu caduc. Celui-ci fixe les frontières actuelles de la Turquie 765 000 km². Le régime des capitulations est aboli définitivement. La Turquie devient réellement indépendante.

MONGOLIE :
Avant d’être occupée par les mongols, la Mongolie était la patrie des turcs ? qui apportent la civilisation et la culture à cette région d’Asie. Ils sont chassés par les Kirghiz qui sont remplacés par les mongols qui prennent la capitale en 924. Ils étendront même leur pouvoir sur une partie de l’empire chinois de Song..
Gengis khan : la Mongolie est un pays dur, avec des ressources agricoles très limitées, qui se partagent de multiples tribus et clans : longue période d’anarchie.
Un embryon de confédération mongole est créée par l’arrière grand père de Gengiskhan, Quabul Khan, mais elle est rapidement défaite par les tatars et les jin (maîtres de Chine boréale.)
Gengis khan naît en 1155 ou 1162. Sa jeunesse est difficile car son père a été assassiné par les tatars.
A l’âge adulte, Gengis khan commence progressivement sa conquête du pouvoir, par des raids contre les tribus voisines.
Il met longtemps à soumettre certaines tribus nomades.
Après avoir exécuté un de ses principaux adversaires en 1205. Gengis khan qui , auparavant, avait déjà organisé son armée, devient maître de Mongolie et fonde, en 1206, l’état de Mongolie, au cours d’une diète des chefs de tribus, qui le nomme grand Khan. Gengis khan en profite pour améliorer l’organisation militaire. Il dote aussi son état d’une administration civile. Le royaume mongol s’étend très rapidement par la suite par l’adhésion de grands peuples turco-mongols sédentarisés situés en périphérie de la Mongolie (1207), les turcs (1209), les kitan (1212) = peuple mongol qui avait conquis le nord de la Chine au Xème siècle pour finir par être assujettis au jin en 1125. En 1207, conquête de la Sibérie à l’ouest du lac Baïkal ( bouristes).
La grande entreprise des mongols fut la conquête de la Chine des jin, entreprise debutée en 1211. Pékin tombe en 1215, ainsi que la Mandchourie, la Chine est confiée à Mugali en 1217. Mais il faut de nombreuses années pour conquérir la Chine et Mugali et Gengis Khan (1227) meurent avant l’achèvement de la conquête. L’étonnant, c’est que la Chine était défendue non par les jin, mais par des rebelles opposés aux jin.
Mais les mongols ne se contentent pas de la Chine et lancent des campagnes tous azimuts. Ainsi, en 1219, grande campagne d’occident avec la prise des principales villes de Perse, leurs garnisons et populations étant massacrées s’ils résistaient.
Alors que le Gengis Khan poursuit le fils du Shah jusqu’en Inde, ses généraux conquièrent le Turkistan et lancent les premières expéditions en Crimée, Volga et dans la plaine russe.
Dernière campagne en 1226, pour soumettre définitivement les Tangoutes royaume de chine centrale au contact de la Mongolie qui est soumis en 1227. Sur ces entrefaites, Gengis Khan meurt (1227).
Succession de Gengis Khan :
A sa mort, Gengis Khan laisse un immense empire gardé par seulement 150 000 hommes. Celui-ci est divisé en 4 grandes zones aux limites imprécises. L’aîné étant mort, son ulus fut partager entre ses 2 fils aînés, dont l’un sera fondateur de la Horde Blanche et l’autre celui de la Horde d’Or. Le dernier fils hérite du berceau de l’empire.
Ce morcellement ne sonnera pas immédiatement le problème de l’empire car ses conquêtes vont d’abord continuer de plus bel..
Ainsi, continue la campagne de Chine dans la plaine du fleuve jaune, la capitale des Jing tombe en 1233 et le dernier souverain Jing se suicide en 1234.
Puis commence une guerre de près de 50 ans pour soumettre les Song de la Chine du sud, ainsi qu’une longue campagne en Corée qui, malgré une mission en 1231 et 1236, montre une résistance diffuse.
Le Tibet est à son tour envahi en 1239, mais là aussi, de nombreuses seront nécessaires pour maintenir, malgré une grande autonomie, ce pays dans le centre de l’empire.
Sur le front occidental, les succès se suivent, en 1231, nouvelle campagne dans l’Iran occidental où le nouveau souverain s’était rétabli après le départ de l’essentiel des troupes mongols en 1224-25. En une décennie, les pays du Caucase sont conquis : Azerbaïdjan en 1233, la grande Arménie en 1236, la Géorgie en 1239. En 1243, soumission du sultanat ? réduit à une vassalité étroite jusqu’à son annexion en 1308.
En 1244, la petite Arménie se soumet volontairement. La campagne la plus fulgurante a lieu dans la plaine russe de 1236 à 1239 : invasion de la plaine russe du bassin de la Volga, les principales villes russes sont ravagées : Regan, Moscou, Novgored. En 1239-40, c’est l’Ukraine qui est ravagée.
En 1241, chevauchée victorieuse qui met à feu et à sang la Pologne, la Hongrie jusqu’aux environs de Vienne.
L’Europe centrale semblait obstinée à devenir un nouveau ?.
Mais en 1241, ? meurt. Les principaux chefs mongols regagnent la Mongolie pour discuter de la succession. De 1241 à 1251, arrêt quasi complet des opérations, car querelles de succession, deux règnes se succèdent.
Ce n’est qu’à l’élection de Möngke en 1251 que l’expansion reprend de plus belle en Asie, frère de Möngke apogée en Chine, en 1253, prise du Yunnan puis expansion dans la péninsule indochinoise dans la plaine du Tonkin en soumettant l’Annam en 1257.
Sur le front occidental, invasion du califat ? de Bejded (1258) et de la Syrie ayyubade (1260).
A la mort de Möngke, c’est la déblocation de l’empire. Il se crée des dynasties dans les différents ulus,.
Les souverains de Chine et d’Iran se convertissent au bouddhisme et au christianisme, la horde d’or est devenue musulmane, achève la conquête de la Chine en 1277 après de longues et durs campagnes et crée la dynastie de Yuan.



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