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Carcinome fibrolamellaire


Autres types histologiques.
Forme squirrheuse : rare (<5% des HCC), importante fibrose, localisation sous-capsulaire, multinodularité, cellules claires, peristance d’espaces porte
Immunohistochimie  : Heppar souvent – (74%), positivité de CK7 (53%) / 19 (26%), ARG1 + (85%), Glypican 3 + (79%)

Carcinome fibrolamellaireMod Pathol. 2010 Sep ;23(9):1180-90 ;(3 ;129-131) : forme rare (1-5% dse hépatocarcinomes) qui se voit chez le sujet jeune (moyenne 27 à 34 ans, 30-40% < 20 ans), ni associé à la cirrhose (seulement dans 4% des cas) ni à l’hépatite B ou C, ni à l’alcool ou contraceptifs oraux, il n’existe pas la prédominance masculine marquée de la forme classique (sex ratio équilibré). Il prédomine dans le lobe gauche avec une masse isolée dans 56% des cas, bien limité, non encapsulé, de consistance ferme voire dure, à la coupe, luisant avec des septa fibreux, parfois cicatrice centrale +/- calcifiée (aspect d’hyperplasie nodulaire focale). De couleur brune ou claire voire verte si présence de bile. Chez les patients opérés, taille moyenne de 9 cm, dont 36% avec invasion vasculaire et 50% de N+.
Imagerie:En échotomographie, aspect soit iso-, hyper- ou hypoéchogène, des lobulations sont fréquentes, une zone centrale hyperéchogène est visible dans la moitié des cas, des calcifications centrales sont parfois présentes. En TDM, la lésion bien limitée est hypodense la lésion est hypervasculaire au temps artériel de l’injection, hétérogène, avec des zones de nécrose centrale hypodense (80 %)., à la phase portale, elle peut être iso- ou hypodense, rarement hyperdense.. Deux éléments sont évocateurs du diagnostic : la présence de calcifications centrales, l'existence d'une bande centrale hypodense correspondant à l'existence d'une fibrose. Cette dernière caractéristique impose de différencier le carcinome fibrolamellaire de l'hyperplasie nodulaire focale. IRM En T1, la lésion est hétérogène et hypo-intense, hyperintense en T2. La zone centrale est hypo-intense en T1 et en T2, à l’opposé de celle de l’HNF. La prise de contraste est précoce, diffuse et hétérogène au temps artériel de l’injection.

La reconnaissance de ce carcinome est essentielle car cette tumeur est de bien meilleur pronostic que le CHC habituel. Il se caractérise en effet par une évolution lente avec une médiane de survie de 2 ans après l'apparition des symptômes. des métastases pulmonaires, ganglionnaires ou péritonéales peuvent cependant se développer. Images : #0, #1, #2
http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/DIGESTIF/9DG.html
Clinique : vague, non-spécifique avec douleurs abdominales, amaigrissement. NB : parfois gynécomastie chez l’homme jeune, parfois obstruction biliaire par extension tumorale à l’arbre biliaire ou compression par des N+ hilaires.
Biologie : AFP > 200ng/ml dans 7% des cas.
Macroscopie :Il prédomine dans le lobe gauche avec une masse isolée (56-75%), grande taille (moyenne de 9-13 cm), dur, squirrheux, bien limité, non encapsulé, fait saillie, blanc-brun, voire vert si présence de bile avec travées fibreuses et cicatrice centrale +/- calcifiée (aspect d'hyperplasie nodulaire focale) ; +/- pigments biliaires, hémorragie et nécrose.Image
Histologie : Stroma fibreux abondant consistant en lamelles d'épaisseur variée formées de bouquets épais de collagène avec des fibres de réticuline, dans 2/3 elle coalesce en cicatrice centrale. Membrane basale identifiée au PAS, laminine et collagène IV. Le stroma est richement vascularisé (artères à paroi épaisse) avec des cellules inflammatoires et parfois des granulomes, calcifications possibles, parfois persistance de canaux biliaires préexistants. Les cellules tumorales sont agencées en plages ou microtravées avec possibilité d'aspect pseudoglandulaire +/- mucine. Les cellules tumorales sont grandes (> aux hépatocytes normaux), polyédriques ou rondes, le cytoplasme est très éosinophile, grossièrement granulaire avec de nombreuses mitochondries visibles au PTAH. Comme dans la forme classique présence de graisse, glycogène, bile ou inclusions intracellulaires (corps pâles), gros noyau basophile avec macronucléole. Dans36% avec invasion vasculaire et 50% de N+. Cholestase fréquente avec depots de cuivre et bouchons biliaires canaliculaires.
Images :fig e-h,#0,#1 ;trichrome ;CK7 ;CK20 ;HepPar,#2,#3,#4,#5,#6,Lame virtuelle :#1,#2,#3,#4,#5,#6,cytologieimage virtuelle
Il existe une forme à cellules claires.Macroscopie,Imageshistologiques
Immunohistochimie : A1AT +, ferritine +, fibrinogène +, hépatocyte (HepPar1) + (100%), pACE + en péricanaliculaire (100%), AFP -, CK 8, 18 +, CK 7 / CK 5/6 (jusqu’à 100% ;Mod Pathol. 2010 Sep ;23(9):1180-90), EMA + (100% ;Mod Pathol. 2010 Sep ;23(9):1180-90) et CK19 parfois +, Glypican-3 + dans 59%, en ISH présence dans tous les cas du mRNA de l’albumine, CD 68 + (100%)
Biologie moléculaire : transcrit de fusion DNAJB1-PRKACA dans tous les cas, absent dans les autres tumeurs hépatiques Mod Pathol. 2015 Jun ;28(6):822-9.
En microscopie électronique, les cellules contiennent de nombreuses mitochondries, parfois l’on met en évidence des granules neurosécrétoires à centre dense.2)
Diagnostic différentiel : hyperplasie nodulaire focale (< 5 cm, stroma fibreux avec canalicules biliaires et inflammation, pas d’atypies hépatocytaires), forme scléreuse d’hépatocarcinome (pas d’oncocytes, cellules tumorales + petites, pseudoglandes fréquentes), cholangiocarcinome, carcinome adénosquameux avec sclérose, métastase scléreuse.


Critères devant remettre en cause le diagnostic : AFP sérique augmenté, hépatopathie chronique / fibrose hépatique, âge < 4 ans ou > 60 ans, négativité de CK7 / CD 68
Pronostic : près de la moitié à 2/3 des carcinomes fibrolamellaires sont résécables avec un taux de guérison d’environ 50%, ceci ne s’applique pas aux enfants dont le pronostic est similaire à l’hépatocarcinome (98). OS à 5 ans de 75% pour les cas opérables versus 12 mois de survie moyenne si non opérable, dans une autre série OS à 5 ans de 45% (99), le pronostic est en fait similaire à celui des hépatocarcinomes sur foie non cirrhotique (99). Les récidives sont très fréquentes parfois tardives (100), métastases N abdominaux, péritoine, poumons
(3) Ishak KG, Goodman ZD, Stocker JT. Tumors of the liver and intrahepatic bile ducts. Third series ed. Washington : Armed Forces Instutute of Pathology, 2001.
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http://www.med.univ-rennes1.fr/cerf/edicerf/DIGESTIF/9DG.html
http://www.pathologyoutlines.com/topic/livertumorfibrolamellar.html
http://emedicine.medscape.com/article/278354-overview

Voir en ligne : Fibrolamellar Carcinoma › http://emedicine.medscape.com/article/278354-overview


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