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Hyperplasie endocrine (Nésidioblastose)


Le pancréas non tumoral :
Il existe parfois une compression du parenchyme jouxtant la tumeur avec discrète fibrose, prolifération des acini et nésidioblastose.
A distance de la tumeur, des foyers de nésidioblastose avec marquage immunocytochimique des cellules peuvent se rencontrer.
Deux types d’hyperplasie dans le pancréas à distance ont été décrits.
Type I : associant macropolynésie et nésidioblastose, souvent associés à un gastrinome, portant sur les cellules B, A et moins sur les cellules PP.
Type II : hyperplasie des cellules PP, retrouvée quel que soit le type de tumeurs endocrines mais surtout lors des WDHA (vipome), glucagonome et insulinome.
Néanmoins, ce type est également retrouvé dans les pancréatites chroniques.
Enfin, certains auteurs décrivent une hyperplasie de l’épithélium des canaux excréteurs.

Une hyperplasie endocrine peut aussi se présenter en dehors de tout contexte tumoral, ceci se voit chez des adultes avec déficit en a1 antitrypsine, chez le N-N quand diabète maternel, erythroblastose foetale, tyrosinémie héréditaire et le syndrome de Beckwith-Wiedeman.

Il n’existe pas d’accord dans la littérature concernant l’hypoglycémie hyperinsulinique néonatale persistante (9-11).
Clinique : L’hypoglycémie n’est pas exceptionnelle chez le nouveau-né et le nourrisson, certaines sont secondaires à un manque de néoglucogenèse (maladies congénitales du métabolisme) ou à des déficits acquis ou transitoires (hypoglycémie des enfants dont le poids à la naissance est inférieur au 10e percentile). Une hypoglycémie peut s’observer dans le syndrome de Reye, l’ingestion d’alcool éthylique ou de salicylés en excès, suite à des anomalies hormonales : déficits hypophysaires (panhypopituitarisme, déficit en GH, hypothyroïdie, Addison ou hypoglycémie cétogène), insuffisance surrénalienne ou troubles thyroïdiens. L’hypoglycémie peut enfin être la conséquence d’un hyperinsulinisme persistant.
Le syndrome d’hypoglycémie néonatale persistante avec hyperinsulinisme provoque des hypoglycémies graves avec risque de séquelles neurologiques sévères. La majorité se révèle dans les premiers jours après la naissance, parfois à partir du 5e ou 6e mois.
Macrosomie, hypoglycémie, hypocalcémie et possibilité de détresse respiratoire. Le diabète maternel mal contrôlé avec hyperglycémie entraïne un hyperinsulinisme foetal ainsi qu’une croissance foetale accélérée et un retard de maturation pulmonaire (11). La gravité est plus marquée dans la forme néonatale (non réponse aux hypoglycémiants oraux, parfois efficacité de la somatostatine en sous-cutané). Devant la fréquente insensibilité à tout traitement médical, le Traitement est la chirurgie. Jusqu’à présent on considérait que la nésidioblastose constitue la lésion pathologique spécifique des pancréas d’enfants hyperinsuliniques. Pour certains (9), il existe une forme particulière de nésidioblastose avec des cellules B hypertrophiques et des ïlots très irréguliers, ceci se voit chez le N-N, rarement chez l’adulte, c’est dû à une mutation du gène du récepteur de la sulfonylurée de la cellule B et du gène du canal potassium sensible à l’ATP en 11p15.1.
Histologie : forme focale : répond à une résection partielle du pancréas, 1/4 à 1/2 des cas dont les 3/4 unifocaux, mesurant 2 à 10 mm. Quand centimétrique, lésion mal limitée de consistance accrue, qui fait saillie. Accumulation mal limitée d’ïlots partiellement confluents, séparés par un fin liséré de cellules acinaires ou de tissu conjonctif. Amas de taille variable et de forme +/- arrondie, avec des cellules B délimitées, en périphérie, par des cellules non B, comme dans les ilôts normaux. L’architecture lobulaire du pancréas est normale, les amas endocrines sont localisés dans quelques lobules pancréatiques adjacents, entre des groupes résiduels de cellules acinaires (10). avec présence de complexes ductulo-insulaires (cellules endocrines dans l’épithélium canalaire. Les cellules endocrines sont de taille variable.
De très rares cas ont un aspect pseudo-adénomateux, les ïlots n’étant séparés que par des septa sans acini résiduels, mais il persiste un agencement normal des différents types de cellules endocrines.
forme diffuse : Âœ à Ÿ des cas, cette forme est de diagnostic difficile avec nécessité de recourir à la morphométrie. D’après Sempoux et al (10), la nésidioblastose n’est pas spécifique et ne correspond pas à une prolifération permanente de cellules endocrines, ces auteurs n’ont pas montré d’augmentation de la masses des cellules B par rapport aux témoins, ni de diminution significative de la masses des cellules D. La pathologie serait liée à un trouble fonctionnel des cellules B avec des noyaux agrandis et un cytoplasme abondant (en nombre varaible), dans cette forme diffuse, une résection étendue, correspondant à une pancréatectomie subtotale, ne s’accompagne pas toujours de la guérison du patient.
Une telle nésidioblastose peut se voir en dehors du contexte de diabète maternel avec hyperinsulinisme et hypoglycémie (somnolence, épilepsie, ataxie, perte de conscience), macrosomie, obésité précoce, si non traité, entraïne des dégâts neurologiques sévères par neuroglycopénie (11).
Macroscopie  : possibilité d’un petit nodule isolé inférieur à 1 cm.
Histologie  : lésion uni ou multifocale, augmentation de la taille des ïlots avec complexes ductulo-insulaires, les cellules endocrines sont plus grandes avec de grands noyaux.
Dans la forme diffuse : hypertrophie des cellules endocrines avec grands noyaux bizarres, les ïlots sont de taille et forme variables, complexes ductulo-insulaires fréquents (petits amas de cellules endocrines qui bourgeonnent à partir des canaux)
Diagnostic différentiel : Se distingue des enfants de mère diabétique car les ïlots sont plus volumineux, moins de complexes ductulo-insulaires et infiltrat lymphocytaire ou éosinophile plus marqué.
Dans le Beckwith Wiedeman (macroglossie, gigantisme viscéromégalie, dysplasie rénale, omphalocèle, hyperplasie corticosurrénalienne, cytomégalie et hyperplasie des cellules de Leydig), l’hyperplasie insulaire est diffuse.
- Une pancréatite chronique peut s’accompagner de nésidioblastose
La nésidioblastose focale contrairement à l’adénome ,montre un marquage de différentes hormones pancréatiques et des complexes ductulo-insulaires.
Traitement : pancréatéctomie sub totale.

Nésidioblastose de l’adulte (11) : cause rare d’hypoglycémie hyperinsulinique.
Histologie : ïlots hypertrophiques, possibilité de noyaux pléomorphes et complexes ductulo-insulaires.
Diagnostic différentiel : insulinome, donc macroscopie soigneuse pour exclure un adénome (99% des cas d’hypoglycémie) en immunohistochimie. Mélange de différents types de cellules. Dans un MEN 1, l’insulinome est souvent multifocal)
Traitement : pancréatectomie partielle (+ de 75% du pancréas est enlevé).
 
SOLCIA E, CAPELLA C, KLÖPPEL G. Tumors of the panceas . Atlas of tumor pathology. Third series Fascicle 20. Armed forces institute of pathology. Washington 1997:174-80

(9) Goossens A, Gepts W, Saudubray JM, Bonnefont JP, Nihoul F, Heitz PU et al. Diffuse and focal nesidioblastosis. A clinicopathological study of 24 patients with persistent neonatal hyperinsulinemic hypoglycemia. Am J Surg Pathol 1989 ; 13(9):766-775.

(10) Sempoux C, Guiot Y, Noel H, Jaubert F, Rahier J. [Persistent hyperinsulinemic hypoglycemia of infancy : the pathologist’s experience]. Ann Pathol 2002 ; 22(5):375-386.

(11) Lloyd RV, Douglas BR, Young WF. Endocrine diseases. first series ed. American registry of pathology and Armed forces institute of pathology, 2002.


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