» PANCREAS ENDOCRINE VIPome

VIPome


Le VIPome du pancréas (1 ;2) : Le syndrome décrit par Verner-Morrison (Il est rare (incidence de 0,05-0,2 /106/an, prédominance féminine (3/1), surtout de 40 à 50 ans) est caractérisé par une diarrhée aqueuse profuse (choléra pancréatique), souvent explosive, variant de 3 à 8 l/24h avec hypokaliémie, achlorhydrie ou hypochlorydrie, acidose hyperchlorémique métabolique ; hypercalcémie (PTH sérique normal), hyperglycémie dans 50%, possibilité de distension de la vésicule biliaire et de bile diluée et de flushs du fait de l’effet vasodilatateur. Il est désigné sous le sigle WDHA dans la littérature anglo-saxonne. Le VIP a un PM de 3381 (29 acides amines), situé sur le chromosome 6 (responsable de la relaxation musculaire lise vasculaire et non-vasculaire du TD et de la sécrétion hydrique et d’électrolytes). Il stimule la production d’AMPc qui mène à une sécrétion hydro-électrolytique massive), il stimule la lipolyse et glycogénolyse, a un effet inotrope myocardique, inhibe l’histamine et la sécrétion acide gastrique stimulée par la pentagastrine, dilatation des voies biliaires. L’on note de plus une dilatation des vaisseaux responsable d’hypotension et de flush.
Il s’agit d’une tumeur rare, de 3 à 8% des TEP avec une discrète prédominance féminine que l’on rencontre de 19 à 79 ans (moyenne 48 ans).
NB. Le WHA a été décrit dans de rares tumeurs épithéliales malignes et dans 10 à 25% des ganglioneuromes / ganglioneuroblastomes, chez l’enfant, neurofibromes, et phéochromocytomes (3) , sinon : tumeurs carcinoïdes avec métastases hépatiques, le cancer médullaire de la thyroïde. Environ 6% des VIPomes sont associés à une MEN 1 et 17% des MEN 1 développent un VIPome.
Clinique : diarrhée cholériforme (100 %), thé clair, profuse (1 à 5 l/24 h) avec déshydratation, hypokaliémie, flushs (23 %), hyperpigmentation (13 %), hépatomégalie métastatique (13 %), hypercalcémie fréquente sans adénome parathyroïdien, diabète parfois, achlorhydrie gastrique inconstante.
Biologie : Taux de VIP normal < 20 pmol/L, si vipome > jusqu’à 160-250 pmol/L.
Imagerie  : comme dans les autres tumeurs endocrines on peut utiliser la scintigraphie à l’octréotide ou Tc sestamibi et du fait de la taille assez importante l’échographie et/ou scanner. Le scanner ne visualise que les tumeurs > 2-3 cm. La RMN les individualise en T1 en atténuation adipeuse comme des masses de faible intensité, cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique, échographie abdominale, Echo-endoscopie pancréatique, très sensible.
Macroscopie : Il s’agit d’une tumeur de grande taille (1,5 à 20 cm, moyenne de 4,5 cm), bien limitée, unique dans 80% qui siège surtout dans la queue du pancréas. Elle peut être bien encapsulée ou infiltrant. Dans 7%, les tumeurs sont doubles ou multiples. Dans 13%, il n’existe pas de tumeur macroscopique mais un polya-dénomatose ou une hyperplasie. Elle est maligne dans 60% des cas. Environ 20% des cas sont extra-pancréatiques (2).
Histologie : l’architecture est de type IIb, II ou IV. Le pancréas non tumoral peut être le siège d’un hyperplasie des ïlots endocrines. Dans le majorité des cas, noyaux hyperchromatiques polymorphes, dans la moitié des cas, perméations vasculaires ou périnerveuses en périphérie, le plus souvent avec des métastases ganglionnaires ou hépatiques.
L’argyrophilie des cellules est mise en évidence par la réaction de Grimélius. L’immunohistochimie montre un marquage pour plusieurs hormones : essentiellement VIP (90%) GH, Alpha HCG, insuline, neurotensine, glucagon, somatostatine, les enképhalines.
Nb. Le marquage au VIP est très focal, ce qui suggère une synthèse ou stockage défectifs.
L’étude ultrastructurale montre une population hétérogène de cellules (cellules indifférenciées et cellules endocrines plus ou moins différenciées) contenant des grains neurosécrétoires polymorphes. Images histologiques : #0, #1, #2, #3
Les dosages sériques montrent des taux élevés de VIP mais aussi de PP. Dans Ÿ des syndromes de type WDHA, les deux polypeptides sont associés. Cependant, d’autres substances comme le prostaglandines ou la calcitonine peuvent être responsables de cette symptomatologie.
Pronostic : environ la moitié des cas sont malins dès la présentation avec des métastases surtout hépatiques, sinon ganglionnaires (90% sont dans le pancréas). Une méta-analyse a montré 60% survie à 5 ans si M+ versus 94% sinon .
Traitement : réhydratation soluté isotonique d’électrolytes (Na, K, bicarbonates) et exérèse de la tumeur, l’octréotide présente également une efficacité symptomatique (3), chimio-embolisation artérielle hépatique permettant de diminuer le volume tumoral et la symptomatologie, chimiothérapie (5-fluoro-uracile, streptozocine), interféron leucocytaire.
Reference List
 
 (1) Solcia E, Capella C, Kloppel G. Tumors of the endocrine pancreas. In : Rosai J, Sobin LH, editors. Tumors of the pancreas. Washington : Armed forces institute of pathology, 1997 : 145-214.
 (2) DeLellis RA, Lloyd RV, Heitz PU, Eng C. Pathology and genetics of Tumours of endocrine organs. Lyon : IARC Press, 2004.
 (3) Holland JF, Frei EI, Bast RC, Jr., Kufe DW, Pollock RE, Weichselbaum RR et al. Cancer medicine. 5th ed. Williams and Wilkins, 2000.


Documents de pathologie humaine du service d’anatomie pathologique du CFB de Caen et du CHPC de Cherbourg. L ’UTILISATION DES INFORMATIONS FOURNIES SE FAIT SOUS L’UNIQUE RESPONSABILITE DE L’UTILISATEUR. Les concepteurs et réalisateurs de cette base ne sauraient en aucun cas être tenus pour responsables des conséquences d’une utilisation non contrôlée des informations fournies.

Performed by Arnaud Legrand 2009 © All Rights Reserved.