» CAVITE NASALE Normal et olfaction

Normal et olfaction


Anatomie (1-3)
Le nasopharynx, appelé aussi rhinopharynx ou cavum, est l'étage supérieur du pharynx. Il constitue un carrefour entre la région cranio-encéphalique et les espaces profonds de la face. Il est situé en arrière des choanes, sous le corps du sphénoïde, en avant de l'apophyse basilaire de l'occipital et de l'axis. Ses quatre parois limitent une cavité aérienne, ayant la forme d'un cube ouvert en avant, large de 4 cm, profonde de 2 à 3 cm et haute de 3 à 4 cm. On distingue trois régions :
- une paroi postéro-supérieure ou toit du cavum avec l'amygdale pharyngée de Luschka ;
- deux parois latérales, avec l'orifice tubaire et la fossette de Rosenmüller (appelée aussi récessus pharyngé latéral) qui constitue une niche immédiatement au-dessus et derrière les orifices des trompes d'Eustache (cette paroi musculo-aponévrotique est constituée par le constricteurs supérieur du pharynx doublé des péristaphylins interne et externe ;
- une paroi inférieure, constituée par la face supérieure du voile du palais.
Des kystes originaire des fentes branchiales peuvent survenir dans la paroi latérale du nasopharynx et de l’oreille externe, ceux originaires de la bourse embryonnaire pharyngée se développent sur la ligne médiane du nasopharynx. Ces kystes sont bordés par un revêtement squameux ou respiratoire, ceux originaires de la seconde fente sont riches en tissu lymphoïde (manque dans ceux qui proviennent de la première fente et que l’on voit autour de l’oreille, parotide et angle de mandibule). Ils se distinguent de kystes dermoïdes par l’absence d’annexes.
Le nasopharynx est bordé par un revêtement malpighien dans sa partie inférieure (vestibule narinaire et partie antérieure du septum nasal, revêtement pavimenteux kératinisé devenant progressivement non kératinisé, avec des annexes sudorales et sébacées) et respiratoire dans sa partie supérieure = membrane schneidérienne », avec épithélium cylindrique pseudo-stratifié et cilié, avec des cellules à mucus intercalées (1 cellule à mucus pour 5 cellules ciliées, moins dans les cavités sinusiennes, plus si pathologie inflammatoire +/- des ilôts de métaplasie pavimenteuse. Entre les 2 un épithélium transitionnel. Il comporte de nombreuses structures lympho-épithéliales dont amygdales pharyngées ou adénoïdes, l’amygdale de Gerlach, située le long du bord de l’ouverture de la trompe d’Eustache, ces structures lympho-épithéliales se retrouvent aussi diffusément dans la muqueuse des parois latérales et postérieures (elles peuevent devenir hyperplasiques et prendre un aspect pseudotumoral). Cette muqueuse est riche en glandes accessoires qui peuvent avec l’âge être le siège d’une métaplasie oncocytaire. Les glandes annexées à l’épithélium, sont de type muqueux pur (90 %), ou séro-muqueux (10%). Elles lubrifient les muqueuses et régulent l’hygrométrie de l’air inspiré. Le chorion est richement irrigué surtout dans la muqueuse des cornets et du septum nasal. Riche innervation, à partir du trijumeau ( nasopalatin, n.grand et petit palatin ) et du nerf olfactif. Présence de petits paraganglions dans la paroi des cavités naso-sinusiennes, sur les ramifications des nerfspneumogastrique, glosso-pharyngien, et nervus intermedius du facial, qui peuvent donner naissance à des paragangliomes. Le mur osseux se fait par ossification membranaire, seul l’ethmoide a 1 noyau d’ossification enchondrale. Donc les corticales sont fines / discontinues, et facilement franchies y compris par des tumeurs bénignes. Le périoste, donne naissance à des ostéomes, assez fréquents.

Présence de restes microscopiques de la poche Rathke dans 95 à 100% des individus, cette hypophyse pharyngée est sagittale située près de l’articulation vomérosphénoïdale, se présentant sous forme de nids de 0,2 à 6 mm de grand axe en situation profonde ou dans le périoste, constituée de cellules indifférenciées parfois éosinophile ou basophile. Présence de restes de la bourse pharyngée (structures embryonnaires de situation postérieure à la poche de Rathke), dans 3% des adultes, qui peut donner lieu à des kystes qui sont séparés de l’amygdale pharyngée.

Images : #1, #2, #3, #4
Possibilité de retrouver des restes de la notochorde dans la sous muqueuse du nasopharynx, certains chordomes pourraient être originaires de ces restes.
L’oro et l’hypopharynx sont recouverts par une muqueuse squameuse avec parfois hyperkératose (ortho ou parakératose). On y retrouve aussi en nombre variable des structures lympho-épithéliales et de glandes accessoires.
Des kystes originaire des fentes branchiales peuvent survenir dans la paroi latérale du nasopharynx et de l'oreille externe, ceux originaires de labourse embryonnaire pharyngée se développent sur la ligne médiane du nasopharynx. Ces kystes sont bordés par un revêtement squameux ou respiratoire, ceux originaires de la seconde fente sont riches en tissu lymphoïde (manque dans ceux qui proviennent de la première fente et que l'on voit autour de l'oreille, parotide et angle de mandibule). Ils se distinguent de kystes dermoïdes par l'absence d'annexes
Fosses nasales  : Les fosses nasales sont deux cavités anfractueuses de la face, séparées par une cloison médiane. Chacune s’ouvre à l’extérieur par la narine et débouche en arrière dans le pharynx par un orifice, la choane. La paroi latérale de la fosse nasale est soulevée par des replis, recourbés selon leur grand axe ; ce sont les trois cornets, supérieur, moyen et inférieur, chacun délimitant avec la paroi latérale correspondante une cavité, le méat. Dans le méat moyen s’ouvrent des cavités pneumatiques taillées dans l’épaisseur des os de la tête, les cellules de l’ethmoïde et les sinus (frontal, maxillaire), dont l’infection est cause de sinusite. Le cornet moyen dessine une forte saillie vers la ligne médiane ; on appelle fente olfactive l’espace qui sépare ce cornet de la cloison. Elle subdivise la fosse nasale en deux étages : un étage supérieur, olfactif, revêtu d’une muqueuse sensorielle, la tache jaune, sensible aux particules odoriférantes ; un étage inférieur, respiratoire. Toute déviation de la cloison nasale peut oblitérer la fente olfactive et perturber la respiration. La fosse nasale réchauffe et humidifie l’air inhalé. Schéma
La muqueuse olfactive est située à la partie postéro-supérieure de chacune des 2 fosses nasales (cavité olfactive), où elle tapisse une zone d'environ 2,5 cm2 s'étendant sur le cornet supérieur et le 1/3 supérieur de la cloison nasale. Elle communique avec le reste des fosses nasales par une fente étroite entre le cornet moyen et le septum. Dans les conditions normales de la respiration, le courant respiratoire n’atteint pas cette entrée de la cavité olfactive. Une faible proportion des molécules odorantes en dilution dans le flux aérien y parvient par diffusion. En revanche, lors du flair, inspiration courte et rapide, le courant respiratoire redressé atteint directement l’organe sensoriel. Ces conditions, et en particulier la vitesse de l’accès des molécules odorantes à proximité du neuro-épithélium, sont des variables importantes de la stimulation. La surface de l’épithélium sensoriel est couverte d’une mince couche de mucus aqueux. Dans les espèces à vie aérienne, les molécules en phase gazeuse entrent en solution dans cette barrière liquide avant d’atteindre dans cet état les lieux d’impact avec les membranes réceptrices.
 
La muqueuse olfactive est en continuité avec la muqueuse pituitaire (de type respiratoire) qui revêt l'ensemble des fosses nasales ; elle s'en distingue par la coloration jaune plus ou moins foncée qu'elle doit au pigment lipoprotéique contenu dans certains de ses éléments. La muqueuse olfactive est constituée comme toute muqueuse par un épithélium reposant par l'intermédiaire de sa lame basale sur un chorion.
 
L'épithélium olfactif  : :Epithélium prismatique pseudo-stratifié fait de trois types de cellules.
- Les cellules basales : Grossièrement triangulaires, les cellules basales sont irrégulièrement disposées à la partie profonde de l'épithélium, reposant sur sa lame basale. Ces dernières confèrent au système olfactif une propriété très originale. En effet, elles ont la propriété de se diviser pour donner naissance, tout au long de la vie, à de nouveaux neurorécepteurs. Cette neurogenèse permanente est sans doute une adaptation du système aux risques de lésion que courent les neurones récepteurs exposés aux agents toxiques ou infectieux véhiculés par l’air inspiré.
Les cellules de soutien : De forme grossièrement cylindrique plus ou moins effilée, leur pôle basal repose sur la lame basale, entre les cellules basales, leur pôle apical bordant la lumière présente de nombreuses microvillosités allongées et leurs faces latérales sont reliées à celles des prolongements dendritiques des cellules neurosensorielles par des complexes de jonction ; leur noyau est ovalaire ; leur cytoplasme contient en plus des organites habituels de toute cellule, des grains de pigment jaunâtre.
Les cellules neurosensorielles olfactives (ou esthésioneurocytes) : Leur corps cellulaire, fusiforme, à noyau arrondi, est situé dans la couche moyenne de l'épithélium, entre les prolongements basaux des cellules de soutien.. Du corps cellulaire partent deux prolongements cytoplasmiques :
- le prolongement périphérique cellulipète (dendritique) gagne la surface entre les cellules de soutien et s'y termine par un renflement (vésicule olfactive) portant une touffe de cils olfactifs (de 6 à 12), de 20 à 200 micromètres de longueur suivant les espèces. Ces cils ont la structure caractéristique habituelle sur quelques microns puis brusquement leur diamètre diminue de moitié. La longueur de ces cils peut être très importante et l'ensemble des cils et des microvillosités des cellules de soutien forme un réseau emmêlé augmentant la surface de contact avec les substances odorantes ;
- le prolongement central cellulifuge (axonal) gagne la profondeur entre les cellules basales, franchit la lame basale et entre dans le chorion où il se groupe avec d'autres prolongements de même type pour former avec les cellules de Schwann qui les englobent, les filets nerveux olfactifs visibles dans le chorion.
Le chorion  : il est fait de tissu conjonctif et contient des filets nerveux amyéliniques, constitués par les prolongements axonaux des cellules neurosensorielles de l'épithélium, groupés par paquets dans des invaginations de la membrane des cellules de Schwann qui les accompagnent. Ces filets nerveux gagnent la région profonde du chorion et traversent la lame criblée de l'ethmoïde pour rejoindre le bulbe olfactif (ils constituent alors collectivement le nerf olfactif ). Il contient également les terminaisons sensitives des fibres du nerf nasal interne (branche du trijumeau), de nombreux vaisseaux sanguins ainsi que de volumineuses glandes exocrines, tubulo-acineuses, muqueuses, (glandes de Bowmann) dont le canal excréteur débouche à la surface de l'épithélium, après l'avoir traversé. Les cellules glandulaires contiennent des grains de pigment jaunâtre identique à celui des cellules de soutien de l'épithélium.
 
L’axone de ce premier neurone olfactif, après avoir franchi la lame criblée de l’ethmoïde, se termine à la surface du bulbe olfactif. Il y entre en connexion synaptique avec les neurones de deuxième ordre, les cellules mitrales, dont les corps cellulaires sont situés dans la profondeur de cette structure. Les relations synaptiques entre les axones des neurorécepteurs et les dendrites des cellules mitrales sont réalisées dans des formations sphériques les glomérules olfactifs. Un fort taux de convergence, générateur d’une amplification du message nerveux, caractérise ces projections glomérulaires puisqu’en moyenne 1000 neurorécepteurs font synapse avec chaque cellule mitrale.
Le bulbe olfactif contient également deux catégories de neurones locaux qui, excités synaptiquement par les cellules mitrales, leur adressent en retour une inhibition régulatrice de leur activité. Ces boucles de rétroaction participent à un premier traitement du message olfactif, à l’issue duquel l’« image neuronale » du stimulus transmise par les récepteurs se fait plus contrastée.
Les axones issus des neurones du bulbe olfactif forment le pédoncule olfactif ; celui-ci se dirige vers l’arrière, où, au niveau du chiasma optique, il se divise en une racine externe et une racine interne. La racine externe envoie quelques-uns de ses axones au noyau amygdalien, situé dans la base du lobe temporal directement au-dessus de la racine externe ; ce noyau appartient en partie au rhinencéphale proprement dit et en partie aux noyaux de la base. La plupart des fibres de la racine externe du pédoncule olfactif se terminent dans le cortex rhinencéphalique. Le cortex rhinencéphalique, relativement primitif, possède trois couches. Ce cortex se trouve sur la face inféro-interne de l’hémisphère cérébral, séparé du néocortex par la fissure rhinale. Son côté interne est à proximité du tronc cérébral (région mésencéphalique), qui le délimite intérieurement. Une partie importante du rhinencéphale s’enroule à l’intérieur de l’hémisphère : c’est l’hippocampe, avec de grosses cellules pyramidales, dont les axones forment le trigone cérébral ou fornix. Les fibres du fornix entourent le diencéphale pour aboutir dans les noyaux non spécifiques de ce dernier ainsi que dans l’hypothalamus. Notons que l’hippocampe se projette par la voie des corps mamillaires et des noyaux antérieurs du thalamus sur le gyrus cingulaire (allocortex). La racine interne du pédoncule olfactif se termine dans un territoire de substance grise, très réduit chez l’Homme, juste en dessous de l’extrémité antérieure du corps calleux, et qui s’appelle la région septale (centre olfactif primaire). Les centres olfactifs secondaires comprennent la circonvolution limbique et infralimbique (qui entourent le corps calleux), le trigone, la corne d’Ammon et la commissure blanche antérieure
Les efférences de la région septale passent en partie au-dessus du thalamus – atteignant par là les noyaux habénulaires de l’épithalamus – et en partie en arrière, à travers l’hypothalamus, comme un composant du faisceau médian du télencéphale. Ce dernier, ainsi que les efférences des noyaux habénulaires, se projette au tegmentum du mésencéphale.
Bien que l’Homme ait un odorat relativement peu développé (espèce microsmatique), et bien que son rhinencéphale soit refoulé et caché par la surcroissance du néocortex, son hippocampe est relativement le plus grand que l’on connaisse dans le règne animal. Il semble jouer un rôle important : un sujet privé de ses deux hippocampes devient incapable de mémoriser, mais conserve les anciennes acquisitions de sa mémoire.
 
L’organe olfactif accessoire, appelé organe voméronasal, ou organe de Jacobson, est une structure tubulaire paire située dans la paroi du septum séparant les deux cavités nasales. Il contient des neurorécepteurs ressemblant à ceux de l’organe principal. L’extrémité périphérique de ces cellules, pourvue de microvillosités et non de cils, affleure dans la lumière du tube qui est rempli de liquide. Les axones forment le nerf voméronasal, qui chemine séparément du nerf olfactif et rejoint le bulbe olfactif accessoire logé dans le bulbe olfactif principal. La sortie du bulbe accessoire se projette ensuite sur une composante du système limbique, l’amygdale, et de là, sur l’hypothalamus.
 
Physiologie de l’olfaction :
Généralités
L’olfaction ou odorat opère une analyse chimiosensorielle de l’environnement, le système olfactif comporte deux composantes : le système olfactif proprement dit, ou principal, et le système olfactif accessoire.
L’olfaction est une sensibilité moléculaire. La quantité de matière active minimale efficace pour stimuler l’organe est généralement extrêmement faible. À partir de cette quantité liminaire de molécules l’intensité de la sensation perçue croît en fonction du nombre de molécules atteignant l’organe jusqu’à un plafond de stimulation. L’appareil olfactif opère une analyse qualitative et une discrimination poussée jusqu’à l’individualisation de chaque espèce moléculaire par une odeur perçue qui lui est propre. Quelques cas de non-discriminations ou de confusions sont de rares exceptions à cette règle de la spécification moléculaire de l’odeur.
Les propriétés moléculaires déterminant le pouvoir odorant et la qualité de son odeur ne sont pas en relation simple avec les propriétés de liaison ou la fonction chimique de la molécule. La nature de l’information moléculaire captée par les cellules réceptrices olfactives suggère que l’interaction entre la molécule stimulante et ses récepteurs, situés dans la membrane des cellules sensorielles, met en œuvre des forces de liaison labiles, que l’activation du récepteur par cette interaction se communique à un système enzymatique dont la mise en œuvre aboutit à la production d’un second messager intracellulaire qui, à son tour, règle l’ouverture de canaux ioniques dans la membrane. À l’issue de ce processus de transduction, un message nerveux est engendré et transmis au cerveau.
L’appareil olfactif fonctionne comme un détecteur moléculaire dont aucun instrument ne peut atteindre à la fois le pouvoir de séparation et l’extrême sensibilité.
Cette analyse sensorielle de l’environnement chimique explique le rôle majeur de l’olfaction dans les comportements animaux. L’organe olfactif constitue le système sensoriel prépondérant de la sélection et du contrôle quantitatif de la prise d’aliments. Dans un grand nombre d’espèces, les stimulus olfactifs jouent un rôle important dans le comportement sexuel et le déterminisme de processus neuroendocriniens. Ils entrent encore en jeu dans les comportements territoriaux et sociaux, dans l’orientation, comme stimulus d’alarme ou de défense.
 
Nature des récepteurs moléculaires
Des travaux de biologie moléculaire ont permis d’identifier dans le neuro-épithélium olfactif un vaste ensemble de gènes qui appartiennent à la superfamille des gènes codant de nombreux types de récepteurs de neurotransmetteurs et d’hormones. Ces récepteurs moléculaires sont des protéines à sept segments transmembranaires, associés à une catégorie de protéines dites « protéines G ». Les photorécepteurs de la vision appartiennent à la même superfamille. Si l’on se fonde sur la grande diversité des gènes identifiés, on peut chiffrer à plusieurs centaines, voire à un millier, le nombre de types différents de récepteurs que renferme l’épithélium olfactif d’un mammifère. Cette grande diversité des séquences géniques permet à chaque protéine réceptrice de configurer un site récepteur adapté à une molécule odorante particulière ou, le plus souvent, à un petit ensemble de molécules partageant certaines propriétés structurales.
La liaison de la molécule odorante avec le récepteur déclenche la série d’événements moléculaires qui constituent la transduction du signal sensitif par la cellule sensorielle. Il s’agit d’abord de l’activation, au sein de cette cellule, de protéines G, qui stimuleront, à leur tour, l’activité de l’enzyme adénylyl cyclase. L’AMPc, second messager intracellulaire, produit alors l’ouverture de canaux ioniques membranaires, perméables aux ions sodium et calcium. Les courants ioniques ainsi engendrés dépolarisent la membrane du neurorécepteur et induisent ainsi dans son axone un train de potentiels d’action qui cheminent vers le bulbe olfactif. La fréquence des influx est fonction de l’intensité du courant générateur qui dépend elle-même du nombre de récepteurs activés par le stimulus. Au cours de la cascade d’événements enzymatiques, le signal originel a été considérablement amplifié.
Possibilité d’autres voies de transduction du stimulus par augmentation de la concentration intracellulaire d’un autre second messager intracellulaire potentiel, l’inositol triphosphate (IP3). Par ailleurs, on ignore encore si tous les récepteurs moléculaires exprimés par un même neurorécepteur sont ou non d’un même type. Quoi qu’il en soit, les récepteurs n’étant pas en général étroitement sélectifs, une substance odorante donnée active plusieurs types de récepteurs portés par de nombreuses cellules, de sorte que la représentation de l’odeur de cette substance est distribuée sur un ensemble ou configuration de neurorécepteurs activés. Différentes substances sollicitent en partie les mêmes neurorécepteurs et en partie des neurorécepteurs différents. On parle ainsi d’un codage plurineuronal de l’odeur.
Au sein du neuroépithélium, les récepteurs sont répartis, selon leurs sensibilités respectives, dans des zones distinctes aux frontières précises. Cette disposition est à l’origine des observations électrophysiologiques qui ont conduit à proposer la notion de « chimiotopie » pour caractériser le fait que le neuro-épithélium olfactif n’est pas en tous points également sensible aux mêmes substances odorantes. La chimiotopie introduit une dimension spatiale dans le codage neuronal. Pour cette raison, la configuration spatiale d’activité codant une odeur est parfois désignée comme « forme » ou « image » olfactive.
Quant aux neurorécepteurs de l’organe voméronasal, ils possèdent des récepteurs de même nature que ceux qui équipent l’organe olfactif principal mais appartiennent à une famille différente.
Une stimulation maintenue ou sa répétition donne lieu au processus d’« adaptation ». Cette diminution d’efficacité de la stimulation sensorielle avec le temps est particulièrement importante dans l’olfaction. On l’appelle parfois et improprement « fatigue ». Son mécanisme neurophysiologique est à la fois périphérique et central. Dans le neuroépithélium, la stimulation induit un équilibre entre deux processus : la désensibilisation des récepteurs, probablement par l’intermédiaire de leur phosphorylation, suivie de leur resensibilisation. L’adaptation a également une composante centrale, qui fait intervenir des phénomènes d’inhibition dans les voies afférentes. L’une des caractéristiques de l’adaptation est sa spécificité relative par rapport à la qualité du stimulus. L’appareil adapté jusqu’à la perte complète de sensibilité à une odeur de camphre, par exemple, restera sensible à une autre odeur, telle que celle d’un musc.
Données électrophysiologiques
On constate par l’enregistrement des réponses individuelles de neurorécepteurs, qu’une molécule stimulante donnée agit de façon différente selon les neurorécepteurs explorés. Sur les uns, elle est génératrice d’un train d’influx ; cet effet dépolarisant est plus ou moins important d’un neurorécepteur à l’autre, et ces différences d’action sur une série de récepteurs sont caractéristiques de la molécule stimulante considérée. Sur d’autres neurorécepteurs, la molécule peut être totalement inactive. Ainsi est constitué, pour chaque molécule, un message nerveux dans l’ensemble des fibres du nerf dont la configuration interneuronale singulière constitue, dans sa transmission aux centres, le support de l’identification de cette molécule par une odeur qui lui est propre. Cette structure qualitative interneuronale étant conservée, la stimulation par cette même molécule à des concentrations croissantes se traduit par une décharge de fibres activées à fréquences croissantes qui constitue le codage en intensité.
Structure moléculaire et odeur
L’activité, ou pouvoir odorant relatif, des molécules, allant de l’absence complète d’odeur pour certains gaz (oxygène, azote, méthane, hélium...) jusqu’à une activité au seuil de 10-12 pour certaines molécules (muscs synthétiques, corps soufrés), n’est pas en relation simple avec les propriétés de liaisons chimiques ou fonctions de ces diverses molécules. La qualité de ces odeurs, leurs similarités ou dissimilarités sont également sans relation déterminable et directe avec ces propriétés chimiques communes. De nombreuses données suggèrent qu’une liaison labile et réversible du type de celle de l’adsorption interviendrait dans l’interaction molécule-substrat cellulaire.
Dans l’activité relative des molécules, les paramètres moléculaires importants de cette interaction sont le coefficient de partage air-eau de la molécule, le volume moléculaire, l’aptitude à l’établissement de pont hydrogène et enfin la polarisabilité d’une portion active de l’architecture moléculaire. Une relation définie de ces différents paramètres rend compte du pouvoir odorant de molécules ayant des fonctions chimiques des plus diverses et permet de les prévoir. Ces faits obligent à postuler une structure complémentaire ou correspondante du récepteur protéique. On s’efforce de créer les conditions favorables à l’étude de cette complémentarité, en tentant d’obtenir, par des méthodes de génie génétique, la production de récepteurs moléculaires bien identifiés dans des lignées cellulaires génétiquement transformées.
 
Séméiologie radiologique des sinus de la face : Les sinus frontaux et maxillaires sont explorés en incidence de Blondeau (face basse) et éventuellement de profil. Le sinus sphénoïdal et les cellules ethmoïdales sont bien visibles en incidence de Hirtz, les cellules mastoïdiennes sont dégagées par l’incidence de Schuller. Les sinus de la base du crâne et de la face se développent progressivement : cellules ethmoïdales dès la naissance, cellules mastoïdiennes dès les premiers mois, sinus maxillaires à partir de 18 mois, sinus sphénoïdal à partir de 3 ans, sinus frontaux à partir de 6 à 7 ans.
Les sinusites se traduisent par une opacité hydrique ou un niveau hydro-aérique du ou des sinus concernés, ou par un épaississement en cadre de la muqueuse sinusienne. Les clichés peuvent montrer également des formations polypoïdes arrondies, des corps étrangers intrasinusiens d’origine dentaire. La pathologie tumorale sinusienne est mieux explorée par scanner (pour l’analyse squelettique) et IRM (pour l’extension éventuelle aux parties molles et à la cavité intracrânienne).
 (1) Hasbini AH, Raymond E, Cvitkovic E, Eschwege F, Armand JP. Bull Cancer 2000 ; 87(FMC5):21-26.
 (2) Dehesdin D, Moreau-Lenoir F. [Cancer of the rhinopharynx and the oropharynx. Epidemiology, diagnosis, complications a long time after treatment]. Rev Prat 1998 ; 48(6):667-674.
 (3) Marandas P, Marandas N. [Malignant tumors of the rhinopharynx]. Rev Prat 1995 ; 45(5):629-634.


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